Le Père Axel est de retour, ému par l’appel de ses fans en manque de tendresse, et, ne pouvant pas rester les bras ballants, il a de nouveau troqué, pour la cinquième fois, sa casquette de Malmsteen d’outre-Rhin contre son habit de crooner.
Notre homme fait mouche avec les compilations des titres les plus romantiques depuis quelques années déjà, et on serait presque tenté de le soupçonner de détrôner l’indécrottable Scorpion qui avait jusqu’alors le monopole du cœur.
C’est pourtant bien le million cinq cent mille exemplaires d’albums estampillés
Axel Rudi Pell qui se sont vendus et, pour notre homme, il ne va pas sans dire que ses ballades n’y sont pas pour rien.
Ici il n’est donc pas question de solos rapido-technico-prétentieux jusqu’à peut plus ni d’atmosphères particulières qui ont fait le succès des premiers opus mais bien un halo de tendresse qui se délaye dans un tableau assez sombre, véritable marque de fabrique depuis 30 ans déjà...
Bien au-delà du simple Best Of, l’album est constitué des quatre ballades sucrées parues de «
Circle of the Oath » à « Games Of
Sin » paru en 2016 mais aussi des covers. La première, « I See
Fire » constitue un choix assez surprenant puisque l’original a été composé par Ed Sheeran (mais si, le petit génie qui arrive à tenir Wembley un une pelle acoustique et un looper), mettant en avant l’excellente interprétation de Ferdy Doernberg. Autre reprise, autre influence : «
Hey Hey My My » de Neil Young entièrement revisité à la sauce édulcorée. Vous y trouverez aussi pêle-mêle deux nouvelles compos (j’insiste bien, c’est marqué en rouge sur la fiche) et LE duo avec Bonnie Tyler « Love’s Holding » que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Vous trouverez enfin beaucoup de tendresse et d’émotions, Bobby
Rondinelli derrière les fûts, dernier d’une lignée de batteurs géniaux (c’est étrange mais c’est comme ça...) et deux lives qui viendront clore ce «
The Ballads V » : le fabuleux « The Line » et le puissant «
Mistreated » de
Deep Purple.
Notre homme a stabilisé son line up depuis quelques temps déjà mais cette stabilité en deviendrait presque étouffante pour la créativité. Johnny Gioeli reste l’homme de la situation, lyrique à souhait, généreusement doté de capacités vocales étendues dont il use avec la plus grande aisance, sans avoir perdu en intensité depuis toutes ces années.
Pour le reste, les structures n’offrent plus trop de surprise et de fraîcheur, les lignes étant désormais semblables d’un titre à l’autre, voire d’un album à l’autre. On retrouve donc rarement la versatilité qui avait fait la renommée des premiers opus.
Un album très professionnel donc, pour les inconditionnels de ce genre ou de ce prodigieux groupe que vous pourrez offrir à votre bien-aimée ou votre maman quand l’occasion se présentera et que vous ne manquerez pas d’emprunter souvent en assumant votre côté « fleur bleue ». Après tout, un peu de douceur n’est pas si désagréable.
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