Axel Rudi Pell, c'est quarante-trois ans de bons et loyaux services rendus à la cause du Heavy mélodique, une imposante discographie, dont un peu plus de 1.7 millions vendus à travers le monde. Pour "
Risen Symbol", son vingt-deuxième album studio distribué par le label allemand Steamhammer/SPV,
Axel Rudi Pell (qui va bientôt souffler ses 64 bougies) n'a pas changé sa recette d'un iota.
De nouveau associé à Johnny Gioeli (chant), Bobby Rodinelli (batterie), Volker Krawczak (basse) et Ferdy Doernberg aux claviers,
Axel Rudi Pell nous propose douze nouveaux titres toujours aussi inspirés par les travaux du maître de la six cordes Ritchie Blackmore lorsqu'il sévissait au sein de
Deep Purple et
Rainbow ; le procédé a beau être immuable depuis toutes ces années, il sera difficile de ne pas succomber encore à l'interprétation et au travail irréprochable de cette fine gâchette de la guitare.
Tout comme son illustre prédécesseur, cet opus jouit à son tour d'une production d'ensemble puissante et homogène, signée
Axel Rudi Pell, toujours épaulé par le bassiste, producteur et ingénieur du son Thomas Geiger, connu pour avoir réalisé le mix et le mastering chez
Blind Guardian,
Helloween,
Rage et
Winterstorm.
Comme tout album d'
Axel Rudi Pell qui se respecte, "
Risen Symbol" débute sur une introduction instrumentale, "The
Resurrection", aux sonorités orientales, prélude au speedé "Forever Strong", un morceau débutant sur un rythme de batterie effréné et recelant un déferlement de riffs dans la pure tradition
Metal Teuton. Dans un registre tout aussi agressif et dynamique, nous retiendrons "
Hell’s on
Fire" et "Right on
Track", qui se distingueront par des riffs et leads de guitares très affutés, le tout porté par le chant âpre et puissant de Johnny Gioeli.
Mais là où le guitariste et son groupe excelle, c’est bien sur ses morceaux les plus longs, comme l'atteste la sculpturale pièce épique aux motifs égyptiens (orientaux), "Ankhaia", débutant par une lente montée en puissance et pourvu d'un refrain soutenu de chœurs cérémonieux, le tout magnifié par un solo de guitare lumineux. À côté de ces titres assurément Heavy et speed, le groupe nous offre des morceaux aux tempi plus mesurés, comme "
Darkest Hour" ou "
Guardian Angel", aux airs et refrains imparables, nous montrant ainsi l'étendue du spectre vocal du chanteur américain.
Enfin, le guitariste et ses acolytes viennent nous proposer des morceaux plus lents qui permettent d’aérer le disque et de lui donner de la profondeur. "Crying in
Pain" est ainsi une ballade très réussie avec ses délicates notes de piano, son chant poignant et son solo de guitare gorgé de feeling. Quant au lourd "Taken by Storm" qui achève admirablement l'opus, il s'inscrira dans la même thématique qu' Ankaia, à savoir des motifs de claviers orientaux propulsés par des leads de guitare aiguisés, soutenus par un chant et d'imparables chœurs solennels. À noter également une version revisitée et Heavy du "Immigrant Song" de
Led Zeppelin.
Avec "
Risen Symbol",
Axel Rudi Pell, après 35 ans d'existence entouré d'un line-up stable depuis maintenant 10 ans, peut être fier de nous proposer un manifeste solide, constitué de titres variés à la fois offensifs, dynamiques et mélodieux, à l'instrumentation impossible à prendre en défaut.
Sans être révolutionnaire (les références à
Rainbow et
Deep Purple étant toujours aussi palpables), ce nouveau manifeste solo du guitariste allemand, à la splendide pochette au thème de l'Égypte antique et ses pyramides, s’inscrit néanmoins dans la lignée des grands albums du maestro. Il satisfera assurément tous les fans de l'oeuvre et de l'univers d'
Axel Rudi Pell, qu'on espère voir continuer à offrir des albums aussi bien interprétés et classieux que ce "
Risen Symbol".
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