Takitum Tootem!

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Nom du groupe The Ruins Of Beverast
Nom de l'album Takitum Tootem!
Type EP
Date de parution 19 Décembre 2016
Labels Van Records
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album3

Tracklist

1. Takitum Tootem! 08:50
2. Set the Controls for the Heart of the Sun (Pink Floyd Cover) 11:50
Total playing time 20:40

Chronique @ Icare

28 Janvier 2017

Un univers shamanique atypique et halluciné dans lequel The Ruins of Beverast parvient à insuffler son âme polymorphe

The Ruins of Beverast n’aime décidément rien faire comme les autres. Après avoir sorti deux albums de black atmosphérique immersif d’excellente facture, le one-man-band allemand se dirige vers de nouveaux horizons musicaux, toujours plus introspectifs et narratifs, partageant des splits avec Urfaust ou Anti, et captant l’apogée de son art noir sur un Blood Vaults – The Gospel of Heinrich Kramer suffocant et anxiogène en 2013 qui mêlait habilement le meilleur du doom, d’un death lent, poisseux et désespéré et de l’ambiant.

Cela fait donc maintenant quatre ans que les amateurs du groupe espèrent la suite des aventures musicales d’Alexander von Meilenwald. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’avec ce combo atypique, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre, mais après un hiatus aussi long, la nouvelle sortie de l’Allemand sonnerait presque comme une provocation cynique, puisque Takitum Tootem ! n’est en réalité qu’un maigre EP d’à peine deux titres dont une reprise !

Une fois la déception digérée, on s’immerge dans ces ruines avec le premier titre éponyme qui s’ouvre sur un chant incantatoire semblant présider quelque cérémonie impie et oubliée. Ce Wardance porte décidément bien son nom, sorte de transe tribale et sauvage monotone avec ces vocaux shamaniques qui semblent nous apostropher d’un autre monde. Ce chant nasillard et plaintif rappelant énormément les rites indiens nous obsède et nous trouble avant de se muer en un hurlement aigu, puis les percussions et les guitares débarquent en un fracas guerrier, les grattes roulant encore et encore ce même riff grave, sauvage et dansant extrêmement simpliste et les percussions entonnant des boucles hypnotiques qui semblent rythmer cette danse martiale. Par-dessus tout ça, la voix belliqueuse de von Meilenwald éructe ses formules barbares et ésotériques, alternant entre vocaux death extrêmement rauques et hurlements black déchirés comme pour nous exhorter à prendre les armes. Le tout est volontairement extrêmement répétitif, jouant sur le seul et même riff du début à la fin qui finit par nous posséder et nous faire perdre l’esprit.

Sur le deuxième morceau, le one-man-band s’essaye à l’exercice périlleux de la reprise, s’attaquant au mythique Set The Control for the Heart of the Sun des Pinkfloyd. Ces percussions fermes qui ouvrent la danse forment l’ossature de la musique et sur ces rythmes tribaux vient se glisser un arpège solennel et sombre et un chant grave comme déformé par l’extase et les substances. Les guitares arrivent lentement, nous élevant à un niveau supérieur via le bourdonnement de leurs saccades grasses, et ces chœurs sporadiques achèvent de nous immerger dans cette transe païenne à la beauté violente. Cette reprise est tout simplement excellente, respectant bien la dimension psychédélique de l’originale, et insistant sur les côtés hypnotiques et hallucinés, avec ce long break central ambiant, qui confère un ton presque cérémoniel à ces 11,49 minutes hors du temps. Cette accélération dès 4 minutes est tout bonnement irrésistible, nous entraînant dans ces nuages de fumées colorées et acides dont les vapeurs ouvrent les volets de notre conscience et nous font accéder à un nouveau palier de sagesse. Lorsque le voyage initiatique semble s’achever, ce sont ces chants intolérables du début de l’EP qui viennent à nouveau nous irriter l’oreille et l’esprit, bouclant définitivement la boucle.

En définitive, que dire de ce Takitum Tootem ! ? A la fois beaucoup et pas grand-chose, contentons –nous simplement de constater qu’une fois de plus, The Ruins of Beverast parvient à nous surprendre, poursuivant ses pérégrinations musicales dans des sphères ethniques et rituelles où on ne l’attendait pas, et explorant comme à chaque fois un nouvel univers complètement atypique dans lequel il parvient à insuffler son âme polymorphe. Voilà à coup sûr une expérience musicale déroutante qui peut laisser perplexe, mais qui ne laissera pas indifférent. Une seule chose à dire pour conclure : vivement le full length !

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