Troisième album via
Metal Blade Records,
Desultory perd Stefan Pöge, l'un de ses membres fondateurs. Un changement très rude s'opère avec ce "
Swallow the Snake", fini le death metal, place au stoner!
Cela démarre plutôt... pas mal avec "Mushroom Smile", une compo énervée, avec cet effet mégaphone sur la voix et ce tambourin à cymbalette en fond ; la ressemblance avec
Entombed est frappante. La meilleure comparaison que j'ai à vous donner est celle des albums d'
Entombed que sont "To Ride, Shoot Straight and Speak the Truth" et "Same Difference", pourtant sortis après. Enchaîne "The Bitter Man", qui garde une certaine intensité. On a même droit à un riff très grungy à la fin de la composition.
Ce changement est quand même dur à encaisser, j'imagine que les chroniques de l'époque ont dû être assez acerbes. Aussi, "Before Today,
Beyond Tomorrow" incorpore une mélodie presque gothique rappelant "Endorama" de
Kreator ou
Paradise Lost, plutôt surprenant, même si cette tendance apporte un peu de couleur à l'album. L'aspect gothique se retrouve sur "
Beneath", rappelant
Type O Negative ;
Desultory n'a de cesse de nous désorienter... Il faut être drôlement ouvert pour ne pas jeter l'album aux oubliettes (quand on a adoré les précédents). "
Nothing Dies", une compo lourde presque doom, offre peut-être les riffs les plus intéressants de l'album, tandis que "
Silent Suffer" qui clôture l'album rappelle le
Paradise Lost de l'époque.
Le seul point positif c'est que
Desultory a su capter et délivrer ce côté pêchu du Stoner, comme sur le quatrième titre, "
Swallow the Snake". Malheureusement, et même en fouinant, passé ces 4 premiers titres, je n'ai rien trouvé qui vaille vraiment la peine que l'on s'y attarde.
Tant d'éléments ont disparu, donnant l'étrange sentiment de se trouver face à un nouveau groupe, délivrant une sorte de Stoner (qui me fait penser à
Corrosion Of Conformity par moments), death'n'roll gothico grungy.... Il manque cruellement de bons gros riffs bien groovy. Il y a bien un début de quelque chose sur "
Blizzard in My
Blood" mais dont l'exploitation reste insuffisante. Cela manque de profondeur, on n'a pas ce côté bluesy du Stoner, ni de montées d'adrénaline, aucune explosion ou riff percutant. On reste tout le long de l'opus sur une architecture assez simpliste. Aucun break ne vient briser la monotonie des morceaux, aucun élément de leur passé vient s'intercaler non plus. On ressent tout de même de la bonne volonté, la production colle d'ailleurs parfaitement au style.
Il y a donc beaucoup d'influences très marquées, additionnées de la perte totale de personnalité du groupe, c'est dire que la difficulté de se projeter s'avère exceptionnellement accrue. Au final, on a affaire à un opus qui s'écoute plus "en fond", dira-t-on, qu'attentivement au casque. Loin du niveau du
Desultory que l'on connaît, on serait davantage face à un album hommage aux écoutes du moment des musiciens.
S'il n'a pas grand intérêt ce "
Swallow the Snake", je ne le trouve pas pour autant dérangeant, c'est écoutable. Disons, qu'en résumé, c'est du stoner pêchu lambda. Le découvrant très tard, je m'attendais à une sorte de "Hating
Life " de Grave, je ne pensais vraiment pas qu'il serait si éloigné du death et du thrash. Heureusement, ses membres ont eu la bonne idée de créer un autre groupe (
Zebulon) pour se consacrer entièrement à leur désir, sans toutefois définitivement enterrer
Desultory.
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