Sumerian Cry

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Nom du groupe Tiamat
Nom de l'album Sumerian Cry
Type Album
Date de parution 07 Juin 1990
Produit par Tomas Skogsberg
Enregistré à Sunlight Studio
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album81

Tracklist

1. Intro / Sumerian Cry (Pt.I) 00:58
2. In the Shrines of the Kingly Dead 04:09
3. The Malicious Paradise 04:29
4. Necrophagious Shadows 04:36
5. Apothesis of Morbidity 06:05
6. Nocturnal Funeral 04:06
7. Altar Flame 04:32
8. Evilized 05:00
9. Where the Serpents Ever Dwell / Outro / Sumerian Cry (Pt.II) 06:09
10. The Sign of the Pentagram 03:54
Total playing time 43:58

Chronique @ Fabien

10 Fevrier 2009
Vers la fin des années 80, se gavant des démos de Death, Napalm Death, Morbid Angel ou Repulsion, la scène de Stockholm se dirige immuablement vers ces sonorités death métalliques émergentes, emmenée par de jeunes leaders comme Nicke Andersson. Sentant la nette supériorité de Nicke et de son groupe Nihilist, l’équipe de Johan Eldund, formée en 1987 sous le nom de Treblinka, tente alors de se démarquer en développant un côté black affirmé, en opposition à la suprématie death du moment, s’affichant avec de légers corpse paint et optant parallèlement pour des pseudonymes tels Hellslaughter ou Najse, reprenant ainsi l’image des pionniers britanniques de Venom & suisses de Celtic Frost. Faute à un patronyme peu reluisant, en référence au nom d’un camp d'extermination polonais choisi dans la plus parfaite immaturité, le groupe change d’appellation moins de deux années plus tard, optant pour Tiamat, déesse dans la mythologie sumérienne.

Parallèlement, durant cette fin des eighties, le jeune ingénieur du son Tomas Skogsberg participe largement à l’élaboration et à la définition du son death scandinave dans ses Sunlight Studios, accueillant notamment Morbid & Nihilist pour leurs fameuses démos Last Supper & Only Shreds Remains. Mais, quelques mois avant l’entrée d’Entombed (ex-Nihilist) & Carnage aux Sunlight pour leur premier album (les terribles Left Hand Path & Dark Recollections), Tiamat investit le premier l’antre de Skogsberg pour les sessions d’un disque complet, en octobre 1989 exactement, ressortant avec Sumerian Cry, au titre évoquant la mythologie babylonienne, assorti d'une illustration du jeune Kristian Wahlin (du groupe Grotesque), connu quelques années plus tard sous le pseudonyme Necrolord.

Tiamat décroche parallèlement un contrat avec la petite écurie anglaise CMFT Production, qui vient tout juste de commercialiser le premier disque des thrashers de Xyster, mais qui manque toutefois cruellement de moyens pour assurer la promotion de ses jeunes protégés. Sumerian Cry sort ainsi en juin 1990 dans la plus grande confidentialité, en regard des productions d’Earache ou Roadrunner comme Altars of Madness ou Consuming Impulse (Morbid Angel, Pestilence), qui ne tardent pas à se répandre aux quatre coins de la planète et à imposer leur impitoyable suprématie.

La courte intro aux claviers et guitares acoustiques de Sumerian Cry, ainsi que l’image black renvoyée par ses interprètes, témoignent déjà de la forte volonté de démarcation de Tiamat, en opposition au death pratiqué par ses collègues. Toutefois, sans réelle maturité, encore sous l’influence de Nihilist et des choix de Tomas Skogberg en studios, le groupe ressemble avant tout à une formation death metal, autant dans la structure générale de ses morceaux, dans le son des guitares de Johan Eldund & Stefan Lagergren, que dans la voix granuleuse de Johan.

Des titres comme Kingly Dead, Malicious Paradise ou Necrophagious Shadows, aux riffs lourds et rythmiques tapageuses, montrent ainsi Tiamat sous un angle death indéniable. Le groupe lâche dans ses moments-là quelques riffs implacables, à l’image des rafales lâchées sur le bon Altar Flame. D’un autre côté, le break planant d’Apotheosis of Morbidity, les touches acoustiques de Nocturnal Funeral, ou encore l’outro lente de Serpants Ever Dwell dévoilent une facette de Tiamat sombre & mystique, beaucoup plus personnelle.

D’une qualité honorable, mais aussi inégale, à l’image d’un Evilized aux sonorités maladroites en son break ou encore d’un Into the Pentagram aux structures simplistes, Sumerian Cry reste toutefois un album perfectible, témoignant encore d'un certain manque de technique et de la relative immaturité de ses interprètes. Au-delà, il n’en demeure pas moins un témoignage authentique et une des toutes premières réalisations du death scandinave, sans avoir malheureusement bénéficié d’une distribution lui permettant une meilleure reconnaissance à l'époque.

A l’image du morceau Apotheosis of Morbidity, l’album montre en effet le potentiel et l’avant-garde de la bande de Johan Eldund, déjà plus dark que ses rivaux, évoluant à une vitesse étonnante et empruntant rapidement une voie différente, lui ouvrant dès l’année suivante les portes de Century Media, l’écurie de Robert Kampf, qui regroupe déjà quelques formations incontournables telles que Despair, Unleashed, Grave, Demolition Hammer, Asphyx ou Morgoth.

Fabien.

2 Commentaires

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BEERGRINDER - 11 Fevrier 2009: De Tiamat je ne connais que Clouds que je trouve sympa mais sans plus et Judas Christ qui est tout simplement du Gothic. Ce premier album est inégal alors d'après toi, je suis assez curieux pourtant, j'y viendrai peut-être.

Un petit lapsus : c'est Johan Hedlund, pas Johnny (4ième et dernier paragraphe...), à moins que je ne connaisse pas tout le parcours du leader de Unleashed. Attention Fabien c'est l'age ça! Tu nous avais déjà fais le coup avec Brian / Brett Hoffmann...
Fabien - 12 Fevrier 2009: Eh oui ! L'âge est là et les neurones n'y sont plus, d'où ce mélange entre Johan Edlund & Johnny Hedlund, respectivement leaders de Tiamat et Unleashed. Heureusement, j'ai que je possède un (re)lecteur aussi assidu que toi ;)

Pour en revenir à la discographie de Tiamat, sans qu'ils soient cultes, je trouve les trois premiers albums, Sumerian Cry, Astral Sleep & Clouds indispensables, le premier étant un pur témoignage de l'école suédoise de ces années 89/90, les deux suivants des oeuvres de death/doom atmosphérique de qualité, et d'une réelle avant-garde pour leur époque.

Fabien.
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