Slaughter Prophecy

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17/20
Nom du groupe Sacred Steel
Nom de l'album Slaughter Prophecy
Type Album
Date de parution 2002
Produit par Le Groupe
Style MusicalPower Metal
Membres possèdant cet album25

Tracklist

1. The Immortals Curses 00:15
2. Slaughter Prophecy 03:33
3. Sacred Bloody Steel 03:40
4. The Rites of sacrifice 03:59
5. Raise the Metal Fist 04:45
6. Pagan Heart 03:12
7. Faces of the Antichrist 04:03
8. Lay Me to My Grave 05:46
9. Crush the Holy, Save the Damned 03:32
10. Let the Witches Burn 03:52
11. Invocation of the Nameless Ones 09:16
Total playing time 45:53

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Sacred Steel


Chronique @ dark_omens

25 Août 2013

Renoncer pour mieux renaître serait une nécessité...

Dans un fugace instant de lucidité, et alors qu'ils s'étaient jusqu'alors contentés d'exprimer leur créativité dans un traditionalisme Heavy Speed Metal mélodique, Power Metal, saxon assez convenu, les Allemands de Sacred Steel avaient su transcender leur imaginaire afin de nous proposer un Bloodlust plutôt intéressant. Sans velléités aucunes d'entamer une quelconque révolution mais ayant tout de même le mérite de proposer une vision maîtrisée et acceptable de ce genre musical, ce disque avait, en effet, su nous convaincre. Rien ne laissait donc présager, en cette année 2002, que leur nouvel effort, Slaughter Prophecy, allait déroger à ce classicisme artistique. Restait juste à savoir si le quintette allait parvenir à maintenir la bonne tenue de leur dernière livraison ou s'ils allaient replonger dans leurs travers d'antan.

Slaughter Prophecy, premier titre de ce manifeste, provoque d'emblée une surprenante et délicieuse stupéfaction qui ne pourra répondre à cette interrogation. Apre et sauvage, ce morceau, aux atours très particuliers pour ces adeptes deconservatisme, est, en effet, totalement déroutant. Sur des guitares promptes à se servir d'une agressivité qui n'est pas sans nous rappeler celle du Thrash Metal, des voix, tantôt gutturales Death Black et tantôt Heavy suraigus, viennent nous bousculer pour un résultat étonnant. Superbement étonnant même. Ce titre, en un mélange que l'on pourrait grossièrement définir comme la rencontre improbable entre l'univers tourmenté des Autrichiens de Belphegor et celui plus théâtral des Américains de King Diamond, vaut, à lui seul, l'écoute de ce disque. La comparaison avec l'art des musiciens viennois pourrait paraître saugrenue s'il ne régnait pas dans cette chanson un aspect dérangeant, vicieux et pervers. Une piste remarquable donc.

Par la suite, malheureusement, même si cette obscure agressivité s'exprimera encore en de rare occasion (The Rite of Sacrifice, Pagan Heart, Faces of the Antichrist, Let the Witches Burn), elle le fera de manière trop succincte et pas suffisamment assumé pour pleinement nous séduire.

Reste alors, outre ces moments de plaisir déjà évoqué, un fond connu qui nous donnera, certes, satisfaction mais qui sera bien moins intense que celui né de l'écoute de ces pistes audacieuses et véhémentes. En résulte une légère déception que les bons et vifs Sacred Bloody Steel et Crush The Holy Save The Damned ou encore, par exemple, que le lancinant Lay Me To My Grave ne parviendront pas à enrayer. Pas plus d'ailleurs que le sempiternel morceau progressif, aux longueurs péniblement infinies, venant clore cette fresque (Invocation Of The Nameless One).

Si l'œuvre précédente de ces Allemands constituait un moment crucial de la carrière de ces musiciens puisqu'ils parvenaient, enfin, à y produire un art un tant soit peu digne d'intérêt, ce Slaughter Prophecy en constitue un autre puisqu'il s'affirme comme le premier pas de ce quintette sur le sentier d'une transition plaisante. La suite de cette mutation promet d'être séduisante pour peu qu'ils assument pleinement leurs envies en poursuivant leur route sur ce nouveau chemin. Néanmoins il n'est pas certain qu'ils consentent à le faire puisque ce faisant il leur faudrait alors, sans doute, abandonner une partie de ces caractéristiques définissant leur style autrefois. Renoncer à une partie de soi est toujours difficile. Renoncer pour mieux renaître serait pourtant, dans le cas présent, et eu égard à l'aspect convenu et désespérément conservateur de son identité artistique d'antan, une nécessité.

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