Shadowland

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Nom du groupe Dark Moor
Nom de l'album Shadowland
Type Album
Date de parution 1999
Labels Arise Records
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album61

Tracklist

Reissue in 2005 with a bonus disc by Arise Records
1. Shadowland
2. Walhalla
3. Dragon into the Fire
4. Calling on the Wind
5. Magic Land
6. Flying
7. Time Is the Avenger
8. Born in the Dark
9. The King's Sword
10. The Call
Bonus disc (2005 reissue)
1. God Save the King
2. Walhalla
3. Flying
4. For You
5. Infinite Dreams
6. Dreams of Madness
7. Time Is the Avenger
8. The King's Sword

Chronique @ dark_omens

18 Juin 2013

Ce disque est loin d’être une œuvre majeure...

La fin des années 90 fut une période sans précédent du point de vue d’un certain regain musical. On assista notamment au renouveau du Power Metal dont les premiers soubresauts furent insufflés par cette école italienne dont Rhapsody fut le symbole le plus représentatif. Cette renaissance, dont il fut surtout l’instigateur, vécue ses prémices avec un surprenant Legendary Tales (1997), et l’avènement d’une première apothéose avec un excellent Symphony of Enchanted Lands (1998). Ce deuxième album captivant des musiciens transalpins, est un mélange à la fois de musique aux riffs de guitares Heavy soutenues par des rythmes souvent appuyées par de folles chevauchées de double grosses-caisses, et à la fois d’atmosphère de mélodies né de la virtuosité d’éléments empruntés à la musique classique, mais aussi, pris dans ces instruments traditionnels oubliés. L’œuvre, ainsi composée, sera riche, varié, épique, médiéval, baroque et unique. C’est à cette époque, aussi, que nous enchante les délicieuses saveurs d’un Power Metal aux relents progressifs enrichis de subtils éléments ethniques issus du folklore traditionnel brésiliens, sur un Holy Land (1996) deuxième album du groupe Angra. L’ère est indéniablement aux métissages, aux brassages culturels. Si l’époque fut propice en remarquable découverte, elle fut aussi le théâtre de décevants abus qui bien qu’humainement compréhensible, n’en demeure pas moins dommageable.

Inspiré par le succès de ces nouveaux leaders charismatiques certains labels se mirent à sortir nombres d’albums et à signer des groupes dont les similitudes, même lointaines, avec Luca Turili et ses comparses paraissaient réelles. Mais suffit-il d’avoir deux grosse-caisses, de rajouter des flutiaux à sa musique, d’écrire des titres sur d’improbables batailles héroïques et d’être Italien pour être, sinon captivant, au moins digne d’un quelconque intérêt ? Assurément non.
L’intégrité douteuses de certains musiciens les conduisit mêmes à vouloir devenir Rhapsody à la place de Rhapsody. S’il est déjà gênant au plus haut point, de la part des labels, d’avoir privilégié la culture de la ressemblance, et ce au mépris, souvent, de tout critères de qualités ; cette sincérité douteuse avec laquelle certains musiciens, en d’autres terres, se sont soudainement engouffrés dans les sillages tracés par de plus emblématiques qu’eux, changeant radicalement de style, m’apparait comme dangereuse, voir culturellement criminel.

Difficile de dire à quel point la loyauté des ibériques de Dark Moor pour une musique qu’ils jouaient avec conviction et franchise depuis toujours est authentique. Cependant en sortant un Shadowland aussi emprunt des aspirations et des airs de l’époque, il me parait impossible de ne pas émettre un doute. Après un premier instrumental court on est immédiatement embarqué dans le Power Metal très classique, fortement inspiré par Rhapsody, d’un Walhalla rapide qui finit par s’éteindre doucement dans un ultime souffle aux guitares sèches et flutiaux, déjà, de circonstance pour le genre. Si le premier morceau propose des analogies déjà très troublantes avec ceux de Fabio Lionne et des siens, c’est d’autant plus flagrant sur un Into the Fire aux airs parfumés d’Italie. Et que dire de Calling on the Wind aux effluves brésiliens d’un Angra ? Composer au gré d’influences aussi indéniables pourrait n’être qu’un lointain hommage si l’évidente similitude de ces morceaux avec leurs originaux n’était pas si maladroite et si incontestable. L’ambition inspirée par d’autres est sans doute louable, mais condamnable si elle ne s’inscrit pas dans une quête de recherche de sa propre identité.

Indubitablement sur l’ensemble de cette œuvre, il est impossible de ne pas noter toutes ces parentés et quasiment utopique de vouloir en détailler les différences. Pourtant, aussi infimes soient-elles, elles existent. Tout d’abord il y a ces guitares dont les enchainements de montées et de descentes de notes démonstratives se déplaçant avec dextérité sur le manche sont d’inspiration bien plus nordique que réellement transalpine, et il ne serait pas étonnant de découvrir que, comme bon nombre d’autres, Enrik Garcia et Albert Maroto soit de fervents adeptes du caractériel Yngwie. Ensuite il y a ces chants dont la particularité n’est pas d’être assez rugueux et puissant dans les notes les plus basses, très mal maitrisé dans les notes plus hautes et étonnamment précis dans les aigus les plus extrêmes (Time Is Avenger, Born in the Dark), mais bel et bien d’appartenir à une femme, Elisa C. Martin. Ces déficiences vocales, quelques peu irritantes, conduisent parfois à d’étranges dissonances, et aussi à quelques rares faussetés, qui ajouté à quelques petites difficultés dans l’utilisation de la langue de Shakespeare, s’expriment à leurs summum sur un titre tel que Flying aux refrains presque insupportables.

Ces dissimilitudes sont autant de défauts d’un premier pas immature qui pourrait être attachant si, pourtant déjà nombreuses et lourdes, telles l’absence de titres se démarquant d’influences bien trop imprégnées, elles n’étaient pas accablés d’un outrage supplémentaire. En effet, dans cette bataille ou Dark Moor tente de jouter en proposant des titres, certes, bien trop conventionnel, bien trop impersonnel, et alourdis de bien trop de tares mais dans une démarche attachante et, espérons-le, sincère ; dans ce combat, disais-je, ses efforts sont constamment réduis à néant par une production catastrophique. Etouffant les guitares au profit des claviers, et du chant, celles-ci ne s’expriment que réellement lorsque les synthés se taisent. La batterie est, elle aussi, mixé de manière étrange. Si les futs et les cymbales sont plutôt correctement mis en avant, les grosses-caisses sont bien trop atténuées pour offrir une précision qui caractérise le genre. De plus cette faiblesse rythmique est soulignée par une basse quasi inaudible, nous offrant un déséquilibre sonore presque rédhibitoire dans un style où justement le couple batterie/basse met en place une assise nécessaire. Nécessaire et presque obligatoire.

Ce disque est donc loin d’être une œuvre majeur dans un genre qui à l’époque, déjà, comptait bon nombres de productions essentielles. Il nous propose les titres sans âmes, et sans inspirations d’une musique soufflé par les plus emblématiques du genre. Tout ça dans une interprétation pleine de défaut et servie par une production bien trop insuffisante.

2 Commentaires

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MightyFireLord - 19 Juin 2013: Ah tiens, le fameux "Shadowland". Je connaissais déjà à peu près ton avis avant de lire ta chronique, c'est vrai que ça patauge encore bien à ce moment chez Dark Moor.

Il aura fallu attendre l'arrivée de Romero au chant pour que le groupe décolle et propose des choses bien mieux faites et plus personnelles, bien que "The Gates of Oblivion" montrait déjà un bon progrès à tous les niveaux (chant, production...).

Merci pour ton texte en tous cas.
Fyrnael - 17 Juillet 2013: J'ai beaucoup de mal à m'accorder avec toi sur le quasi plagiat de Rhapsody et Angra. Je trouve Shadowland balbutiant et sa production est vraiment pourrie mais malgré plusieurs écoutes je ne trouve pas les grandes similitudes que tu dis. En effet on retrouve du Yngwie mais c'est tout, il n'y a pas toute la grandiloquence et le côté épique de Rhapsody qui les caractérisent tant.
Et sinon j'ai trouvé les morceaux (les mélodies plus précisément), quoique non exempts de défauts, plutôt originaux, notamment au regard de ce qui se faisait à l'époque - mais ce n'est que mon point de vue! Et contrairement à toi aussi j'ai apprécié la voix d'Elisa malgré ses défauts flagrants, car ceux-ci lui donnaient un certain charme.
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Commentaire @ Gregouille

09 Mai 2009
Avec « Shadowland (1999), les espagnols de Dark Moor sortent un premier album clairement ancré dans le metal néo-classique à la Malsmsteen (« Dragon into the fire » en est un exemple flagrant !) ! Tout y est : riffs et solos de guitares caractéristiques, chant mélodique aïgu, clavier qui se prend pour un clavecin... Même les compositions évoluent dans un registre « malmsteenien » évident, lorgnant toutefois de temps en temps du côté d'Iron Maiden (« Flying »). Le tempo est plutôt rapide sans pouvoir être pour autant catalogué speed-metal. Le chanteur quant à lui me rappelle souvent Kaï Hansen. S'agissant d'un premier album, on peut volontiers leur pardonner ces influences trop marquées, d'autant que le résultat est loin d'être désagréable.
En revanche, là où on peut être beaucoup plus sévère, c'est sur la production qui vient littéralement gâcher l'écoute de l'album : tous les titres sonnent pareils, les instruments sont « empilés » les uns aux autres sans aucune nuance, et le chant en devient même énervant...
Au final, « Shadowland » aurait pu être un bon album de metal néo-classique s'il avait été produit correctement.

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