Ars Musica

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Nom du groupe Dark Moor
Nom de l'album Ars Musica
Type Album
Date de parution 18 Juin 2013
Style MusicalPower Mélodique
Membres possèdant cet album33

Tracklist

1. Ars Musica (Intro) 02:10
2. First Lance of Spain 05:06
3. This Is My Way 04:17
4. The Road Again 04:43
5. Together as Ever 04:52
6. The City of Peace 04:07
7. Gara and Jonay 04:26
8. Living in a Nightmare 04:21
9. El Último Rey 05:17
10. St. James Way 04:06
11. Spanish Suite (Asturias) 05:31
12. The Road Again (Acoustic Version) 02:42
13. Living in a Nightmare (Orchestral Version) 04:18
Total playing time 55:56

Chronique @ AlonewithL

10 Juin 2013

Gare aux inondations!

«Dark Moor » nous avait laissé quelques années auparavant avec les plus grands espoirs, ceux de voir un jour un groupe de power metal espagnol traité parmi l’élite du genre. Leur œuvre si singulière et romantique de 2010, bien que plombée par quelques titres passables, mettait à jour une alchimie complète, l’aboutissement de plusieurs années de travail et de tergiversations. Il n’y avait qu’à entendre des titres comme « Mio Cid » ou « A Music in My Soul » pour se convaincre de la maturité trouvée d’un groupe dont on avait longtemps reproché son manque. C’est donc avec attente et envie que nous nous attaquerons à « Ars Musica ». Nombreux sont ceux qui ont été interpellés par la couverture de l’album. L’imagerie attachée au monde de l’enfance reprend quasiment celle d’un très fameux « Nightwish », d’autant plus que la présence d’un enfant jouant d’un violon nous indiquerait d’ores et déjà que la formation madrilène s’intéresserait à la musique classique. Pour le moment, tout n’est que supposition. Mais il ne faudrait pas grand-chose à ce stade pour se convaincre que la pièce serait une sorte de redite symphonique à leur « Autumnal ». Une œuvre qui n’avait pas su faire l’unanimité malgré ses qualités avérées. Un souhait est survenu en écoutant ce nouvel album tant attendu ; celui de réhabiliter l’album contesté de 2009. « Dark Moor » savait alors faire du bon metal symphonique, en comparaison.

Il est plus qu’envisageable que l’œuvre s’inscrira dans la symphonie si on croit seulement l’introduction, en plus des divers éléments laissés, tout en délicatesse, en légèreté, puis surmontée à grands renforts de cuivres. L’innocence attachée à l’enfance se voit confrontée au monde sans pitié des adultes. Le rêve s’efface devant la réalité. Ces cuivres vous ne les entendrez pas uniquement sur l’éponyme « Ars Musica », mais aussi sur une majeure partie de l’opus. On pourrait dès lors se dire que la grandiloquence va sublimer les différentes pistes à parcourir. Cette idée est encore bien vivante sur « First Lance of Spain », qui rappelle dans le style et dans la dualité de chants entre Alfred Romero et Bérénice Musa (soprano), l’album « Autumnal ». Le titre est beau, cependant les sons s’accumulent de sorte que la piste paraitrait obstruée. Le ton est à la fois empressé et peu sûr. On retient forcément ce qu’ils ont fait quelques années avant, mais dans une moindre mesure qualitative. La suite évanouira complétement nos espérances.

On touchera le bout du pompon rose bonbon avec le très kitch « It Is My Way ». Nous nous rappellerons alors qu’un musée dédié au groupe « Abba » avait fraichement été inauguré à Stockholm. « Dark Moor » s’en serait, semble-t-il inspiré (pas du musée, mais de la formation suédoise. Bien que ça se vaut). Autre chanson digne de figurer dans une sélection de l’Eurovision (pour finir à une bonne place de 19ème ou 20ème), « Gara and Jonay » est une ballade très suave. J’irais jusqu‘à employer le mot "niais". Avec un esprit tordu mais néanmoins réaliste, on s’imaginerait Alfred Romero en chemise à jabot colorée sur scène, tentant de conquérir un public d’anciennes minettes. Frédéric François a enfin trouvé sa relève. Notre chanteur aura meilleure fortune sur « El Ultimo Rey », entièrement en langue castillane. Don Romero fait là un gros effort vocal, tout en imposant une certaine prestance. La latinité du titre ressort également dans la grâce musicale. Et on se réfèrera de nouveau à l’Espagne avec la reprise instrumentale de « Spanish Suite » d’Isaac Albéniz. Electrique, frémissante, quoiqu’un peu artificielle sur les bords.

Oui ! Occasionnellement on retrouve un « Dark Moor » plutôt inspiré et dynamique, comme c’est le cas avec un « The Road Again » particulièrement incisif et généreux. Son rythme tonifiant, cet esprit combatif que l’on retrouve chez le couple de chanteurs, mais aussi chez les musiciens, rappellerait l’élan ayant irrigué le déjà prometteur « Tarot ». Il est curieux que le groupe ait prévu une autre version du titre « The Road Again », une version acoustique, d’une mélancolie abusive, sans réel intérêt. Il est à observer que ce choix de doubler de version a aussi été prévu pour « Living in a Nightmare ». Pour ce dernier, nous avons l’original extrêmement intense, peut-être un peu redondant malgré ses tumultes, et une version orchestrale où n’officie l’orchestre et que l’orchestre. Cette dernière version se révèle assez impressionnante, oppressante si on tient compte de ses vagues agissant par fracas.

La symphonie a ses hauts et ses bas, apparemment. Utilisée avec parcimonie, elle se révèle bénéfique comme c’est le cas avec « Saint James Way ». Un morceau à cheval entre « Tarot » et « Autumnal », qui jouit d’une pointe d’originalité, malgré des chants sans véritable conviction. Ils seront également mal utilisés dans un morceau qui aurait pu devenir magistral avec un apport de puissance vocale. Il est bien entendu question de « The City of Peace », dont les sons cristallins ne sont pas sans rappeler les débuts idylliques de « Sonata Arctica ». Ces airs classieux et une surabondance de sonorités harmonieuses poussées à l’excès donneraient la nausée sur « Togrther as Ever », plus proche d’un style propre à « Dark Moor » cette fois. Ce paradis en carton fait de fleurs en papier dégouline encore de sa peinture. On ne comprend pas trop ce que l’équipe d’Enrique Garcia a souhaité réaliser. Il y aurait un goût d’inachevé qui se dégagerait de « Together as Ever », comme de la plupart des autres titres.

L’art est plus qu’un exercice, c’est un métier. Cela requiert patience et méthode. Pour ce qui concerne « Dark Moor », l’art est une recherche insoluble. Tant de fois, on s’est dit « ça y est ! Le groupe va enfin trouver la voie. » Après coup, rien ne se concrétise. Le groupe ne parvient à peine à profiter de ses précédents acquis. Tout est pour ainsi dire un éternel recommencement, un travail maintes fois exécuté, maintes fois défait, pour être ensuite recommencé de nouveau, tel la toile de Penelope dans l’Odyssée. Il faudra plus que de la patience et de la méthode pour nos espagnols. « Ars Musica » est clairement une déception, un retour à la période symphonique d’« Autumnal », illustré par le retour en grandes pompes du duo chant masculin/chant féminin. Mais la magie, l’élégance de l’automne n’opèrent plus vraiment ici. Il y a bien sûr quelques éclats qui raviront aux fans de ces orfèvres du power metal romantique. On aurait aimé que ces éclats irriguent l’œuvre. Après un automne plus ou moins apprécié, un printemps fructueux, voilà que l’été s’annonce couvert et pluvieux. Gare aux inondations!

13/20

8 Commentaires

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hexate - 19 Juin 2013: Réveil les gars ça fait un bail que ce groupe a rien fait de bon
AlonewithL - 25 Août 2013: ça commence à dater quand même....
edenswordrummer - 20 Octobre 2014: Merci pour ta chronique Alone, j'aime beaucoup Dark Moor, leur musique est très raffinée, avec quelques airs qui évoquent l'espagne (je sais pas trop comment l'expliquer mais c'est ce que certains de leur refrains m'évoque.."Mio.."). Il y avait une sorte de délicatesse ensoleillée dans leur musique qui me laissait vraiment pas indifférent...mais là j'ai écouté, à part le riff d'entrée du premier titre, bien peu de choses m'ont marqué...c'est dommage il y a un potentiel énorme, une réelle identité, quelque chose que recherchent beaucoup de groupes de symphoniques pour se faire un nom, après, quand on ne sait plus quoi en faire...
metaleciton - 31 Octobre 2014: Personnellement j'ai trouvé ce disque assez agréable, je ne suis pourtant pas du tout fan de ce genre de style de metal habituellement.
L'album commence de fort belle manière avec l'intro éponyme "Ars Musica" et le dynamique "First Lance Of Spain", la production est parfaite et chaque instrument est à sa place.

Malheureusement, la première déception arrive avec "This Is My Way", le plus mauvais titre de l'album, le stéréotype même du morceau bouche trou.
Pour un groupe de la trempe de Dark Moor c'est tout de même affligeant...
Heureusement, les Espagnols reviennent de suite dans la partie avec "The Road Again" et "The City Of Peace", deux titres aux superbes mélodies, avec des solos vraiment excellents et un Alfred Romero impérial au chant.

Après la très moyenne ballade "Gora Et Jonay" le groupe confirme toute sa puissance sur le phénoménale "Living In A Nightmare" et son originalité latine avec le fabuleux "El Ultimo Rey".
La fin de l'album est à mon grand regret beaucoup plus timide, "Saint James Way" peine à convaincre, tandis que l'instrumentale "Asturias" ne décolle à aucun moment...

Note: 14/20
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Chronique @ dark_omens

31 Juillet 2013

Postures candides et mélodies niaises...

Après des débuts aussi hésitant que ceux qu'ils firent en cette année 1999, qui eut cru que les espagnols de Dark Moor, plus d'une décennie plus tard, seraient encore présent à nous conter leurs fables. Certainement pas votre humble serviteur. Pourtant tel est bien le cas et fort, en cette année 2013, de ce nouvel effort baptisé Ars Musica, le quatuor en écrira même une nouvelle.

Sans grande originalité, mais avec une efficacité suffisante à faire naitre les prémices d'une satisfaction, nos hispaniques entament donc cette nouvelle histoire avec un intéressant et vif First Lance of Spain précédé par un préambule instrumental, Ars Musica (Intro) peut-être un peu convenu.

Malheureusement ces premières impressions seront bien vite gâchées par un titre navrant, It Is My Way qui, quant à lui, sera, consternant de mièvrerie. Dévoilant un caractère profondément naïf, l'aspect mélodique de ce morceau sera, en effet, affligeant. Dès lors, l'oreille agacée par cette appétence ibérique si prompte à défendre cette musicalité puérile, et notamment en des refrains parfois immatures et d'autres fois vacillant en un équilibre dangereusement précaire prêt à sombrer dans cette légèreté, ne pourra s'empêcher de se crisper davantage. Et ce ne seront certainement pas des chansons telles que le piètre Together of Ever ou que l'insipide Gara and Jonay, une ballade emplie de bons sentiments atterrants, qui parviendront à nous apaiser cette désagréable sensation.

D'aucuns pourraient, bien évidemment, trouver la critique sévère et affirmer que le genre Power Metal à tendance Mélodico-Symphonique, auquel s'apparente Dark Moor, défend, presque par définition, une démarche mélodique propre à susciter des émotions positives. La beauté, la grandeur, la grandiloquence, l'esthétisme sont donc bien des notions inhérentes à ce genre. Et bien sûr qu'il serait proprement scandaleux de s'étonner de trouver ici de cet éclat et de cette lumière radieuse qui irradie les œuvres de cette mouvance. Toutefois, il s'agirait de ne pas confondre musicalité excessivement peaufiné et cette crédulité accablante dans laquelle se complait parfois cet Ars Musica.

Cette propension à se fourvoyer dans un joyeux maniérisme candide est, d'ailleurs, d'autant plus navrante qu'au delà de cet aspect Dark Moor est capable de nous séduire par un propos maitrisé et attachant (The Road Again, The City of Peace, le sublime Living in a Nightmare, El Ultimo Rey, Saint James Way...).

Non content de nous avoir ainsi désenchantés tout au long d'un opus aux vertus discutables et changeantes, Alfred Romero et ses comparses nous proposent de nous achever avec une trilogie finale désespérément dantesque. Si la version acoustique de The Road Again demeure plaisante, il n'en va pas de même pour le pénible Spanish Suit (Asturias) et pour la version orchestrale de Living in a Nightmare. Deux pistes dans lesquelles, à grand renfort d'instruments classiques et, bien entendu, de grandiloquence, le groupe nous convie à une cérémonie instrumentale solennelle et, surtout, interminable.

A l'évidence le Power Metal vit aujourd'hui une crise majeure ne parvenant plus à renouveler son propos. Cherchant des solutions en empruntant divers chemins, les formations actuelles peinent à continuer à captiver un auditoire exigeants. Nul ne saurait dire où se trouvent le salut. Il serait néanmoins étonnant que la voie prise par un Ars Musica aux postures aussi candides ait un quelconque avenir. Mais sait-on jamais...

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Fyrnael - 11 Avril 2015: Très bonne chronique! Merci pour l'achat évité! Si j'avais particulièrement apprécié Ancestral Romance, ce Ars Musica est d'un plat hallucinant. Je trouve même que tu es bien gentil en disant que "The Road Again" et "The City Of Peace" valent le détour!


Pour ma part seul le très Rhapsody "Living in a Nightmare" mérite une attention avec pourquoi pas "El Ultimo Rey" et "Saint James Way" (quoique très poussif). J'ai mis 10 à cet album uniquement pour cette chanson qui est tout bonnement exceptionnelle mais frustre au plus au point quand on voit la qualité qu'ils sont capable de faire et la bouse mièvre qu'ils sortent finalement..


Mais comme j'ai l'impression qu'ils réussissent un album sur deux, ça laisse présager quelque chose d'excellent pour la suite!
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