Season of the Dead

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Nom du groupe Necrophagia (USA-1)
Nom de l'album Season of the Dead
Type Album
Date de parution Fevrier 1987
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album65

Tracklist

1. Season of the Dead 03:45
2. Forbidden Pleasure 02:20
3. Bleeding Torment 04:50
4. Insane for Blood 03:10
5. Reincarnation 02:20
6. Ancient Slumber 05:15
7. Mental Decay 03:35
8. Abomination 04:31
9. Terminal Vision 04:30
10. Painful Discharge 03:10
11. Beyond and Back 06:43
Total playing time 44:09

Chronique @ Fabien

22 Août 2012

Night of the Living Dead.

Si l’histoire retient plus particulièrement Death, Master, Possessed, Morbid Angel, Xecutioner, Massacre ou Repulsion parmi les géniteurs du deathmetal nord-américain apparu durant les années 80, ne passons pas Necrophagia sous silence, sa longue séparation quelques mois après la sortie de Season of the Dead ayant contribué à le reléguer plus facilement aux oubliettes durant cette première période. Fondé par son leader Frank ‘Killjoy’ Pucci dès 83/84, alors que notre homme n’a que 14 ans, la bande est l’une des premières formations extrêmes à cultiver ce goût pour le gore et l'horreur, tout comme les jeunes interprètes de Death et de Massacre qui multiplient à l’époque les allers-retours en salle de cinéma pour s’envoyer Evil Dead et mettre ensuite le tout en musique.

Auteur de nombreuses démos entre 1984 et 1986, Necrophagia signe dès 1986 avec New Renaissance Records, écurie nord américaine qui vient de se monter et parvient à accrocher plusieurs formations speed ou thrashmetal comme At War, Wehrmacht, Kublai Khan, Indestroy, Blood Feast ou Dream Death, difficilement distribuées outre-Atlantique. Necrophagia se dirige ainsi en automne 1986 dans un petit studio de Pittsburg, pour la capture de son premier album Season of the Dead paru en tout début d’année suivante, à l’heure où Morbid Angel et Repulsion ont déjà auto-produit leur premier full-lenght et où Combat Records s’apprête à sortir le terrible Scream Bloody Gore de Death, dont la brutalité, les vocaux d’outre-tombe et les propos tournés vers la mort vont devenir le mètre-étalon d’un style deathmetal qui définit plus précisément ses frontières et va s’imposer à l’échelle internationale.

Season of the Dead, c’est bien sûr cette ambiance de mort et ces zombies que notre growler Killjoy prend plaisir à mettre en musique, épaulé depuis ses premières demo-tapes par Bill James & Joe Blazer au tamdem basse/batterie et Larry Madison aux guitares. L’album débute d’ailleurs par une longue intro à la guitare acoustique s'enchainant sur des bruitages & nappes de claviers plus lugubres, traduisant idéalement ce moment d’accalmie suivi d’une inquiétude grandissante et d’une escalade vers l’horreur. Si l’intro est fort bien ficelée, le déchainement censé être traduit par le morceau Forbidden Pleasure peine à se faire sentir, tant l’ensemble manque de pêche, de vélocité, de technicité et d’agressivité, tandis qu'en thrashmetal Slayer a déjà précipité notre âme aux enfers et que la tornade Dark Angel a mille fois retourné notre corps dans la tombe.

Malgré de bonnes choses comme l'ambiance au cœur d’Insane for Blood ou le bon riff de relance dans la seconde partie de Bleeding Torment, les titres s’enchainent ainsi sans temps fort particulier, Season of the Dead manquant de puissance, flanqué d’une batterie légère et de guitares peu agressives, à l’image du titre Abomination où Necrophagia peine à accélérer, là où l’on attend riffs fracassants et martèlements tout aussi meurtriers. Retenons plus précisément le bon Mental Decay, reprise metal et simplifiée d’Une Nuit sur le Mont Chauve (1867) du compositeur russe Moussorgski, ou encore le final Beyond and Back, le morceau le plus équilibré et le plus prometteur, rapide, agressif, slayerien et inspiré, contraste idéal entre moments calmes et montées d'adrénaline.

Apparu très tôt dans le paysage deathmetal, lancé par son leader Killjoy ayant une sacrée culture dans le cinéma d’épouvante, Necrophagia peine toutefois à s’affranchir de la scène thrashmetal dont il est issu, nous lâchant en ce début d’année 1987 un premier album manquant de lourdeur, tandis que ses compatriotes Death, Morbid Angel ou Repulsion œuvrent toujours plus loin dans l’extrême et définissent de nouveaux standards. Sachons toutefois nous replonger dans le contexte et ne boudons pas un Season of the Dead nous contant de belles histoires autour du cimetière, pas si mal mises en musique au bout du compte et dégageant une atmosphère suffisamment lugubre pour déclencher la chair de poule aux âmes les plus sensibles.

Fabien.

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MikeSlave - 22 Août 2012: je cite : " les titres s’enchainent ainsi sans temps fort particuliers, Season of the Dead manquant de puissance, flanqué d’une batterie légère et de guitares peu agressives, à l’image du titre Abomination où Necrophagia peine à accélérer, là où l’on attend riffs fracassants et martèlements tout aussi meurtriers.".
Tu as mis les bons mots sur mon sentiment général concernant la teneur musicale de cet album.On pense que ça va partir...mais non.
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Chronique @ TasteofEternity

18 Mars 2019

Réveillons les Morts !!!

Première mise en garde, si vous désirez le tour de poitrine de Killjoy et le passport de Necrophagia : allez voir là-haut si j'y suis !

Deuxième mise en garde, à tous ceux qui sont férus de technique instrumentale, de soli enfiévrés, de growl maitrisé, de production léchée : barrez-vous !

Objectif avoué : discuter sans aucune objectivité du feeling du premier album d’un des pionniers du metal extrême.

Je me fous du tiers comme du quart des axes de progression. Si un mec est bon au bras de fer, je ne vais pas l’inviter à faire du pole dance, pour mieux le descendre, soyons honnête. Alors quand une bande de gonzes perdue dans le trou du cul des Etats-Unis, décide de coupler sa passion pour les films gores à un metal rapide et violent qui tire sa force des atmosphères qu’il est capable de distiller. Que ce même groupe bas du front enregistre des démos et parvient à sortir son premier album pour devenir l’un des fers de lance d’une nouvelle branche, non pas le death, mais l’horror thrash metal pour ceux qui sont adeptes de classification spécieuse ; pour les autres, Necrophagia, c'est de l'extrême, pur et dur, et basta. Et que cet album, à l’histoire si particulière, est ressorti des décombres, réédité et distribué par Red Stream, je me dis qu'il y a quelque chose à creuser pour le coup. Cet album, vous l’aurez compris, je le chéris, alors vous pensez quand j’ai lu la chronique du dessus, mon sang n’a fait qu’un tour.

Ce groupe est un tribute band, un poil différent de ce que l’on a l’habitude d’entendre. En effet, Necrophagia, c’est un tribute band de Lucio Fulci, George A. Romero, Dario Argento, ou encore William Friedkin : des artistes-réalisateurs proposant une vision qui a ébloui Killjoy et ses potes au point de les pousser à se lancer dans la musique. Le personnage central de cette intrigue de pacotille, c’est évidemment le zombie qui est devenu, au fil des ans et des productions plus terrifiantes et dégueulasses les unes que les autres, une véritable superstar.

Le zombie est connu pour ses qualités athlétiques, son appétit vorace de chair fraîche, une insensibilité pathologique, une démarche souvent stylée, l’œil vif, et son esprit grégaire, et glaçage de sperme sur frisottis à maman, sa finesse cliniquement prouvée. Il est une variante du ressuscité qui fait peine à jouïr. A la façon d’un John Connor qui possède son Terminator, on aimerait tous avoir notre Zombie, Killjoy a exaucé nos prières. Season of the Dead c’est une compilation des meilleurs moments que peut offrir un film de zombies, attaque en meute, viol en réunion, apparition inattendue, séance de torture, de dépucelage (pléonasme), buffet froid, bref l’anthologie y passe dans les moindres détails. Musicalement chez Necrophagia, cela va se décliner en deux phases, intro acoustique lancinante, accompagnée de samples angoissants tirés des bandes sons des films préférés du groupe, en deux mots l’installation du décor ; puis accélérations subites pour lancer les hostilités, surplombées de la voix de Killjoy, subtile mélange de raclements de gorge, grognements, borborygmes ineptes et autres flatulences vocales pour finir en beauté le travail. La volonté de Necrophagia c’est de proposer une immersion totale en territoire ennemi, confinant au contact pour un effet maximal, dans le style on peut dire que c’est une réussite. Dans la forme, le côté production amateur colle parfaitement avec le sujet étudié, les séries Z et le gore : des tonnes d’hémoglobine rouge criard, des tripes en plastiques et des masques dont les délimitations ressortent ostensiblement. Il n’y a pas d’objectif de réalisme autre que de susciter le dépaysement et un délire d’adolescents, en cela Season of the Dead est juste parfait. Il est évident que si tu l’alignes en face de Possessed, Death, ou Morbid Angel, techniquement tu vas le faire passer à la trappe. En ce qui concerne l’atmosphère, les intros à la guitare acoustique sont soignées, les samples sont judicieusement placés pour 1987, les riffs restent accrocheurs et les soli bien vicieux. Franchement que demandez d’autres à un groupe qui a décidé de se vautrer dans le gore le plus basique, la tête dans une bassine de tripes à l’ancienne ?

In Goring Memory of Kill "fuckin"Joy

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