Holocausto de la Morte

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Necrophagia (USA-1)
Nom de l'album Holocausto de la Morte
Type Album
Date de parution 1998
Labels Red Stream
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album68

Tracklist

1.
 Bloodfreak
 04:58
2.
 Embalmed Yet I Breathe
 05:06
3.
 The Cross Burns Black
 07:08
4.
 Deep Inside, I Plant the Devils Seed
 04:56
5.
 Burning Moon Sickness
 04:26
6.
 Cadaverous Screams of My Deceased Lover
 07:57
7.
 Children of the Vortex
 03:39
8.
 Hymns of Divine Genocide
 01:35

Durée totale : 39:45


Chronique @ TasteofEternity

18 Mars 2019

Un torrent de boue déferlant sur l’abattoir

Le charme et le bon goût vont encore être célébrés comme il se doit par ses apôtres du metal symphonique, nan je déconne…

Ce deuxième album n’aurait jamais vu le jour sans l’acharnement thérapeutique d’un fan die hard du combo de Wellsville, un certain Anton Crowley. Ce dernier approcha à maintes reprises le sieur Killjoy début des 90’s pour vanter les mérites du Season of the Dead, du statut culte de Necrophagia, jusqu’au moment où Killjoy en eût assez et fit un deal avec cet Anton : « écris l’album, et après on verra si on relance la maison hantée, le train fantôme, et la marmite aux cadavres. Jusque-là, barre-toi, tu me pompes l’air ! »

Alors qu’Anton a toujours un quart d’heure à tuer, entre une session d’enregistrement de Pantera, et une autre de Down, il se mit à composer tout seul dans son coin. En même temps il faut à peu près deux fois moins de riffs pour faire un album de Necrophagia, qu’un album de Pantera, et dix fois plus de samples, rajoutez-y le dégueuli verbal de Killjoy, et bim vous obtenez la recette de l’album. J’en vois qui tordent le nez. La force de Necrophagia réside dans sa simplicité, rappelez-vous, source de son efficacité. Sur Holocausto, l’écriture d’Anton apporte un côté garage punk mêlé à du sludge pur jus, un cocktail que même les rednecks les plus ravagés n’avaient pas encore concocté. Necrophagia en sort regonflé tel un torrent de boue déferlant sur un abattoir tournant à plein régime, plus cradingue et dangereux que jamais. Les titres commencent assez mollement tel un enlisement savamment orchestré, un sample de film de Fulci, puis un riff de guitare très simple et direct. La folie est déclenchée par les vociférations abjectes et incompréhensibles de Killjoy, avant que la machine ne s’emballe une bonne fois, transformant notre promenade du dimanche en expédition de survie. Les injections de riffs déchaînent une furie orgiaque de barbaque avariée puant à des kilomètres à la ronde. Lorsque vos yeux se posent sur de la vermine grouillante toute fraîche, on peut se le dire une bonne fois, Necrophagia est de retour ! A table !!! Holocausto de la Morte se situe à la croisée des chemins, une forme de crossover inattendu entre les racines gore/death de Killjoy et l’apport sludge/punk d’Anton Crowley, le mélange est détonnant, toujours bas du front, moche et méchant, un pur régal ! En revanche, ne cherchez pas les intros alambiquées, les guitares acoustiques, les soli bien vicieux, tous ces éléments présents sur Season of the Dead ont été bannis de l’album. Il arrive parfois qu’un break fasse son apparition, restez à l’écoute car c’est élaboré uniquement pour mieux vous assaisonner par derrière. Au-delà de ces nouveaux ingrédients qui viennent enrichir le son de Necrophagia, le travail sur les ambiances demeurent premier et reste très soigné en particulier sur The Cross Burns Black et Burning Moon Sickness, qui savent judicieusement ralentir le tempo et proposer du riffing bien malsain. L’horreur et le gore se combinent pour infester un album aussi marrant qu’une overdose un soir d’anniversaire.

L’album est entièrement dédicacé à Lucio Fulci comme la pochette le laisse présager décédé deux ans avant la sortie de l’album, en 1996. Killjoy a décidé de rendre hommage à l’une de ses idoles. Histoire de ne pas nous laisser en rade, l’ami Killjoy, toujours prévenant et affable, se permet dans le livret de nous balancer un article dans lequel il annonce les successeurs du maître en commençant par Jim Van Bebber, Nacho Cerda, Mariano Baina et Dario Argento, bien sûr.

Anton Crowley ne fait pas que relancer la carrière de Necrophagia, il fait également une OPA sur la Killjoy and Co. En effet les deux larrons qui arborent des t-shirts de Mayhem, et Venom sur les photos du livret sont deux inconditionnels de la seconde vague de black metal scandinave, en particulier des premiers albums de Darkthrone et Mayhem. Il n’est pas étonnant dans ce contexte qu’Anton enrôle Killjoy dans son projet black metal du nom de Viking Crown, à la même époque qu’Holocausto. Le premier album Innocence From Hell sera la première sortie du label de Killjoy Baphomet Records en l’an 2000. Cette influence est directement palpable sur Holocausto à travers les thématiques abordées dans les paroles, mais aussi et surtout avec l’invitation lancée à Maniac de venir saigner sur deux titres de l’album, ce qu’il se fit un plaisir de faire. Pour l’anecdote, Killjoy avait laché dans une interview qu’il avait enregistré les voix pour Holocausto, dans un espace confiné, face à un poster d’Euronymous, défoncé à la weed et blindé comme un char, les mains tenant des candélabres arborant des bougies noires, le ton est donné. Un régal je vous dis.

Enfin Necrophagia a pu ressortir de la cave en grande partie grâce à la détermination d’Anton, mais aussi grâce à la complicité de Patrick McCahan, le propriétaire de l’écurie Red Stream, un autre fan absolu du groupe, qui fit des pieds et des mains pour rééditer Season of the Dead et éveiller de nouveau l’intérêt du public pour un monstre devenu sacré. C’est bien évidemment sur Red Stream que va sortir Holocausto de la Morte.

Si vous avez raté le retour de Necrophagia, soyez certain qu’eux ne vous rateront pas.

In Goring Memory of Kill"fuckin"Joy

0 Commentaire

3 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire