Deathtrip 69

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Nom du groupe Necrophagia (USA-1)
Nom de l'album Deathtrip 69
Type Album
Date de parution 16 Mai 2011
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album52

Tracklist

1. Naturan Demonto 04:04
2. Beast with Feral Claws 03:49
3. Tomb with a View 04:31
4. Suffering Comes in Sixes 04:25
5. A Funeral for Solange 03:27
6. Kyra 02:46
7. Bleeding Eyes of the Eternally Damned 05:18
8. Trick R' Treat (The Last Halloween) 04:06
9. Deathtrip 69 05:21
10. Death Valley 69 02:30
Total playing time 40:17

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Necrophagia (USA-1)


Chronique @ Vinterdrom

30 Mai 2011

Tout en ressortant les vieux cadavres du placard, ils apportent de la viande fraîche au hachoir

Et dire qu'on le croyait mort, enterré et bouffé par les vers …
Le second volet de "Harvest Ritual" rapidement annoncé après le volume I (2005) puis parti pour un aller sans retour dans les limbes, avortant la saga, annonce fracassante du nouveau méfait "Deathtrip 69" pour 2009 puis s'effaçant aussi sec que la manifestation d'un poltergeist capricieux, il aura fallu s'armer de patience en attendant que l'esprit frappe enfin en cette année 2011.
Une habitude chez Necrophagia, car bien que fort de son statut de pionnier du death metal, parmi les chaînons manquant entre le thrash originel et les dogmatiques "Leprosy" (Death) et "Altars of Madness" (Morbid Angel), il ne s'agit là que de son 5ème album en pas moins de 28 ans d'existence ! Mais tel le zombie le plus récalcitrant de par ce monde et l'au-delà, la formation américaine prend son temps pour nourrir son atrabilaire aversion envers les vivants, laisser son estomac doucement retomber dans les talons, préparer sa vengeance (rappelons qu'elle est un plat qui se mange froid), finissant toujours par ressortir de terre pour aller croûter de l'humain.
Et quand on parle de Necrophagia, on parle avant tout de Killjoy : le seul rescapé originel, le garant d'un caractère gore-addict bien trempé, de retour pour envoyer une nouvelle salve d'abats et d'hémoglobine au travers d'un death / thrash au groove aussi bas du front que percutant. Pour l'épauler dans les préparatifs et l'exécution de cette 5ème Commémoration de la Tripe de la Mort à la mode bouchon lyonnais (comprendre Deathtrip 69), une horde comme de coutume remaniée en profondeur, avec trois mort-vivants (le guitariste Boris Randall, le bassiste Damien Matthews et le batteur Shawn Slusarek) fraîchement passés à trépas.

Artwork kitsch rehaussé d'un packaging superbement mis en scène avec sa mare de sang mouvante, ses assemblages d'articles de journaux relatant maints exploits glauques façon scrapbook de taré psychopathe, enregistrement au studio baptisé Last House on the Left (les connaisseurs apprécieront), textes taillés à la tronçonneuse : on nage dans les bonnes vieilles séries de B à Z gores et scabreuses si chères au père Killjoy. Et une fois la galette enfournée dans la platine, ce nouvel opus ne déçoit pas, s'inscrivant dans la lignée death / thrash gore typiquement Necrophagienne.
Dès l'entame de "Naturan Demento", c'est un festival de samples horrifiques, de roulements du tonnerre et de riffs tailladant la gueule qui déboule, suivi de rythmiques thrash rapides, grasses et catchy qui agrippent direct pour ensuite écraser à coups de séquences lourdingues et rampantes dont le groupe s'est fait la spécialité depuis "Holocausto de la Morte", avec une exécution ultra-carrée en vigueur depuis "The Divine Art of Torture" et "Harvest Ritual vol.I". "Beast with Feral Claws" (et son motif principal qui semble d'ailleurs repiqué au title-track de ce dernier) enfonce le pieu et confirme l'état de forme d'un Killjoy aux vocaux toujours aussi monstrueusement inhumains, à situer quelque part entre l'ours vorace et le porc égorgé. Encore loin de finir entre quatre planches, le vieux bougre ! Quant à l'incursion acoustique sur l'intro de "Tomb with a View", elle se pose en hommage à celle d'un certain "Season of the Dead".
Si on retrouve des éléments de toutes les périodes, le groupe ne s'est pas pour autant contenté d'un simple réchauffé de vieille charogne, enrichissant son plat de ragoûtante barbaque fraîche à coups de nombreux soli taillés au scalpel, émaillant le substrat fumant comme sur "Beast with Feral Claws" et "Trick R' Treat (The Last Halloween)", particulièrement mis en évidence.

Rayon ambiance de film d'horreur, ce "Deathtrip 69" contient son lot de sensations fortes. L'intermède "A Funeral for Solange" survient comme un détour par un inquiétant cimetière couvert de brume, habité des soupirs des défunts et d'une envoûtante présence spectrale, nous plongeant en pleine horreur gothique à la Mario Bava, rappelant à notre bon souvenir le caractère onirique et cauchemardesque de son Masque du Démon. Un morceau intercalé entre le thrashy "Suffering Comes in Sixes" à sauvagement deadbanguer (comprendre par là à faire headbanguer un mort), dévisser les cervicales, envoyer la tronche éclater direct sur le mur d'en face, et la décharge "Kyra" carrément punk / hardcore, aussi destroy que le Retour des Morts-Vivants 3 de Brian Yuzna. A côté, la seconde partie de "Bleeding Eyes of the Eternally Damned", ses harmonies, ses atmosphères, ses percussions, ses chœurs : c'est du Fabio Frizzi à la sauce metal et c'est sans peine qu'on revoit les morts-vivants envahir l'île de Matul lorsque tombe la nuit dans le fameux chef d'œuvre de Lucio Fulci (l'Enfer des Zombies) !
De purs moments de nostalgie pour les vieux gore-addict comme moi dans cet album qui se conclut sur l'ironique "Death Valley 69", avec sa chanson country aussi décalée et cruelle que le générique d'un bon slasher du fin fond de l'Ohio où les ados tombent comme des mouches sous les exactions des barges locaux (sans oublier les nénettes violées à tours de bras, l'indispensable dose de cul déviant, que diable ! ).
Le groupe connaît ses classiques et sait jouer sur toutes les gammes de l'horreur et de l'épouvante, en témoigne le morceau-titre alternant scènes de déchaînements de violence où le sang coule à flots et séquences au mid-tempo tenant en haleine tandis que monte l'angoisse à l'approche du massacre imminent.

Bien qu'il s'agisse de leur méfait le plus riche musicalement à ce jour, j'emmétrais tout de même une réserve au niveau de la production, puissante et lisible mais pâtissant d'un aspect un peu trop clinique à mon goût, me faisant préférer les anciennes productions plus sales et dégoulinantes ("Holocausto de la Morte" notamment). Ce qui donne à mes yeux la même impression qu'une série Z aux effets gores dégueulasses mais filmée en qualité numérique bien proprette (comme on en trouve par pelletées entières chez Uncut Movies par exemple). Rien ne vaut les bons vieux grains de l'argentique et de l'analogique de l'époque, bordel !
Cependant, je ne boude pas mon plaisir et l'attente en valait la peine, "Deathtrip 69" représentant un bon tartare où, tout en ressortant les vieux cadavres du placard, Necrophagia a su apporter de la viande fraîche à son hachoir.

A vous les studios !

12 Commentaires

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MCGRE - 30 Mai 2011: c'est un superbe album de horror death metal , mais c'est plus death thrash que brutal death , mais ça reste quand même au album terrible .Sinon bonne chronique bien jouer .
Coemgenus - 30 Mai 2011: Un grand merci pour ta chronique camarade elle est excellente ! Je le dis rarement voir jamais ;) Et j'ai moi même bien aimé cet album ! Pourtant je me suis arrêté a "Cannibal Holocaust" car pour ma part la suite c'est de la brave merde ! Je suis un fan d'"Holocausto de la morte" donc c'est compréhensible :D Bref, encore une fois bravo pour ta chronique !

a.m.s.g
Bolverkrheathenlord - 03 Octobre 2012: Bonne chronique merci à toi!
Tout ce qu'on aime de Necrophagia, mais avec un son énorme et un petit truc en plus, j'apprecie au moins autant ce Deathrip 69 que le Holocausto de la Morte ...
Bark_at_The_Moon - 23 Juin 2016: Excellente chronique qui fait honneur au talent de ce groupe et à sa passion pour le cinéma horrifique. Et en l'occurrence, nous avons de la chance si nous aimons le gore et le metal, parce que Necrophagia fait brillamment les deux !
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