Scourge of Lamashtu

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16/20
Nom du groupe Black Funeral
Nom de l'album Scourge of Lamashtu
Type Album
Date de parution 03 Juillet 2020
Style MusicalBlack Ambient
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Kassaptu Lemuttu
 06:46
2.
 The Vampyric Rabisu at the Threshold
 05:13
3.
 Nergal (Lord Who Prowls by Night)
 04:26
4.
 Seven Udug-Hul
 05:27
5.
 Scourge of Lamashtu (She Who Strangles the Lamb)
 06:32
6.
 Gidim Hul (Bloodthirst of the Demonic Dead)
 07:01
7.
 Pazuzu King of the Lilu-Demons
 03:21

Durée totale : 38:46

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Black Funeral


Chronique @ Icare

27 Juin 2020

Un mélange de crasse auditive hypnotique et ténébreux particulièrement immersif


Plus besoin de présenter Black Funeral, l’une des entités les plus anciennes et respectées du black américain. Après un Ankou and the Death Fire particulièrement mélodique en 2016, qui marquait l’arrivée d’Azgorh Drakenhof dans la formation, le désormais duo sort un EP sur Iron Bonehead deux ans plus tard, confirmant cette nouvelle direction musicale plus accessible, ainsi qu’une démo en 2019. Voici donc le onzième album longue durée de Michael W. Ford, Scourge of Lamashtu, qui invoque en vieil acadien les démons oubliés d’une Mésopotamie millénaire pleine de terrifiants mystères.

Ici, Black Funeral nous sert un black plutôt mélodique et facile d’accès, moins cru et violent que celui de Varulv, plus dans la lignée de ce qui avait été fait sur The Dust and Darkness, et dont le riffing peut se faire sacrément accrocheur (Nergal (Lord Who Prowls by Night), l’excellent Seven Udug-Hul, Gidim Hull, au riff central appuyé par cette ligne de clavier hypnotique). Akhtya Nachttoter et ses acolytes alternent moments de bravoure rapides avec des morceaux plus mélancoliques (le très bon morceau éponyme en est la meilleure illustration, avec ce riffing fier et épique chevauchant sur cette tempête de blasts puis ces passages lents et trainants), et si tous les titres se différencient parfaitement les uns des autres, le tout reste d’une cohérence à toute épreuve, cimenté par cette production incroyable. Ici, les claviers jouent un rôle important, venant appuyer ce riffing tourbillonnant et charbonneux ainsi que le chant putréfié du maître de cérémonie par quelques lignes tordues et inquiétantes ou au contraire majestueuses, qui épaississent encore l’ambiance.
Cette ambiance, parlons-en justement, car elle constitue indéniablement le point fort de ce nouvel album : l’ensemble de ces 38 minutes dégage cette sorte d’aura unique si typique du groupe, à la fois noire, horrifique et fascinante, et à mon sens, les Américains n’ont jamais mélangé de façon aussi fluide et cohérente musique black et passages ambiants. Certes, les néophytes devront passer outre ce son caverneux et baveux, mais c’est lui qui, en grande partie, donne cette profondeur à la musique et nous immerge immédiatement dans ces ténèbres peuplées de créatures monstrueuses. On reconnaît immédiatement le style si particulier développé par le groupe ces dernières années, mélange de crasse auditive hypnotique et ténébreux, et l’ensemble est animé d’un souffle presque narratif (les intros ambiant de The Vampyric Rabisu at the Threshold et Nergal (Lord Who Prowls by Night), la fin de Scourge of Lamashtu (She Who Strangles the Lamb)…).
Soulignons-le, le travail sur la production est impressionnant, avec ce son immersif, sale, grésillant et bavant de réverb qui reste parfaitement audible, conférant une profondeur abyssale à la musique, et incarnant à lui seul l’âme damnée du groupe américain. Même le côté craspec et un peu bordélique de l’ensemble (quelques parties de batterie approximatives et un mixage qui fera fuir les amateurs de productions très léchées) sert la musique, contrastant par ailleurs admirablement avec les mélodies particulièrement soignées.

Black Funeral nous conte sept cauchemars noirs et lugubres avec un savoir-faire qui n’est plus à prouver, et on se retrouve projeté dans un cimetière par une nuit sans lune, enveloppé dans un brouillard épais. Ces 38 minutes dégagent un certain romantisme noir et désabusé, une majesté antique et intemporelle qui nous enserre dans ses bras de brume, suggérant des ombres fantomatiques plus attirantes que réellement terrifiantes, un peu à l’instar de la lycanthropie d’un Vargsang. Après plus de 25 ans à sévir dans l’underground, Michael W. Ford nous montre que son inspiration est intacte, et qu’il n’a pas beaucoup de concurrents lorsqu’il s’agit de créer ces ambiances noires et mystiques qui éveillent dans notre inconscient d’indicibles images refoulées depuis des millénaires… Une œuvre très réussie et particulièrement immersive à ne pas écouter seul la nuit juste avant de vous endormir si vous ne voulez pas sentir le souffle de Lamashtu sur votre nuque…

7 Commentaires

9 J'aime

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Ghul - 28 Juin 2020:

Tient, je ne savais pas que Michael W. Ford allait sortir un nouvel album. Faudra que j'écoute ça ! En tout cas, merci pour la chronique.

Forlornhope - 28 Juin 2020:

Excellente chronique qui donne envie d'aller jeter une oreille ;) 

Icare - 28 Juin 2020:

Vous pouvez y aller, c'est du tout bon! Je tiens aussi à rassurer Tormentor : pour du Black Funeral, cet album est indéniablement mélodique, mais la magie du groupe opère toujours, et on est enveloppé dans cette ambiance noire à couper au couteau si typique du groupe!

tormentor - 29 Juin 2020:

Merci Icare, mais j'ai été voir sur youtube et j'ai bien compris ce que tu as décris, c'est mélodique sous le sens du therme, et pas son mélodique comme Emperor ou dimmu borgir. Et effectivement c'est du bon. Ça me botte bien. Hé hé

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