Scare Force One

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Nom du groupe Lordi
Nom de l'album Scare Force One
Type Album
Date de parution 31 Octobre 2014
Labels AFM Records
Produit par Mikko Karmila
Enregistré à Finnvox Studios
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album53

Tracklist

1. SCG7: Arm Your Doors and Cross Check 01:36
2. Scare Force One 04:58
3. How to Slice a Whore 02:48
4. Hell Sent in the Clowns 04:20
5. House of Ghosts 04:12
6. Monster Is My Name 03:35
7. Cadaver Lover 03:51
8. Amen's Lament to Ra II 01:11
9. Nailed by the Hammer of Frankenstein 03:20
10. The United Rocking Dead 05:46
11. She's a Demon 05:37
12. Hella's Kitchen 01:10
13. Sir, Mr. Presideath, Sir 05:45
Bonustrack (Japanese Release)
14. I'm So Excited (Pointer Sisters Cover) 04:20
Total playing time 52:30

Chronique @ Eternalis

23 Septembre 2014

Un petit joyau de hard mélodique racé [...] un album fort et archétypal, propre à devenir un classique [...]

Le chemin qu’on leur annonçait était idyllique mais la route fut longue et semée d’embuches.
Rappelons-nous le soir où passent sur les écrans de télévision de l’Europe entière les « monstres du Zoo de Vincennes » dixit un cher commentateur national. "Hard Rock Hallelujah" devient un standard planétaire, la carrière de Lordi, déjà lancée en Scandinavie, explose littéralement après une victoire inespérée et symbolique à l’Eurovision.

Les cinq musiciens, grimés et déguisés en monstres depuis le début de leur carrière, vivent un véritable bond en avant, remplissent des salles plus grandes et "The Arockalypse" (probablement leur meilleur album au demeurant) rencontre un énorme succès. Mais ce post-succès n’est pas aussi simple à gérer que prévu pour la troupe du vocaliste Mr Lordi, maquilleur professionnel et compositeur de son état. Les changements de line-up se multiplient, les albums suivants déçoivent (un "Deadache" incomplet puis un "Babez for Breakfast" boursouflé et fatigué) et on en vient à se demander si Lordi existera dès lors autrement que par ses costumes, sa scénographie de plus en plus dantesque et son gout du spectacle. "To Beast or Not to Beast" avait, au contraire, rassuré sur les velléités musicales du combo il y a juste plus d’un an et personne ne s’attendait à ce que Lordi revienne aussi vite, surtout pas avec un disque de l’acabit de "Scare Force One".

Effectivement, le tour de force que vient de réussir Lordi est d’avoir réussi à retrouver l’impact et la qualité d’un "Get Heavy" essentiel mais surtout une agressivité nouvelle, une puissance salvatrice et une niaque que l’on ne pensait jamais entendre de la part des finlandais. Car lorsque le titre éponyme résonne, c’est une véritable claque au travers du visage que nous collent les monstres. Un riff puissant et épais, un premier cri presque extrême, une production en béton armé, un côté rocailleux et rude que nous n’avions probablement jamais entendu chez eux mais toujours une dimension mélodique bien présente, notamment dans un refrain hymnique qui semble déjà prêt à faire frissonner les stades. On se délecte avec plaisir de cette double pédale surplombée de claviers théâtraux (comme quoi les nouveaux sont désormais bien établis).
Les monstres enchainent ensuite les perles comme rarement, à commencer "Hell Sent in the Clowns" bien plus old school et rappelant "The Monsterican Dream" dans sa construction et sa vision très cinématographique (un clip pourrait bien arriver rapidement). Les arrangements sont nombreux mais encore une fois, c’est Lordi qui surprend par son aptitude à supporter de fortes lignes vocales, à la fois mélodique mais puissantes, tout en intégrant une certaine beauté digne d’une nature morte. Quant à "House of Ghosts" qui suit, elle est simplement la suite logique de la sublime "It Snows in Hell" qui trouve enfin un successeur dans le genre à ajouter sur les setlists des finlandais. Power ballade de toute beauté, le pré-refrain et le refrain sont de petites pépites qui vous hantent toute la journée une fois franchi votre cerveau.

Là où Lordi a parfois péché dans une certaine redondance (inhérente au style, soyons clairs) mais surtout dans un remplissage avisé sur certains disques, "Scare Force One" ne possède presque que des tubes en puissance, impeccablement interprétés et, comme dit précédemment, transfigurés par une production aux petits oignons. On se repaît d’un "Cadaver Lover" au riff lourd et gras, irrésistible dans son refrain scandé qui, une fois de plus, va probablement essoufflé quelques poumons lors des prochaines tournées (le choix va être cornélien pour les titres à choisir). Le titre est en plus mis sur orbite par un énorme pont ultra groovy et irrésistible symbole d’un album où toutes les tentatives sont réussies. Il y a également ce terrible "Nailed by the Hammer of Frankenstein" (charmant non ?) à la mélodie vocale imparable et aux claviers plus modernes qui décuplent la puissance du riff d’Amen. Et une fois de plus, le refrain est une véritable torpille (ou un clou, au choix) qui s’enfonce dans le crane sans en sortir. Lordi, une fois de plus, impressionne sur le break dans l’agressivité de son chant et l’intentionnalité de sa performance, littéralement survolté et possédé, concerné comme jamais.
"The United Rocking Dead" parvient, de son côté, à créer une ambiance plus sombre et oppressante, plus proche de ce que propose habituellement Rob Zombie.

Lordi, avec "Scare Force One", s’offre un véritable bain de jouvence, d’autant plus salvateur que les fans n’attendaient probablement pas un nouvel album si tôt (encore plus de ce niveau) et qu’il vient confirmer toutes les bonnes intentions que nous avions déjà aperçu avec "To Beast or Not to Beast". Un petit joyau de hard mélodique racé, jouant des clichés pour façonner un album fort et archétypal, propre à devenir un classique de la discographie du groupe. Une réussite totale.

14 Commentaires

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Bifidus - 25 Septembre 2014: Je n'attends plus rien de Lordi depuis Deadache qui pour moi était le dernier bon effort du groupe (qu'est ce que je me suis ennuyé sur Babez for Breakfast et TBONTB...), mais ta chronique me redonne un peu espoir, j'y jetterai une oreille attentive :)
AlonewithL - 26 Septembre 2014: Salut! J'ai préparé mon texte à Angoulême sans savoir que tu le sortirais également. J'ai prévu la même note.
Ebrithil - 06 Décembre 2014: ENORME album. Pour le moment, probablement dans mon top cinq de l'année... top 5 qui ne sera composé quasi entièrement que d'artistes que je n'attendais pas à ce niveau! (à l'inverse ceux que j'attendais m'ont tout simplement tous déçus)
Splatcher - 01 Septembre 2015: Je pense que la note pour cet album est trop élevée, bien qu'avec ce dernier album, Lordi montre qu'il a encore un peu de créativité. "Scare Force One" et "House of Ghost" sont vraiment les deux morceaux de l'album à retenir. Le reste étant sympathique mais sans être extraordinaire. On reconnait toujours le style de Lordi mais on voit que le groupe a évolué musicalement depuis "To Beast Or Not To Beast" : le son est plus direct, plus "heavy" et on s'éloigne un peu du "hard fm" que le groupe avait l'habitude de nous livrer.
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Chronique @ AlonewithL

26 Septembre 2014

vous serez D.E.A.D.

« …Air Force One vient d’atterrir. Il arrivera bientôt au niveau du tapis rouge et de la foule venue recevoir le premier citoyen des Etats-Unis. Le président de la République et le premier ministre se tiennent droits, résolus. On sent que l’échange va être dur. Chacun défendra les intérêts de sa nation respective, point par point. Ce sera sans doute une nouvelle étape résultant des graves tensions économiques entre les deux pays ces derniers temps… ». « L’avion est arrivé sur le tarmac depuis quelques minutes déjà.et la porte n’est toujours pas ouverte. On sent le comité d’accueil quelque peu crispé. Le président américain se fait attendre. S’agit-il d’une manœuvre délibérée. Dans quel cas, on devine qu’il sera diversement apprécié… ». « Enfin, la porte s’ouvre…. !?....Mais, ce sont des monstres…. ».

Les monstres en question ne sont pas ricains, mais originaires de Finlande. Ils continuent d’effrayer la planète et de propager leur hard rock des cimetières. Après un « To Beast or Not to Beast » diversement accueilli faisant état d’un rythme de croisière pour « Lordi », ceux-ci veulent rompre la routine des derniers albums et commettre un acte meurtrier, un de ceux qui frappent durablement les âmes et consciences. Le ton s’est durci. Mr Lordi ne veut plus de compromis. On y vire une partie du superflu sans faire tomber les masques. Ils ont pensé que le sixième album ferait un véritable malheur. Cela dit, les véritables malédictions ont souvent à voir avec le chiffre « sept ». Après le coup que vous portera « Scare Force One », vous serez « D.E.A.D ».

Avec « Lordi » on a souvent droit à des introductions originales, bizarres. « SCG7 : Arm Your Doors and Cross Check » nous révèle quelque chose d’un peu plus inhabituel chez eux. Cela semble être la piste apocalyptique de coutume, avec bruits d’explosions, sirènes et tout le toutime. Néanmoins des chants spirituels féminins et masculins vont rendre l’instant pleinement contemplatif. Ce serait presque comme écouter du « Era » si on s’en tient aux lignes vocales. Sur la fin, la tension augmente pour lancer un titre éponyme détonnant. L’entame de ce dernier impose des riffs musclés, dans une substance heavy metal. Le tout n’est adouci que par l’intervention des claviers et du chant tout juste fredonné sur les couplets. Il prendra de la vigueur sur le pré-refrain et le refrain. L’inconditionnel de « Lordi » percevra à travers ce titre un durcissement des riffs de guitare, une musique plus épurée aussi. Le groupe était marquant justement pour en faire des couches, rendant la plupart de ses compositions kitchs. N’allez pas croire que « Lordi » est en train de se renier. Il n’y a aucun bouleversement concret sur ce disque, mais force d’admettre que les chansons ont pris du percutant.

Ce gain en impact, en force de percussion, se retrouve principalement sur le décapant « How to Slice a Whore » et sur « Nailed by the Hammer of Frankenstein ». Le premier des deux offre beaucoup de répondant, de fougue et d’enthousiasme. Son refrain s’inscrit dans les plus puissants et les plus attachants qu’ai eu à élaborer les finlandais. « Nailed by the Hammer of Frankenstein » caractérise sa force par son riffing heavy metal et son rythme plutôt soutenu, bien que cela s’accompagne d’airs réjouis en provenance des claviers et des chœurs kitchesques, durant le refrain. Ce morceau nous laisse toutefois dans l’expectative. Nous prenons notre pied pourtant, mais la musique parait un peu trop hâtive, demande à l’auditeur un certain effort pour la suivre. « Monster Is My Name » se singularise par un son particulièrement brut, groovy même sur ses parties couplets, se démarquant d’ailleurs assez radicalement du refrain totalement relâché et facétieux. Le break avant le dernier tiers de la piste intègre des airs enfantins visant à créer une forme d’élan pour relancer la machine.

« Lordi » ne perd rien de ses visions terrifiques qui pourraient remonter à l’enfance. Les clowns antipathiques sont ainsi de la partie sur « Hell Sent in the Clowns ». Comme il était prévisible, l’entame du morceau propose un moment délirant sous fond d’orgue de barbarie. Il est à noter que certaines entames des différents morceaux s’appuient sur des mélodies étranges et intimidantes ayant pour origine les claviers de Hella. Concernant « Hell Sent in the Clowns » cela préfigure une lente et progressive montée en pression qui mène au très convivial refrain. Des enfants, désormais possédés, auraient semble-t-il été leurrés par cette apparente joie collective. On les entend effacés en break du dernier tiers piste, tout juste avant qu’Amen ne nous fasse une petite sortie gratifiante de sa guitare. Un titre vous fera bien plus frissonner, il s’agit de l’obscure et froid « The United Rocking Dead ». La première minute de l’extrait est assez inconcevable pour du « Lordi ». Grinçant, implacable, aux riffs cruels, tranchants, lourds, illustrant remarquablement le léger changement auquel on pourra s’accorder pour le cas de ce nouvel effort. « The United Rocking Dead » se conçoit comme un hymne, d’après son refrain entonné. L’approche avec l’auditeur est plus distante avec l’auditeur en dehors. Ils jouent donc sur un double tableau.

Nous décelons davantage le « Lordi » que nous avions connu dès leurs débuts avec des titres tels « House of Ghosts » ou « Cadaver Lover ». « House of Ghosts » propose un mid tempo jouant parfois sur nos frayeurs. Les claviers y jouent les perturbateurs hantés, mais sa musique adopte sans la moindre faille les codes de hard rock à tendance mélodique adoptés par la formation depuis près d’une dizaine d’années, avec la candeur habituelle au passage du refrain. « Cadaver Lover » va, en comparaison, beaucoup plus loin, réalise un pur moment de liesse, que ce soit lors de son refrain tendance et hyper-entêtant, ou lors de ses couplets créant une poussée à la verticale où le refrain est véritablement le point de mire et la plus haute attitude. On y décèle des éléments prodigieux comme ce piano-bar fantomatique ou le riffing motorisé d’Amen, titillant avec le heavy metal. Ce dernier réalise une prestation plus posée et reposante sur son « Amen’s Lament to Ra II ». L’épreuve, bien qu’élégante, ne laisse que peu de trace et s’avère trop brève pour être retenue. On peut y voir un aparté instrumental de la même teneur et tout aussi bref, que l’« Amen’s Lament to Ra » premier du nom, issu de « Babez for Breakfast ».

« Scare Force One » a bonne chance de traîner de par chez vous. Scrutez le ciel, les monstres sont parmi nous. Ce nouvel opus n’est pas pour ainsi dire un énième « Lordi ». C’est vrai que l’on pourrait déplorer une forme de routine, bien que le volume « Babez for Breakfast » ait tenté de créer une coupure par sa nostalgie affichée au heavy metal et au hard rock des années 80. « Scare Force One » n’est pas un engin pour simples voyageurs. Il s’y passe des choses vraiment étranges à l’intérieur. Tout juste un an après « To Beast or Not to Beast », “Lordi” s’est decidé à prendre de la hauteur, en virant un peu de sa cargaison. Si vous trouvez quelque part le corps écrasé du président des Etats-Unis et ceux de ses gardes du corps, composez le numéro vert qui s’inscrit sur votre écran.

16/20

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