Sexorcism

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Nom du groupe Lordi
Nom de l'album Sexorcism
Type Album
Date de parution 25 Mai 2018
Labels AFM Records
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album18

Tracklist

1.
 Sexorcism
 06:52
2.
 Your Tongue's Got the Cat
 04:45
3.
 Romeo Ate Juliet
 04:21
4.
 Naked In My Cellar
 04:45
5.
 The Beast Is Yet to Cum
 04:50
6.
 Polterchrist
 05:23
7.
 SCG9: The Documented Phenomenon
 01:14
8.
 Slashion Model Girls
 05:25
9.
 Rimskin Assassin
 04:50
10.
 Hell Has Room
 05:04
11.
 Hot & Satanned
 04:33
12.
 Sodomesticated Animal
 04:23
13.
 Haunting Season
 06:15

Durée totale : 01:02:40


Chronique @ Eternalis

10 Juin 2018

Tout s’enchaine. Facilement. Lisiblement. Evidemment. Trop. Vraiment Trop.

A la sortie de "Monstereophonic (Theaterror vs. Demonarchy)", un certain nombre d’observateurs avaient été surpris du tournant pris par Lordi, annonçant sortir un disque sans pression, sans craindre les critiques des fans qui ne comprendraient pas forcément la démarche. Effectivement, sans dire que le revirement était total, l’opus se divisait en deux parties bien distinctes, une première déjà assez costaud et énergique mais surtout une seconde frisant bien souvent le pur heavy metal, voir le thrash pour dévoiler un visage plus agressif et résolument moderne, loin du hard des familles des monstres finlandais. Mr Lordi avait avoué que, par peur de perdre des fans, il cachait en lui cette envie depuis des années mais que le succès de "Scare Force One", déjà bien plus virulent que les précédents, l’avait conforté de passer le pas. Surprenant mais réussi pour un groupe qui a fait un long chemin depuis "Hard Rock Hallelujah".

Avant même de jeter une oreille sur dixième (!) opus, le titre choisi ainsi que la tracklist donne le ton. "Sexorcism" pour le nom, et des titres aussi évocateurs que "Naked in my Cellar", "Hot & Satanned", "Sodomesticated Animal", le jeu de mot "Your Tongue’s Got the Cat", le clin d’œil à Scorpions avec "The Beast is yet to Cum" (charmante déclinaison de "The Best is yet to Come"), la référence "Romeo at Juliet" ou encore "Polterchrist", les finlandais semblent avoir des choses à dire et avoir voulu jouer avec les mots encore plus qu’à l’accoutumé. De la bidoche, de l’horreur et du sexe sous toutes ses formes, même les plus cradingues semblent être au rendez-vous. Plus choquant et encore plus évocateur que "Hug you Hardcore" ? Etrangement non…je dirais même que cette évidente provocation s’apaise énormement avec l’arrivée de la musique, bien plus sage que les mots ne le laissent sous-entendre.

Lordi revient à une formule musicale plus traditionnelle, c’est évident. Un hard rock typé 80s, parfois sensiblement moderne mais toujours ancré dans un certain classicisme, en abandonnant les évasions metal de l’album précédent. "Sexorcism" ouvre le bal, contant l’histoire malheureuse d’une femme possédée par Lordi, obligeant un prêtre à la violer pour l’exorciser. Sauf que notre monstre chanteur et le dit-prêtre sont de mèches ! Les enflures ! La musique est un riff puissant, le chant inimitable de Lordi, un mid tempo relativement simple à retenir et une formule déjà testée de nombreuses fois et ayant fait ses preuves. La partie soliste, très mélodique, prend réellement son temps car le titre avoisine les sept minutes, fait rare pour un titre d’ouverture chez eux ! "Your Tongue’s Got the Cat", premier single, est lui un futur hit à la "Chainsaw Buffet", notamment dans les sonorités de claviers. Le chant de Lordi se fait plus mélodique, les guitares sont absentes des couplets pour mieux faire parler la poudre sur un refrain sous forme d’hymne, martelé par des claviers modernes de notre chère Hella. Puis tout s’enchaine. Facilement. Lisiblement. Evidemment. Trop. Vraiment Trop.

Là où Lordi avait, malgré que certains pensent le contraire, surpris sur ses albums depuis l’excellent "Beast or not to Beast", il n’en est presque rien ici. A aucun moment l’album ne surprend, ne titille, n’hérisse le poil autrement que par ses titres et ses textes qui, s’ils ne sont pas subtils, font forcément sourire par leurs multiples références. "Naked in my Cellar" est évident et le vocodeur sur la voix de Lordi n’est pas du meilleur effet, "Rimskin Assassin" dispose d’un refrain répétitif et ennuyeux malgré un riff de Amen plus véloce que les autres, tandis que le fameux "The Beast is yet to Cum" tombe à l’eau à cause de vocaux très aigus ne collant pas forcément avec les orgues Hammond du morceau. Même le break, clairement taillé pour le live avec ses blancs, n’arrive pas à convaincre (du moins dans sa version studio).
"Sodomesticated Animal", malgré son titre, ne fait pas vraiment mal. Une intro à la batterie de Mana, là aussi qui pourrait faire son effet en live, des cris d’animaux et un riff très FM, pour un refrain qui ne l’est pas moins. C’est très sympa mais c’est vrai que Lordi nous avait habitué à des titres plus inspirés et plus frais depuis trois albums. Le constat est exactement le même avec "Polterchrist", possédant (ahah) un meilleur refrain mais dont les couplets sont plus que quelconques.

Heureusement, certains titres redonnent le sourire, comme le plus lourd "Romeo at Juliet" qui aurait pu avoir sa place dans la seconde moitié de "Monstereophonic". Un riff heavy et saturé, un refrain moins assimilable mais efficace et des sonorités plus originales et ancrés dans notre époque aux claviers. Le documentaire de cet opus (neuvième épisode des fameux "SCG") est fameux puisqu’il relate une conversation avec un démon et son exorciseur pour servir de passerelle au surprenant "Slashion Model Girls". En voilà un titre FM inspiré, mélodique, aux nappes de claviers envoutantes comme on aurait aimé en entendre bien plus sur ce "Sexorcism". Il y a ici tout ce que l’on pourrait souhaiter du groupe mais que nous n’entendrons que trop peu. "Haunting Season" ne parvient pas vraiment à terminer l’album avec un entrain débordant, comme un pilotage automatique que les finlandais n’auront quasiment jamais désactivé de tout l’album.

C’est donc, avec une évidente déception, que "Sexorcism" se clôt. Certains diront qu’il n’est pas moins bon qu’un autre album de Lordi. C’est fondamentalement vrai mais ce sont probablement les mêmes qui ne voyaient pas en "Scare Force One" ou "Monstereophonic" des opus vraiment différents et plus matures. Ce sont les mêmes qui pensent qu’un album de hard rock n’est toujours que la copie d’un autre album de hard rock. Lordi, après de décevants "Deadache" et "Babez for Breakfast", était revenu en force depuis quelques albums. Celui marque un certain arrêt mais certains titres trouveront forcément leur place dans une setlist pour faire des prochains concerts de bons moments festifs en compagnie de nos monstres favoris.

3 Commentaires

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PhuckingPhiphi - 11 Juin 2018:

J'avais bien accroché au délire gloumoutes-latex de Lordi lorsque je les avais découverts, comme la plupart, suite à leur prestation au concours de l'Eurovision de 2006. À l'époque, les finlandais enchaînaient les tubes comme des perles sur un collier avec leur Heavy-Hard-Rock à la sauce synthés 80's et, même si l'originalité tenait plus au look qu'à la musique, l'ensemble faisait mouche et filait le sourire.

Hélas, depuis cette époque, Lordi aligne les albums en déclinant ad nauseam la même formule, et souvent avec une inspiration qui semble se tarir un peu plus à chaque disque. Les chansons véritablement catchy se font rares et, à part un ou deux titres par album, je peine pour ma part à y trouver mon compte à présent. Même "Monstereophonic", pourtant bien accueilli il y a deux ans, m'a vite saoulé passé les 3-4 premiers titres avec ses formules trop répétitives et ses refrains pas vraiment emballants.

Ce nouvel album semblant ne pas faire exception, je crois que je vais passer mon tour cette fois-ci… Dommage, la pochette est cool.

Merci pour la kro ! :)

David_Bordg - 11 Juin 2018:

pas du tout d'accord cet SEXORCISM est carrément génial!

Siracide - 14 Juin 2018:

Au risque d'être loin de la rigueur requise pour les commentaires d'albums, il me semble que, même si Deadache est en rupture avec Arockalypse qui le précède, la monstruosité est plus intériosée et le cauchemard prend une tournure plus psychologique. Si avec Arockalypse on s'en prend plein la gueule, avec Deadache on s'en prend plein la tête, comme le titre l'indique par le jeu de mot dead-headache. Le travail autour des intrigues dévoilées par les paroles attise la curiosité et fait entrer certains auditeurs dans cette ambiance d'incertitude et de distance avec le monde apparent. En somme, il reste dans l'esprit de Lordi et entre en résonnance avec les autres monstres qui l'écoutent. Décevant si on est pas dans le trip, convaincant si on intériorise le sens profond de Lordi.

De même pour Babez, qui marque à lui seul un tournant décisif du groupe où le gore apparaît dès la pochette de l'album.Les paroles sont plus audacieuses, les sons électros entrent à ce moment-là dans les albums de Lordi et l'instru est plus travaillée qu'il n'y paraît au premier abord. Trop facile de s'en tenir au solo de "This is heavy metal" qui rappelle que ce groupe n'est pas un groupe de hard rock comme les autres car son esprit et ses instrus sont trop sombres pour le sortir de la catégorie metal. Lordi n'est pas un groupe de hard rock en soi, l'amalgame est fait parce que les membres sont inspirés de groupe de hard rock et se sont distingués par leur titre "Hard Rock Hallelujah" lors de l'eurovision 2006. Pour en revenir à Babez, on ne saurait faire l'impasse sur un seul titre, et je ne parle pas de l'éclatant "Give your life for Rock'n'Roll" qui s'apparente plus à une transe musicale conclue par un gospel original et surprenant qu'à une faiblesse de Lordi.

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