Rubicon

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15/20
Nom du groupe Tristania
Nom de l'album Rubicon
Type Album
Date de parution 25 Août 2010
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album115

Tracklist

1. Year of the Rat 04:35
2. Protection 04:15
3. Patriot Games 03:27
4. The Passing 04:48
5. Exile 04:26
6. Sirens 04:27
7. The Emerald Piper (Bonustrack) 03:09
8. Vulture 03:43
9. Amnesia 04:54
10. Magical Fix 04:20
11. Illumination 08:13
12. Caprice 03:38
Total playing time 50:17

Chronique @ AmonAbbath

30 Août 2010
Pas loin de treize années d’activité au compteur… Désormais six albums dont certains servant encore aujourd’hui de repères dans le milieu du Metal à tendance gothique. Des changements de direction, des succès comme des sorties décevantes… Et, sur ce tortueux chemin, la perte de véritables piliers… On ne les compte plus, entre tout d’abord le départ du jusque là principal maître à penser Morten Veland (parti fonder Sirenia en 1999), et plus récemment (après la sortie d’ « Illumination ») de la chanteuse Vibeke Stene à la voix si caractéristique qui représentait une grande part de l’identité du groupe, et que les fans assidus ne sont pas près d’oublier, ne laissant à la petite nouvelle, Mariangela Demurtas, aucun droit à l’erreur. On notera aussi le départ d’un autre pilier, Kenneth Olsson, batteur du groupe depuis les débuts, parti, lui, cette année (et remplacé par un Tarald Lie Jr. présentant sensiblement la même frappe). Bref, prenant encore en compte d’autres départs et arrivées intempestifs (le groupe se permet cette année une seconde présence féminine en la personne de Gyri, officiant à la guitare), il ne fallait pas s’étonner de voir l’identité de Tristania en pâtir.

En pâtir… Si Ashes avait relevé le niveau après un World of Glass ambitieux mais en demi-teinte, Illumination avait permis à beaucoup d’enterrer la formation - qui avait au passage perdu toutes ses qualités - une bonne fois pour toutes, l’album reniant toute trace des origines et étant comme je l’ai dit suivi du départ de Vibeke. Et pourtant, petit à petit, laissant certains incrédules, un nom a commencé à résonner… Mariangela Demurtas… Succéder à la voix glaciale et fantomatique de miss Stene n’est pas une mince affaire, relever une formation comme Tristania non plus, lui redonner son intérêt dans le cœur des fans après tant de déboires est carrément « Mission : Impossible ». Voyons quels termes du contrat le groupe a pu remplir après la signature de ce dernier (en parlant de signature, c’est chez Napalm Records que paraît « Rubicon », le groupe ayant quitté SPV)…

Ce sont deux morceaux renvoyant directement à « Ashes » qui ouvrent ce cru 2010. Ce constat transparaît dans l’utilisation d’une guitare sèche lors des couplets ou en appui de certains riffs, et est encore plus clair à l’écoute d’un « Protection » dans la droite lignée d’ « Equilibrium » sur « Ashes ». Plus catchy, « Year of the Rat » n’en reste pas moins un morceau d’ouverture inférieur à l’excellent « Libre » de 2005 ou même à « Mercyside », premier morceau d’ « Illumination » et le seul qui soit excellent sur ce disque. Deux morceaux juste potables, on ne peut pas dire que le groupe fait son retour en grande pompe, mais on pourra tout de même se réjouir lors de l’apparition du chant growlé sur le break de « Protection », pas forcément utile à ce moment, mais qui rassure : Tristania n’a pas fait l’erreur de laisser tomber cet élément puissant de leur musique, présent depuis les débuts (et quasiment oublié sur « Illumination » malgré quelques relents).

L’un des défauts de « Rubicon », c’est qu’il y a encore trop de morceaux lancinants où le temps passe deux fois plus lentement. Si l’on est en droit de sauver « Exile » et « Sirens » grâce à des riffs plus convaincants et une basse mise en valeur (merci maître Waldemar Sorychta au mixage…) pour la première, et de beaux duos aux voix claires masculine et féminine (malgré un break bâclé) pour la seconde, « The Passing » risque d’être bien vite jetée aux ordures tant le groupe se meut sur des sentiers que l’auditeur connaît trop bien (à noter tout de même un solo de violon court mais superbe de Pete Johansen, qui garantit un passage plaisant à chaque incursion de cet instrument sur le disque).

Le constat n’est pas bien reluisant jusqu’ici, je vous l’accorde… Et autant ne pas vous mentir : le Tristania de la grande époque est mort. Mais ça n’empêche pas la formation de garder du bon sous le coude…
« Vulture » met en place une atmosphère intéressante grâce à des sonorités originales lors des couplets. Le morceau jouit également enfin d’un refrain spécial, difficile à appréhender à la première écoute et qui en plus évolue, étant à la seconde reprise additionné à du chant growlé, puis lors du final à des sons étranges. Le groupe prouve aussi avec « Amnesia » qu’il est toujours capable de se montrer touchant, bien plus d’ailleurs que sur la plupart des morceaux du ratage de 2007. Il s’agit encore d’ une balade, hélas pour le rythme. Tristania n’a jamais été un champion de la cavalcade, mais les morceaux avaient le mérite de varier les plaisirs, de changer de rythme et d’ambiance, et c’est bien ce qui manque ici. Toutefois, « Amnesia » se révélera vraiment magnifique et emportera enfin l’auditeur comme par le passé avec ses orchestrations et sa montée en force et en émotion. Une preuve que le groupe peut encore arracher une larme aux plus sensibles avec des pièces de toute beauté. Un grand « oui » pour ces deux excellents morceaux qui ont des secrets à livrer en plusieurs écoutes.

D’autres grands moments du disque - mais plus directs - avec, sans aucun doute, « Patriot Act » et « Magical Fix ».
« Patriot Act », tout en tempo éveillé et riff intéressant, livrera un couplet sombre (avec une intervention comme souvent sur « Rubicon » bien sentie de la voix claire masculine) qui mène à un refrain où le groupe se laisse aller à un peu de folie (enfin !). Break en deux parties (l’une planante avec un violon aux airs mystérieux, l’autre plus puissante), pont agressif, son de grosse caisse rentre-dedans… Sans parler du final où Mariangela sort un peu du registre propre à Vibeke (où elle se débrouille à merveille) pour révéler un peu de ses propres capacités (on sent un petit côté plus Pop, mais surtout plus de feeling, j’ai l’intime conviction que la dame a largement de quoi nous surprendre à l’avenir).
« Magical Fix », fournira, elle, une intro un peu grandiloquente, comme si quelque chose d’inattendu allait se passer. Sans aller si loin, on peut en effet profiter d’une chanson dans la lignée de « Patriot Games » avec un refrain laissant à nouveau filtrer un peu de folie (pour du Tristania). Il manquerait peut-être un petit pont, une montée en puissance entre couplet et refrain pour peaufiner le tout, mais ne cherchons pas la petite bête, surtout que cette fois on a droit au déchaînement comme on l’aime lors du break avec growl, riffs agressifs et double-pédalier à l’avant plan. Ca défoule un peu même si le passage ne traîne pas en longueur.

On pourra d’ailleurs dès lors mettre le doigt sur un autre défaut du disque : le formatage au niveau du timing des morceaux qui n’atteignent jamais les cinq minutes (même si certains s’en rapprochent avec peine).

Attendez… Mais si ! Que dis-je, le morceau final dépasse même les huit minutes ! Comment ai-je pu l’omettre… Ah, je sais : il est nul. Mais vraiment. Nul. Dans leur grande logique, les Norvégiens décident de terminer leur disque sur une piste de huit minutes et treize secondes (alors que c’est la chanson pour laquelle ils avaient manifestement le moins de matière). Lente et pas très intéressante tant au niveau des lignes vocales qu’au niveau instrumental. Un choix incompréhensible qui entame grandement le bon déroulement du cd et l’avis général qui peut s’en dégager. Certainement l’une des pièces (si pas LA pièce), n’ayons pas peur des mots, les plus chiantes du groupe. Rien ne s’est passé, rien à retenir, rien. Le grand néant. Et un final gâché. Pas étonnant qu’ils aient appelé ce truc « Illumination »…

En parallèle, je peine aussi à comprendre ce procédé dont le groupe fait usage également sur « Illumination » (l’album) et qui consiste à mettre en bonus sur l’édition digipak un morceau de qualité comme « The Emerald Piper », au couplet entraînant en duo basse/voix sur fond de batterie. Ajoutez en plus un break qui permettrait un petit headbang… L’erreur de privilégier l’accessibilité à l’efficacité est commise, et un atout est laissé de côté alors qu’il aurait bien mérité sa place sur l’édition simple.
Un petit mot concernant l'artwork épuré qui ne dégage rien (ce qui ne l'empêche pas de paraître moins moche à mes yeux que le précédent).

Que dire… Beaucoup d’erreurs… Mais aussi un nouveau départ. Tristania se reconstruit, doit une nouvelle fois poser les bases d’un avenir différent avec une alchimie nouvelle due aux changements de line-up. Certains morceaux dont je vous ai parlé valent vraiment le coup, sauvent à n’en pas douter le groupe du naufrage, d’autres sont à oublier. Je suis navré de devoir vous dire qu’il faudra encore attendre, espérer un peu, car c’est sur le prochain album qu’on saura si le groupe a donné avec « Rubicon » son courageux dernier souffle ou si 2010 n’a fait qu’entrevoir les prémices d’un bel avenir… affaire à suivre.
Tenant compte de la qualité de certaines sorties du groupe, les erreurs et le manque d’originalité auront tout de même la peau du 14/20 (eh oui, 7/10, c’est énorme ne l’oublions pas).

13/20, disque sympa.

26 Commentaires

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romriv - 05 Septembre 2010: L'album est sympathique, mais je le trouve très passe-partout. Je n'y retrouve que très peu la personnalité de Tristania, et ça me chagrine un peu...

Mais bon, c'est un album de transition, il s'adaptent au style de Mariangela donc ils préfèrent ne pas trop prendre de risques, ça se comprend. J'espère tout simplement que le prochain sera plus personnel.
Vrael - 06 Septembre 2010: 100% d'accord avec toi Amon. Ca me débèquete qu'ils continuent d'utiliser le nom de "Tristania" alors qu'il ne reste rien, mais rien, qui faisait le charme de cette enseigne. Ca se voit déjà à la pochette ! Juste une photo de la chanteuse. Purée on pourrait écrire "Hélène Segara" à la place ! Preuve qu'ils ne sont plus maintenant qu'un groupe à chanteuse comme un autre. A mon humble avis, je n'écouterai même pas leurs prochaines sorties, celle-là y compris.
AmonAbbath - 06 Septembre 2010: J'ai aimé les débuts sans devenir un grand fan du groupe, donc je peux écouter et apprécier les meilleurs plages de ce nouveau cru sans problème. Par contre je comprends parfaitement qu'on puisse en vouloir au groupe de se chercher à ce point, de faire des erreurs impardonnables.

Dans tous les cas, si ce disque peut se révéler assez sympathique, un cd de Tristania mériterait un qualificatif bien plus reluisant que ça.
Alexis - 29 Juillet 2012: Tiens, je viens juste de voir cette chronique, fort bien écrite par ailleurs.

Bon, j'avoue que l'album m'a paru sympathique au départ, puis au fil du temps m'a lassé un peu, dommage. Mais il y a un certain potentiel là-dedans, le groupe se cherche, et j'ose espérer que le prochain sera meilleur.

Par contre scéniquement, j'ai vu le groupe 2 fois l'an passé et j'ai pris 2 grosses claques. Mariangela est une excellente chanteuse en live, versatile, puissante, et dont la voix colle très bien même aux vieux titres (si si, sur "Tender Trip on Earth" ou "Angellore" par exemple elle excellait littéralement !).

A voir pour la suite donc !
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