Resist

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Nom du groupe Within Temptation
Nom de l'album Resist
Type Album
Date de parution 01 Fevrier 2019
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album33

Tracklist

1.
 The Reckoning (ft. Jacoby Shaddix)
 04:11
2.
 Endless War
 04:09
3.
 Raise Your Banner (ft. Anders Fridén)
 05:34
4.
 Supernova
 05:35
5.
 Holy Ground
 04:10
6.
 In Vain
 04:25
7.
 Firelight (ft. Jasper Steverlinck)
 04:47
8.
 Mad World
 04:57
9.
 Mercy Mirror
 03:49
10.
 Trophy Hunter
 05:51

Durée totale : 47:28


Chronique @ Eternalis

07 Fevrier 2019

"Resist" est un pur opus de Within Temptation [...]. Une certaine idée de l'évolution ...

« Le préjugé est l’enfant de l’ignorance »
William Hazlitt

Les étiquettes et les préjugés ont la vie dure. Certains groupes, sans qu’il y ait forcément de raison valable, ont une appellation erronée ou des idées reçues qui leur colle à la peau. C’est le cas de Within Temptation.
Pionnier du metal symphonique à la fin des années 90 avec Nightwish, souvent qualifié de metal trop soft et de trop mettre en avant sa sublime chanteuse Sharon Den Adel, les hollandais conservent cette idée d’un groupe qui ferait constamment le même album sans se répéter et devenant de plus en plus sucré avec le temps (alors que, mis à part "Enter", ce n’est ni "Mother Earth" ni "The Silent Force" qui étaient bien virulents). Et pourtant ... depuis "The Heart of Everything", quatrième opus sorti en 2007 et dernier à être vraiment dans ce moule « pur sympho », beaucoup de choses ont changé. Le retrait progressif de Robert Westerholt, homme de l’ombre, compositeur et producteur mais ne jouant plus et ne participant plus aux lives, a probablement joué dans la manière de vivre sa musique. L’homme souhaite désormais expérimenter et prend le temps de tenter beaucoup de choses, lui qui reste le capitaine d’un navire qui était psychologiquement à la dérive après la tournée épuisante d’"Hydra", laissant un groupe sur le carreau et des membres qui n’avaient plus le gout de vivre et jouer ensemble (le projet My Indigo de Sharon découle de cet état d’esprit).

"Resist" est la réponse à cette lassitude, voir ce dégout qu’on pu avoir certain (notamment Sharon) d’un groupe qui occupait une trop grande place dans leur vie et devenait étouffant. Une fois de plus, et malgré les préjugés, "Resist" surprend une fois de plus. Comme "The Unforgiving" en son temps, plus rock et aux structures directes ou "Hydra", retour à une musique plus tranchante, metallique et créative. En revanche, il est assez incompréhensible de lire ici et là que le groupe ne fait plus rien de metal, que l’opus est complètement pop et électronique car le groupe était lassé de leur son...car ce n’est absolument pas le cas. Plus moderne oui, mais plutôt avec des influences à aller chercher dans le djent de Periphery ou Textures plutôt que dans la pop édulcorée évoquée ici et là sur le net (le communiqué de presse du groupe n’a pas aidé non plus sur ce coup là). La différence principale se situe dans les structures. "Resist" revient à des compositions centrées autour du chant là où "Hydra" se concentrait sur les riffs et les guitares. Les claviers sont très en avant, qu’ils soient cybernétiques, technoïdes ou symphoniques car ce qui est certain, c’est que la patte de Within Temptation se reconnait entre mille, que ce soit dans la façon d’agencer les chœurs, les arrangements et surtout la voix toujours aussi unique de Sharon. "Resist" est un pur opus de Within Temptation et se veut bien moins différent qu’on veut bien le dire. Les ingrédients sont les mêmes mais la recette change...une belle définition de l’évolution pour les bataves.

Une évolution qui surprend dès l’entame lourde, suffocante presque, de "The Reckoning". La voix de Jacoby Shaddix (Papa Roach) donne une etonnante noirceur dès l’entame, où Sharon semble autant songeuse que désespérée. Le refrain, immédiat et groovy, voit surtout se greffer des riffs monolithiques à la huit-cordes bien loin des mélodies plus propres ou ciselées du passé. Ruud Jolie l’avait notamment expliqué que l’instrument offrait plus de possibilité d’un point de vue sonore et qu’il permettait d’explorer de nouveaux horizons. Quelques effets électroniques hérités de la dubstep ponctue ce très efficace premier titre qui, s’il n’est pas typique, n’en reste pas moins marqué du sceau du groupe, que ce soit dans son break ou la voix toujours enveloppante de Sharon, tantôt puissante, tantôt éthérée. Une voix qui ouvre rapidement de façon enivrante "Endless War", où la belle se permet de nouvelles envolées dont elle a fait sa renommée. Les arrangements symphoniques sont en revanche en retrait, les guitares communiquent par nappes épaisses tandis que les claviers, par multiples couches, forment une masse sonore compacte mais d’une grande richesse. D’imposants chœurs viennent nous rappeler le passé des néerlandais en même temps que la ligne de basse ne nous convainc que le temps a changé. Est-ce un bien ou un mal ? Les gouts de chacun trancheront à cette question mais le résultat final, l’énorme travail de production ainsi que la multitude d’arrangements ne peuvent que donner raison au groupe qui prend des risques et sort de sa zone de confort.

Que ce soit avec l’imposant "Raise your Banner" accompagné par Anders Frìden (qui se fait pas chier sur le texte puisqu’il hurle « Blood for Freedom » tout le long quand il n’est pas en canon avec Sharon), très mid tempo avec un superbe travail sur les percussions et la dynamique du titre (on est loin du up tempo d’un "Dangerous" pour headbanger) ou sur le final "Trophy Hunter", carrément djent dans ses parties de guitares, mixant à merveille les riffs sous-accordés avec la voix de Sharon et un refrain finalement assez soft mais très fort en symbolique (la question de la manipulation des masses, du contrôle des médias et de l’asservissement par les systèmes informatiques est au cœur du disque), Within Tempation se permet tout. Comme d’ajouter une touche complètement electro sur "Supernova" et ses claviers technoïdes (Stratovarius a fait la même chose sur "Nemesis"), d’oublier les guitares au profit de voix ethniques et arabisantes sur "Firelight" ou de revenir à une façon de chanter quasiment urbaine (un terme que Sharon aime utiliser dans les interviews) sur "Holy Ground" (les couplets auraient presque pu accueillir un rappeur comme ce fut le cas sur "And we Run"). Quant à "Mad World", que dire si ce n’est que nous sommes face à un nouvel hymne des concerts, qui aurait pu apparaitre sur "The Unforgiving" avec son refrain entrainant, sa structure pop et ses chœurs masculins scandant le titre du morceau pour offrir une puissance supplémentaire. Tout juste pourrions-nous trouver "In Vain" et "Mercy Mirror" moins légitimes bien qu’ils s’inscrivent dans le son typique du groupe dans ce qu’il a de plus accessible et typique de ce que l’on attend d’eux.

"Resist" est un appel aux armes conceptuel mais se révèle moins différent et radical qu’il n’y parait. S’inscrivant dans la lignée de l’empire que s'est créé le groupe, il ajoute des éléments nouveaux sans pour autant totalement se dénaturer. Il expérimente des claviers plus électroniques, des guitares beaucoup plus graves et des riffs plus lourds tout en les simplifiant dans l’exécution (n’attendez pas de soli), une emphase symphonique beaucoup plus rare mais toujours présente par touche subtile, en toile de fond, sans jamais tomber dans une quelconque surenchère que les bataves veulent désormais éviter. Une certaine idée de l’évolution finalement ...

7 Commentaires

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pielafo - 10 Fevrier 2019:

Je t'ai déja dis sur Facebook ce que j'en ai pensé, et mon avis n'a pas changé d'un iota. Je le trouve vachement convenu. J'apprécie le travail énorme sur la production certes mais compositionellement parlant on est loin du niveau d'un Hydra je trouve. Il est sympa la premiere fois, mais on a jamais envie de le réécouter. Ou tres peu. Et pour un groupe de cette trempe c'est dommage. Y a un coté "musique a consommer" chez eux qui me fait franchement chier. Ils font ca depuis longtemps certes mais je trouve que ca n'a jamais été aussi marqué qu'ici. 

 
David_Bordg - 10 Fevrier 2019:

En fait pas du tout connecté avec toi PIELAFO c’est tout le contraire, je le trouve superbe et il l’est d’avantage avec le temps passant. De plus il est très différent, la prise de risque flagrante, j’ai fais aussi la chro pour heavy sound est je suis totalement en accord avec ETERNALIS.... Je recommande à tous le nouveau SOILWORK, EVERGREY, SWALLOW THE SUN, et le fantastique RIVAL SONS, que des tueries sur une année qui s’annonce être la plus grande sans doute en terme de quantité et de qualité. Cerise sur le gâteau il y aura sous peu un nouveau RAMMSTEIN et un nouveau TOOL que l’on attend tous depuis plus une décennie.... (13 ans à la sortie du nouveau en mai).

yermat - 12 Fevrier 2019:

après la 3ème écoute : très bon album avec un tendance un peu Dark

j'aime beucoup ce renouvellement et hate de les voir en concert au Hellfest cette année après le savoir vu à Paris en Novembre

 

PFloyd - 13 Fevrier 2019:

merci pour la chronique. je vais tenter une écoute sur deezer pour voir s'il mérite l'achat ou s'ils sont restés dans leur style et son "commercial-pop". mais le premier titre, que j'écoute actuellement ne m'annonce rien de bon. toujours ce son.....je ne saurais dire.....formaté commerce. dommage.

edit : 2° titre et 3° titre : idem. je n'aime decidemment plus. les guitares semblent tout droit sorti d'un sampler et non plus de l'instrument lui-même. c'est ce son que je n'aime decidemment pas.

mais je fais l'effort d'écouter quand même....mais qu'est ce que c'est dur !

mais çà peut plaire à ma femme qui aime bien l'aspect commercial que le groupe est devenu justement. lol

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