Rape of the Bastard Nazarene

Liste des groupes Death Black Akercocke Rape of the Bastard Nazarene
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Nom du groupe Akercocke
Nom de l'album Rape of the Bastard Nazarene
Type Album
Date de parution 28 Décembre 1999
Style MusicalDeath Black
Membres possèdant cet album46

Tracklist

Re-Issue in 2001 by Goat Of Mendes Records with 4 bonustracks.
1. Hell 04:20
2. Nadja 02:57
3. The Goat 02:30
4. Marguerite & Gretchen 06:59
5. Sephiroth Rising 01:11
6. Zuleika 04:13
7. Conjuration 01:57
8. Il Giardino di Monte Oliveto Maggiore 04:01
9. Justine 05:09
10. The Blood 02:15
Bonustracks (Re-Issue 2001)
11. Sempiternal Suffering 10:30
12. Nirvana of Agony 07:53
13. Luciferian Canto 01:50
14. The Blood 02:12
Total playing time 39:20

Chronique @ eulmatt

03 Octobre 2007
Il est toujours intéressant de mettre la main sur le premier rejeton de groupes ayant depuis acquis une certaine stature. Encensés par la critique et bien promus par Earache, les Anglais d’Akercocke sont à l’heure actuelle un nouvel acteur qui compte dans le petit monde du metal brutal. C’est finalement en se plongeant dans les origines du groupe que l’on perçoit la cohérence de leur parcours musical.

Auto-produit et sorti en 1999, Rape of the Bastard Nazarene plante brutalement le décor de l’univers propre à Akercocke. Satanisme, luxure et atmosphère nauséeuse sont non seulement omniprésents dans l’imagerie et les paroles, mais l’ambiance musicale n’est pas en reste.

Ce black-death (contrairement à beaucoup d’artistes classés dans ce genre, Akercocke a toujours pioché dans ces deux référentiels) se présente sous une forme assez baroque, alambiqué mais d’une lourdeur impressionnante. Les vocaux semblent venir d’outre-tombe, les guitares graves et sourdes balançent des mélodies primitives mais imposantes, et la médiocrité de la production vient parachever le tout pour pondre une ambiance poisseuse et suffocante. Il faut bien l’avouer : tant de groupes l’ont cherché, mais peu ont réussi à matérialiser musicalement un univers véritablement démoniaque et maléfique. Akercocke y parvient remarquablement. La noirceur qui jaillit des principaux morceaux « conventionnels » (Hell, Nadja, Zulieka, Il Giardino Di Monte Oliveto Maggiore) est accentuée par des astuces artistiques que reprendra le groupe dans la suite de sa carrière : gémissements, chants clairs désespérés, passages sans guitare entrecoupés de blast-beats et d’accélérations brutales. Les touches progressives jalonnent régulièrement les morceaux, confortant cette impression de se faire balader dans l’univers machiavélique et parfois un peu barré d’Akercocke, sans en avoir la maîtrise. Assez grisant. Les titres instrumentaux sont particulièrement pertinents et cohérents avec l’univers du disque. Techniquement, le death metal prévaut globalement, mais l’esprit le plus primitif du black laisse planer son ombre.
Cette musique noire qui se fait plus présente sur des morceaux comme Justin(e) (dans une forme relativement conventionnelle) et surtout sur le terrifiant Marguerite & Gretchen, lancinante descente aux enfers. Débutant par une mélopée à contre-temps asphyxiante, puis par un passage martelé tout en accélération par la basse qui voit se côtoyer divers chants et cris (féminins, clairs, black et caverneux), le morceau s’achève sur une alternance mid-tempo / blast beats reprenant un riff basique et entêtant, jusqu’au paroxysme du solo final, dissonant et infernal, se perdant dans un fond de chants féminins encadrés de violons, magnifiques et morbides. Drôle de voyage…

L’écoute rétrospective de ce disque met en lumière l’évidence du talent d’Akercocke. Comme la plupart des disques qui se vivent dans les atmosphères, les sentiments et les ressentis, au-delà des formes conventionnelles, on peut connaître une certaine frustration à ne pas trouver les repères habituels : un titre accrocheur, un riff qui reste en tête, une mélodie que l’on se remémore. Las, ces œuvres contemporaines ne se vivent que dans l’immersion la plus totale. Mais la puissance significative de Rape of the Bastard Nazarene vaut largement cette démarche, et fait oublier la médiocrité d’une production assez indigne. A moins que cela ne fût volontaire, ce qui pourrait se concevoir.

En conclusion, les fans de l’Akercocke d’aujourd ‘hui se doivent évidemment de posséder cet album. Pour ceux que les sulfureux Anglais insupportent sur les albums récents, passez votre chemin, car si ils ont évolué, ils n’ont jamais vraiment changé…

3 Commentaires

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LaBalafre - 05 Octobre 2007: J'adore tes chroniques, Eulmatt. Elles sont très littéraires.

Ta description précise ne me donne pas du tout envie de découvrir ce groupe par contre...
eulmatt - 05 Octobre 2007: Merci LaBalafre...
Par contre je dois avouer que ce premier jet n'est pas le plus recommandable pour découvrir Akercocke. Mais si tu as l'occasion, jette donc une oreille à "Words That Go Unspoken". Leur univers est particulier, mais le talent est là.
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