Antichrist

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Nom du groupe Akercocke
Nom de l'album Antichrist
Type Album
Date de parution 28 Mai 2007
Style MusicalDeath Black
Membres possèdant cet album87

Tracklist

1. Black Messiah 00:54
2. Summon the Antichrist 05:12
3. Axiom 05:12
4. The Promise 03:34
5. My Apterous Angel 06:50
6. Distant Fires Reflect in the Eyes of Satan 02:29
7. Man Without Faith or Trust 03:25
8. The Dark Inside 06:40
9. Footsteps Resound in an Empty Chapel 04:17
10. Epode 02:36
Bonustracks (Special Edition)
11. Chapel of Ghouls (Morbid Angel Cover) 05:08
12. Leprosy (Death Cover) 06:20
Total playing time 41:09

Chronique @ tonio

07 Juillet 2007
Voilà dix années que les anglais de AKERCOCKE se sont formés, et « Antichrist » est leur cinquième réalisation. Ce groupe si singulier divise les foules, il ’y a ceux qui le jugent grotesque, tant au niveau visuel que musical, et ceux qui comme moi se plongent avec bonheur dans leur univers délirant…

Enfin, je dis délirant, mais pas tant que ça ! Tous les morceaux de cet album sont un mélange de pas mal de styles différents, d’ambiances différentes, mais on est très très loin d’un gros bordel organisé. On ne pas non plus dire que AKERCOCKE ratisse large pour séduire un maximum de monde car sa musique si sombre n’est pas facile d’accès. L’incroyable talent de ces musiciens est la facilité avec laquelle ils passent d’un style à un autre tout en restant captivant, et surtout crédibles. Il faut dire que niveau technique est imposant, le travail de composition est énorme sur chaque morceau. Ainsi AKERCOCKE ne passe pas bêtement d’un blast death métal à une ambiance aérienne, son travail est bien plus intelligent et réfléchi, le groupe combine les éléments musicaux les uns aux autres et les glissements entre chaque parties se font en douceur. Car AKERCOCKE aime les décalages, ça oui ! Du chant clair sur des parties extrêmement violentes, une batterie nerveuse sur des guitares acoustiques, bref, le groupe aime surprendre l’auditeur sans s’imposer de barrières. Mais malgré cette diversité, l’album est d’une homogénéité incroyable, je ne connais pas beaucoup de groupes capables de telles prouesses sans se vautrer dans l’absurde.

Imaginez un morceau comme "The Dark Inside". Ce titre démarre sur du thrash death mid tempo foudroyant chargé de growl avant de changer de route et de prendre la direction d’un émo-rock acoustique bien rytmé soutenu par une touche électro. Dit comme ça je comprend que ça puisse vous faire peur, mais le résultat est passionnant. Tous les morceaux renferment leur particularité, ils sont tous très rapidement différentiables les uns des autres. Un autre aspect marquant de cet album, et qui ne saute pas forcement aux oreilles immédiatement, est la subtilité avec laquelle les chansons s’enchaînent. Telles les chapitres d’un roman, chaque titres me donnent l’impression d’être le prolongement du précédent, à l’image par exemple du formidable trio "Axiom" - "The Promise" - "My Apterous Angel". "My Apterous Angel" est peut être le morceau de l’album qui me file le plus de frisson, le plus sombre, le plus singulier. Ce titre d’une noirceur sans fond, d’une beauté glaciale, (argh, ces croak-croak de corbeau sur l’intro…) parvient à être aussi puissant que poignant, sublime.

Il faut dire que le registre du chanteur est des plus étendu et que celui-ci passe sans problème du death au chant théâtral, faisant aussi parfois quelque écarts du côté du black métal. Impressionnant ! Tous les musiciens se complètent à merveille, chacun pouvant s’exprimer librement, tant au niveau de la basse que de la batterie ou des grattes. Les interventions en solo ne sont d’ailleurs pas très fréquentes mais extrêmement brillantes.

Même si Antichrist évolue dans la même veine que la réalisation précédente (je ne connais pas les autres), AKERCOCKE prend quelque risque et innove en glissant dans son œuvre deux morceaux inattendus, un instrumental de percussions et d‘instruments divers ("Distant Fires Reflect In The Eyes Of Satan") et un titre acoustique ("Epode"). Là encore le talent du groupe éclate de la plus belle des manières car ces morceaux se fondent complètement dans l’univers torturé de AKERCOCKE.

Voici donc une sortie de chez Earache que je trouve tout simplement excellente et que je vous recommande fortement. Et pour mon bonheur, le label n’a pas truffé ce cd promo de bip-bip ou de messages à la con au milieu des titres ! Merci Mr Earache et longue vie à AKERCOCKE…

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eulmatt - 03 Octobre 2007: Je ne l'ai écouté que partiellement, mais ce dernier opus semble en tous points conforme à ce que nous a déjà pondu ce groupe aussi taré que génial. Il est tellement réjouissant de retrouver à notre époque des artistes talentueux et différents, qui amènent une nouvelle pierre à l'édifice du metal qui frise désormais l'immobilisme.
dark_omens - 21 Fevrier 2009: J'ai à peine deux ans de retard pour celui-là, mais je ne résiste pas au plaisir de rajouter mon grain de sel sur une ?uvre aussi étonnante que captivante...
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Chronique @ dark_omens

14 Juillet 2013

Une musique subtile et raffinée...

Le polémiste patenté, à l'anti intellectualisme primaire épidermique, voudrait nous faire croire que la musique ne peut être efficace et inspiré que dans une simplicité salutaire. Ainsi il exècre toute forme de conceptualisation musicale qui le contraindrait à tordre son esprit aux courbures d'un quelconque progressisme, métissage ou autres fantaisies l'éloignant des poncifs qui pour lui sont obligatoires. Si l'argument de cette simplicité nécessaire s'avère être, parfois, une évidence, elle est surtout affaire des gouts s'exprimant dans la partialité de chacun.

Pourquoi donc un tel avant-propos?

Parce qu'on ne peut évoquer la musique des britanniques d'Akercocke sans user de mots honnis par le critique décrits plus haut. Comment, en effet, parler de l'art de ces anglais sans dire ce raffinement, cette subtilité et cette intelligence qui en transpire de chaque note? Et comment ainsi expliquer cette délicieuse efficacité aux yeux, mais surtout aux oreilles, de ces incurables traditionalistes?

Peut-être en tentant d'user de cette simplicité dont ils louent tant les mérites.

Disons alors, en premier lieu, qu'à la lourde tâche incombant aux chroniqueurs, celle qui consiste à décrire avec une certaine exactitude la teneur précise des travaux d'Akercocke sur ce Antichrist cinquième album de ces anglo-saxon, cette simplicité ne peut suffire à résoudre l'énigmatique art définissant ce groupe. Il y a dans la musique de ces anglais tant d'influences diverses qui du Death Metal au Black Metal, du Grind au Prog, du Thrash au Rock en passant par ces interludes plus mélodiques presque Pop, s'imbriquent en des constructions si délicieusement ambitieuses qu'elles ne peuvent laisser quiconque indifférent. Ambitieuses certes, mais toujours d'une remarquable fluidité et d'une lisibilité délicieusement limpide. En réalité, au delà de ses inspirations variées, il y a surtout de la grandeur, de la décadence, du génie et de la folie dans cette musique.

Il n'est pas certains que les adeptes de la simplicité puissent être séduit par cet exposé.

Tentons donc de les convaincre en évoquant ces atmosphères superbes et prenantes dans lesquels l'auditeur baigne tour à tour. Parlons de ces ambiances composites aux instant tantôt orientales (Par exemple, l'excellent The Promise et ses chants incantatoires psalmodiques, mais aussi le superbe préambule de My Apterous Angel), tantôt plus épaisse et dense. Ces moments sont délicieusement variés et, à vrai dire, intègrent tant et si bien chacun de ces titres en un métissage culturel, mais aussi de genre, assez large et assez riche qu'il en devient très complexe d'en extraire un plutôt qu'un autre. Toutefois il règne en ces cohabitations particulières un climat sombre et malsain commun à tous. Prenons l'exemple de Dark Inside qui, dans un premier temps, développe un Thrash aux voix Death superbe avant de s'égarer dans les plaines quiète d'un break Rock Pop Indus, presque New Wave, non moins superbe. Cette subtile diversité, géniale signature caractéristique d'Akercocke, offre à cet album tout son intérêt.

Encore une fois, il n'est pas sûr que les partisans de la simplicité puissent comprendre cette diversité qu'il jugeront, assurément, hétéroclite.

Essayons alors, en une ultime tentative désespéré, d'évoquer l'aspect Progressif de cette œuvre. Loin d'alourdir l'ensemble de ce manifeste, il demeure, paradoxalement, d'une lisibilité suffisamment transparente pour ne pas égarer, comme bien trop souvent dans cette mouvance, l'auditeur en une complexité pénible. Ce constat découle peut-être du fait que les relents Progressifs de ce disque sont, à mon sens, bien plus inspirés par les mouvances Prog Rock des années 1970 que par celles plus propice à la démonstration stérile proche de nous. Et dans cette démarche d'une inspiration Progressive plus passéiste, on peut percevoir quelques infimes similitude avec celle d'Opeth. Le titre acoustique, Epode, ne viendra sans aucun doute pas démentir cet argument.

Les défenseurs de la simplicité ne sont toujours pas convaincu? Tant pis pour eux.

Nous, en attendant, continuons à nous délecter de cette musique subtile et raffinée au son de ce superbe Antichrist avec lequel, une fois encore, Akercocke nous démontre admirablement que l'on peut être atypique, talentueux, efficace, émouvant et exemplaire tout à la fois.

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King_Sathanas - 14 Juillet 2013: Très bonne chronique bien expliquée qui donne envie de se plonger dans l'écoute de Antichrist talentueux. Quel dommage que le groupe est splitté 5 ans plus tard.
metallionel - 10 Septembre 2017: le groupe na pas splitté king
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Chronique @ Growi

12 Octobre 2007
Après la grosse mandale de Word That Go Unspoken, Deeds That Go Undone, nous étions en droit de nous demander comment Akercocke allait faire pour nous sortir un disque ayant au moins la même force de caractère...
Et c'est chose faite grâce à Antichrist. Reprenant ce qui avait fait le succès de son prédécesseur, à savoir l'alternance de passages bourrins aux vocaux death ou black avec des ambiances théâtrales (cette voix, mon Dieu), des passages chantés à merveille et des mélodies arabisantes, Akercocke nous assène une mandale à laquelle nous tendons volontiers la joue.


L'album s'ouvre sur une étrange introduction, semblable au morceau "I Wish I Could Vomit Blood On You... People", de leurs compatriotes anglais Anaal Nathrakh, et hop, dès le deuxième morceau, grosse claque, un peu comme "Verdelet", titre d'ouverture du précèdent opus (comment ne pas headbanguer comme un porc en entendant ce rythme, bordel ?).
Les mélodies sont complexes, voir même progressives, les morceaux semblant posséder des douzaines de tiroirs qui ne demandent qu'à s'ouvrir, et le pire est qu'il est quasiment impossible de se lasser. Akercocke est au black ce qu'Opeth est au death métal, c'est à dire quelque chose d'envoûtant, compliqué et en même temps tellement simple, pas vraiment en adéquation au style, mais en même temps complètement dans le ton.

Le principal sujet de l'album est bien entendu la religion (Antichrist, Chapel Of Ghouls, etc...), que le song writter traite, tout du moins semble t'il, sans l'humour "so british" qui les caractérisaient... En fait, le groupe semble progresser tout en renouant avec son passé. En effet, les paroles semblent plus 1er degré, un peu plus proche d'un Goat Of Mendes (les débuts du groupe, très black métal, à tous les niveaux), puis ensuite la production, plus proche d'un Goat Of Mendes ou d'un Chorozon que d'un Word That Go Unspoken, Deeds That Go Undone.
Jason Mendoza nous subjugue toujours par ses talents de vocaliste, faisant passer l'autre fiotte de Dani Filth pour un tocard ayant coincé ses couilles dans une porte lors des passages en voix criardes et n'importe quel chanteur de death pour un minot n'ayant pas encore mué. Ensuite, sa voix chantée envoie au placard n'importe quel chanteur du dimanche de la star ac', et sa voix "théâtrale" fout sur le cul tellement il en impose.
Les musiciens assurent un max, chacun de leur coté, les guitares se font grasses, tranchantes, acérées, aussi bien que légères et aériennes, la basse accompagne à merveille, et le batteur renverse tout sur son passage grâce à sa maîtrise de la batterie absolument bluffante, ne se contentant pas de blaster à tout va.
L'album se clôt sur Leprosy, une chanson délicieusement lourde et bourrine.

Au final, une merveille, qui égale parfaitement son prédécesseur !

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tyler - 16 Avril 2009: Chapel of ghouls, c'est Morbid Angel, Leprosy c'est Death.
Ah, et c'est Jason Mendonca, pas Mendoza...
6novembersdoom6 - 23 Mai 2009: un super album tres varier pour un groupe que je considere comme un des meilleurs groupes de metal actuel.le chant de jason mendonca est parfait dans tous les domaines,aussi bien death que voix claires ou black,la batterie s'accompagne parfaitement dans les morceaux et se veut technique et varier,la basse est assez bien entendue et c'est tant mieux,par exemple sur axiom,la basse est excellente,maintenant les guitares,alors la ce groupe est une vraie machine a riffs,exemple:man without faith or trust,summon the antichrist et tant d'autres,les solos sont sublimes,ainsi que les parties acoustiques.bref un super album tout aussi bon que son predecesseur.n'hesitez pas a vous le procurer.longue vie a Akercocke
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