Renaissance in Extremis

Liste des groupes Death Black Akercocke Renaissance in Extremis
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Nom du groupe Akercocke
Nom de l'album Renaissance in Extremis
Type Album
Date de parution 25 Août 2017
Style MusicalDeath Black
Membres possèdant cet album21

Tracklist

1. Disappear
2. Unbound by Sin
3. Insentience
4. First to Leave the Funeral
5. Familiar Ghosts
6. A Final Glance Back Before Departing
7. One Chapter Closing for Another to Begin
8. Inner Sanctum
9. A Particularly Cold Sept

Chronique @ Icare

02 Septembre 2017

Une musique violente, progressive, mélancolique, sporadique, dissonante et imprévisible aux nombreux rebondissements

Akercocke a toujours été un groupe atypique, et le son du quatuor anglais laisse rarement indifférent. Après trois premiers albums d’une violence schizophrènique et jubilatoire empreint d’une esthétique noire presque romantique et d’un satanisme très marqué, le combo (d)étonne avec un Words That Go Unspoken... Deeds That Go Undone plus posé et insidieux, véritable réusssite qui impose le groupe comme une référence incoutournable de la scène extrême avantgardiste. Pourtant, après leur Antichrist de 2007, le groupe, alors au sommet d’une carrière prometteuse, se mure dans un long silence, et la bête ne quittera sa retraite que lorsque Jason Mendonca, David Gray et Paul Scanlan décident de se réunir à nouveau et de fouler les planches du Bloodstock en 2016.
Les choses vont alors très vite, la flamme noire consumant de nouveau les musiciens, qui réactivent le groupe et reviennent sur Peaceville, label de leurs premiers méfaits, pour leur sixième full length. Renaissance in Extremis est composé de neuf morceaux pour la plupart écrits entre 2007 et 2008, juste après la sortie d’Antichrist, mais réarrangés et réinterprétés au fur et à mesure que l’inspiration et la folie musicales revenaient hanter l’âme damnée d’Akercocke.

La galette démarre sur les chapeaux de roue, avec un Disappear qui sonne comme le Akercocke qu’on aime : riff extrême bien tordu et complexe avec ce je ne sais quoi d’accrocheur sur une batterie qui martèle sec, superbe et bref soli plein de feeling pour introduire les hostilités, grosse rythmique saccadée et brise-nuque appuyée par le chant sépulchral de Mendonca, brutalité vite contrebalancée par un break mélodique, tout ça avec une cohérence parfaite et en à peine 1,30 minutes de musique, voilà qui présage du bon. Le titre se poursuit de manière plus progressive, laissant sa place à un chant clair désabusé lors d’un long break à l’aura gothique nébuleuse, et nous délecte d’une débauche de soli magistraux, de blasts sporadiques, de tempi marteaux pilons et de cassures de rythme avec une maîtrise totale.
Le début d’Unbound by Sin sonne comme un power progressif au chant death particulièrement guttural et profond, mais là encore, un break plus calme intervient rapidement, avec le chant clair nasillard et mélancolique du frontman, et toujours une pléthore de soli virtuoses et de riffs brise nuque, sorte d’hybride entre Nevermore et Carcariass hanté par les interventions fantôme d’un crooner dépressif au bord du suicide dans une chambre d’hôtel miteux. Le rythme s’accélère et la musique devient plus intense en fin de morceau, avec le growl qui s’invite de nouveau, nous montrant que les Britanniques sont encore capables de muscler leur jeu.

Décrire chaque piste en détails serait fastidieux tant les titres sont riches et foisonnent d’influences diverses, mélangeant énormément de styles en un pot pourri inextricable. Néanmoins, on pourra remarquer que la brutalité des débuts est définitivement laissée de côté au profit d’une musique de plus en plus progressive et mélodique – ce qui ne veut pas dire toutefois plus facile d’accès ! - qui pourrait valoir à Akercocke l’étiquette de metal extrême progressif plus que celle de death black sous laquelle on le catégorise souvent , d’ailleurs la facette black du combo s’est largement effacée. De même, on remarque quelques incursions jazzy notamment dans le jeu du batteur (A Particularly Cold September, avec ce saxophone langoureux), des claviers aux relents psychédéliques et une ambiance gothique et mélancolique qui imprègne ces 54 minutes de leur romantisme noir et désabusé (le début de Familiar Ghosts), ceci dit, les Anglais n’hésitent pas à larder leurs compos de vilaines dissonances histoire de nous tirer brutalement de notre zone de confort, et le chant si versatile de Mendonca peut parfois se faire grinçant et anti mélodique au possible (First to Leave the Funeral). Inutile de préciser que la prestation des musiciens est impeccable, avec un David Gray impérial derrière les fûts, une paire de guitarites à la précision redoutable qui enchaîne riffs extrêmement complexes, rythmiques tordues ou assassines et soli vertigineux, et un chanteur impérial qui excelle dans tous les registres, même quand son chant criard vient nous irriter douloureusement les oreilles.

Sur le papier, tout cela semblerait parfait, mais ces 54 minutes donnent parfois l’impression qu’Akercocke se cherche encore un peu, ou du moins qu’il n’assume pas totalement ses délires musicaux les plus farfelus, sonnant trop extrême pour les fans de pur prog et un peu timide pour les fans d’expérimental, contrairement à un Ebony Lake par exemple, qui parvient à tirer une sorte de cohérence et même de personnalité unique du chaos sonore extrêmement complexe et noir qu’il vomit, notamment grâce à une ambiance très sombre et décadente. Du coup, on a l’impression que le combo anglais se retrouve un peu tiraillé entre ses vélléités extrêmes et son penchant toujours plus affirmé pour le progressif, ne sachant pas toujours sur quel pied danser, et il est parfois difficile de le suivre dans une musique exigeante aussi tordue que changeante et déroutante. C’est évidemment ce qui fait en grande partie le charme et la richesse d’Akercocke, mais on peut imaginer que ce nouvel album, loin de toute complaisance musicale et plutôt difficile d’accès, risque d’avoir du mal à trouver son public.

En tout état de cause, voilà un retour réussi pour le quatuor anglais. Renaissance in Extremis propose une musique à la fois violente, progressive, mélancolique, sporadique, dissonante et imprévisible aux nombreux rebondissements qui plaira certainement aux amateurs de Hyre, Vued Buens Ende et ... Akercocke. Suite d’Antichrist que l’on n’attendait plus dix ans après sa sortie, Akercocke continue donc à suivre le chemin tortueux d’un death progressif, occulte, expérimental et unique qu’il a lui-même commencé à tracer il y a de cela vingt ans, alors que beaucoup l’avaient déjà enterré. Une belle renaissance dans l’extême en somme.

2 Commentaires

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metallionel - 09 Septembre 2017: super album Akercoke le grand retour par la grande porte
jeffff - 28 Mars 2018:

intéressant chronique et bien écrite. J'ai écouté quelques extraits du groupe et c'est une belle découverte. Je vais tenter de commencer par cet album.

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