Out of Order

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Nom du groupe Nuclear Assault
Nom de l'album Out of Order
Type Album
Date de parution 10 Septembre 1991
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album93

Tracklist

1. Sign in Blood 03:47
2. Fashion Junkie 03:43
3. Too Young to Die 03:51
4. Preaching to the Deaf 04:49
5. Resurrection 05:13
6. Stop Wait Think 05:02
7. Doctor Butcher 03:41
8. Quocustodiat 02:36
9. Hypocrisy 02:49
10. Save the Planet 06:35
11. Ballroom Blitz (Sweet Cover) 03:58
Total playing time 46:04

Chronique @ Fabien

08 Avril 2013

Desinit in piscem mulier formosa superne.

Nuclear Assault reste l’une des valeurs sûres du thrashmetal nord américain des années 80’s, fort de deux albums et d’un mini-LP qui l’ont élevé au rang d’outsider incontesté en 1988. Handle with Care montrait quant à lui un quatuor qui allait de l’avant en franchissant un pas en termes de radicalisme et de rapidité à l’aube des nineties, surprenant sur des morceaux intraitables & surpuissants comme New Song ou Critical Mass. Alors que le thrashmetal entre dans une phase de décélération générale, l’heure est venue au printemps 1991 pour notre groupe new-yorkais d’enregistrer son quatrième album pour le compte de Combat/Relativity, sous couverture européenne renouvelée d’Under one Flag, division du label londonien Music for Nations.

Délaissant les rythmes très rapides et les guitares indomptables d’Handle with Care, Nuclear Assault revient avec Out of Order à une formule plus traditionnelle, plus accessible, notamment à travers la voix (faussement) mélodique de John Connelly. L’album débute d’emblée sur deux très bons morceaux, Sign of Blood et Fashion Junkie, n’ayant pas à rougir face aux précédentes compositions, instants où l’on retrouve tous les principaux ingrédients ayant contribué à la gloire de Nuclear Assault durant les eighties, notamment ces riffs percutants, cette basse ronflante et le chant si singulier de Connelly.

Si Too Young to Die, Preaching the Deaf ou Resurrection sont encore de bons titres, le groupe évolue déjà plus en pilotage automatique, parvenant plus difficilement à surprendre alors qu’il avait habitué le thrasher à tant de classiques, pour citer Sin, Justice, Fight to Be Free ou Search and Seizure. L’affaire se dégrade encore d’un cran sur Doctor Butcher et Hypocrisy, où les chants respectifs d’Anthony Bramante et Dan Lilker tiennent difficilement la distance en lieu et place de celui de John Connelly. L’instrumental Save the Planet contenant de bonnes idées devient quant à lui ennuyeux sur sa pleine durée, carrément kitsch lors de son solo au clavier, sans parler de l’imbuvable reprise Ballroom Blizt (Sweet - 1973) ni de son chant assuré par Glenn Evans, tout aussi inapproprié pour du Nuclear Assault.

A l’image de sa pochette peu expressive, on a du mal à voir où Nuclear Assault veut en venir sur un Out of Order fourre-tout, ressemblant plus à un melting-pot musical qu’à une œuvre homogène. Les morceaux inspirés en côtoient d’autres relativement génériques, tandis que certains plus éprouvants font pencher la balance du mauvais côté. Au final, on se retrouve avec un album correct, montrant notre quatuor passant difficilement le cap des nineties, le manque de motivation commençant déjà à se faire sentir, à l’image de Glenn Evans ayant déjà un pied dehors avec son side-project CIA, tandis que Dan Lilker pointe de plus en plus aux abonnés absents avec son groupe de grind Brutal Truth, qui monopolise une grande partie de son inspiration et de son énergie, les tee-shirts de Napalm Death, Carcass, SOB portés à répétition durant les séances photos depuis Survive étant un signe ne trompant pas quant aux intentions futures de notre furieux bassiste.

Fabien.

3 Commentaires

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largod - 10 Avril 2013: Point de vue comme toujours extrêmement pertinent.
Mon ressenti rejoint le tien avec cet album qui cherche sa voie.
LeMoustre - 10 Avril 2013: tout pareil... malheureusement.
tormentor - 17 Décembre 2014: Très bonne chronique, mais elle peut faire fuir des thrashers alors que je le trouve bien cet album. En fait moi je l'ai écouté en premier donc ya pas le sentiment de déception comme vous. C'est sur qu'après avoir écouté les précédents on s'aperçoit qu'il est en dessous des autres mais c'est un très bon skeud que même d'autres groupes inspirés ne font pas mieux.
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Chronique @ dark_omens

21 Septembre 2014

Le début de la fin...

Depuis sa genèse Nuclear Assault avait toujours affiché une volonté manifeste de constamment faire évoluer son art vers des contrées toujours plus primaires, agressive et escarpées. Son précédent effort, Handle with Care, marquait même le summum de ce désir en nous en offrant, fort de ce Thrash Metal vif et âpre aux voix aigus si délicieusement écorchées, une redoutable démonstration à l'aboutissement à peine tempéré par une production manquant, peut-être, d'une once de subtilité. Une progression que la sortie d'un nouvel effort, répondant au nom de Out of Order, allait, en cette année 1991, stoppé net.

Pourtant tout semblait idyllique alors que les excellents Sign in Blood et Fashion Junkie venait démarrer des hostilités sous les meilleurs auspices. A peine avions-nous eu le temps d'y noter que la production de ce manifeste était bien plus organique que celle utilisée quatre ans auparavant, et aussitôt avions-nous relevé que les velléités excessivement vives s'y étaient estompées pour laisser place à une expression plus en adéquation avec celle défendue par le groupe autrefois, que déjà des morceaux certes sympathiques mais manquant de personnalité tels que, par exemple, Too Young to Die, Preaching the Deaf ou Resurrection, venaient enfanter un doute. Fort heureusement, un furieux Stop Wait Think, allait nous rassurer. Un répit de courte durée puisque cette première partie inégale allait bientôt laissait place à une seconde moins irrégulière puisque clairement inintéressante de bout en bout.

Doctor Butcher et Hypocrisy, alourdis par les chants respectifs d’Anthony Bramante et Dan Lilker qui auraient mieux fait de s'abstenir, sont effectivement de pâle ersatz incapable de nous convaincre. Tout autant d'ailleurs que le pénible instrumental Save the Planet qui peine à révéler ses qualités et qui devient même consternant dès lors que retentit son solo de claviers. Venant douloureusement clore ce chapitre, la reprise du morceau Ballroom Blitz du groupe The Sweet, extraite de son album éponyme sortis en 1973, est tout aussi déconcertante et tout aussi saugrenue. Là encore John Connelly aura laissé son micro à Glenn Evans qui, lui aussi, aurait été plus inspiré de refuser.

Il faudra aussi noter que les incartades humoristiques, si caractéristique de ce groupe, seront ici absente. Et qu'exceptions faites de l'idée extravagante de nous proposer une relecture de Ballroom Blitz, régnera ici une sobriété et une austérité très inhabituelle eu égard au passé de ces New-Yorkais.

Et ne parlons même pas de cette subtilité de composition qui autrefois définissait les travaux de cette formation et qui semble dorénavant très secondaire.

Au delà d'une première partie sans génie mais respectable, Nuclear Assault nous en offre donc une seconde décousue et sans âme. Amas hétéroclite laissant indéniablement transparaître les implications des uns et des autres, a priori, peu concernés, ce Out of Order marque la fin d'un cycle. Désormais plus désireux de s'investir ailleurs, et notamment dans des styles à l'essor manifeste alors que le Thrash semble s'essouffler, le quatuor américain exhale ici un premier soupir marquant le début d'une lente agonie.

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