Organic Hallucinosis

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Nom du groupe Decapitated (PL)
Nom de l'album Organic Hallucinosis
Type Album
Date de parution 13 Fevrier 2006
Enregistré à Hertz Studio
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album225

Tracklist

1. A Poem About an Old Prison Man 04:39
2. Day 69 03:12
3. Revelation of Existence (The Trip) 04:37
4. Post (?) Organic 05:43
5. Visual Delusion 05:53
6. Flash-B(l)ack 03:39
7. Invisible Control 04:46
Bonustracks (Japanese Release)
8. Nihility (Anti-Human Manifesto) (Live)
9. Spheres of Madness (Live)
DVD (UK LIMITED EDITION)
Recorded live at BB King, New York, USA, 07/11/2005
1. Three Dimensional Defect
2. The Fury
3. Nihility
4. Negation
5. Lying and Weak
6. Spheres of Madness
7. Mother War
Total playing time 32:29

Chronique @ Fabien

08 Avril 2010
Poussé par Peter Wiwczarek (Vader) et repéré par Dan Tobin, qui souhaite relancer le deathmetal à travers sa division Wicked World d’Earache Records, Decapitated s’impose très tôt dans le paysage extrême, fort d’un premier album bluffant par sa technique et sa maturité, malgré la jeunesse de ses interprètes. Fidèle à son label, Decapitated enchaîne rapidement avec deux albums, mais témoigne un certain surplace sur The Negation, bien que sa force rythmique et sa qualité d'interprétation soient toujours au rendez-vous. Le départ du growler originel Sauron change toutefois partiellement la donne, permettant le recrutement de Covan, au timbre guttural nerveux, en bonne adéquation avec la puissance et l’esprit de Decapitated.

Surboosté, le quatuor se dirige aux fameux studios Hertz en juin 2005, bien décidé à en découdre et enfoncer le clou. Impressionné, son label lui ouvre définitivement les portes principales du grand Earache Records, en lieu et place de sa sous division Wicked World, parfois synonyme d’une certaine péjoration. Le design de ce quatrième album baptisé Organic Hallucinosis est confié aux mains expertes de Set-h, illustrateur renommé ayant oeuvré pour Septic Flesh ou Old Man's Child, et signant un visuel très percutant.

Dès l’écoute du premier titre A Poem About An Old Prison Man, on comprend le sens de l’effort promotionnel effectué par Earache Records. Decapitated semble en effet avoir mangé du lion, déboitant d’entrée par un riffing très accrocheur, brillamment servi par une production à la fois béton et organique des frères Wieslawski. Bénéficiant d’une capture et d’un mixage sans faille, le couple basse-batterie déjà carré et technique de Vitek et Martin gagne ainsi en précision, offrant une assise rythmique idéale aux lignes de guitares agressives de Vogg et à ses soli décoiffants, qui trouvent ici leur pleine expression. L’apport du chant guttural très dynamique de Covan apporte enfin ce surcroît d’énergie particulièrement palpable.

Puissance et précision restent ainsi les maîtres mots d’Organic Hallucinosis, tel un véritable fil conducteur qui relie chacun des morceaux. Depuis les riffs meurtriers de Day 69 et les rythmes syncopés de Revelation of Existence, en passant par le judicieux moment d’accalmie au milieu de Visual Delusion, jusqu’à l’entremêlement des guitares de Vogg sur le double pédalage explosif de son frère cadet lors de l’excellent Post Organic, Decapitated ne relâche ainsi la pression à aucun moment. Le quatuor maintient impitoyablement le deathster au coeur de son album, qui présente en revanche le défaut d’une fin brutale au bout de 7 titres et 32 minutes, laissant parfois un arrière goût d'inachevé.

Concentré de deathmetal durant sa demi-heure, teigneux et surpuissant, Organic Hallucinosis est bon album de la part de Decapitated, un effort plus mécanique et syncopé qui pourrait décevoir quelques fans de la première heure, mais permet au groupe de frapper juste et fort, d’exposer toute l’envergure de son talent et d’accéder pour de bon aux portes de la première division en ce printemps 2006. La tournée tragique du quatuor l’année suivante en décidera toutefois autrement, faute à ce terrible accident de bus sur une route de Biélorussie, blessant très sérieusement Covan et envoyant directement Vitek au paradis des batteurs. Puisse Vogg trouver toute la force et la motivation nécessaires afin de reconduire son groupe à une place méritée au sein de la scène deathmetal.

Fabien.

10 Commentaires

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Spirit_Of_Deathiny - 12 Octobre 2010: Album que j'apprécie tout particulièrement.C'est un peu comme un Pitbulls In The Nursery (c'est pas non plus du Necrophagist) en moins bourrin, les gars sont adeptes du changement de rythme à répetition, l'un des points noirs de leur musique, car là où l'ont voudrait tout bêtement s'éclater le cervelet en remuant comme une bourrique, on se retrouve comme un con à se demander si le rythme va encore changer ou non ....ATTENTION âmes sensibles S ABSTENIR. Vas-y doucement, car si tu t’envois l’intégralité d’un seul coup… tous tes cheveux risquent de tomber, et même J-F Lazartigue & J Dessange pourront rien n’y faire. Rien à ajouter si ce n'est que j'attend avec impatience le prochain.
Spirit_Of_Deathiny - 12 Octobre 2010: Ah j'ai oublié de dire: remarquable Artwork. Chronique de haute qualité, du travail propre, merci Fabien ;)
clochard - 31 Octobre 2010: Je suis plutôt d'accord avec Fabien. L'aspect crade des albums précédents ne correspond vraiment pas à l'ADN de Decapitated. La purification du son et la venue d'un nouveau vocaliste ont tout changé.

Le son n'est pas aseptisé, mais il est juste plus en accord avec ces riffs robotiques de Decapitated basés sur la répétition et les rythmiques dissymétriques (dur de trouver un mot juste pour décrire cette bizarrerie "meshuggahesque"). C'est une sorte de death industriel. Par conséquent, tout ce qui est crade et imparfait fait partie de l'ordre de l'organique, et n'a pas sa place dans une production robotique, mécanique ou, comme le disent les membres du groupe eux-mêmes, "post-organique". La chair a été rongée, il ne reste plus que le métal pur.
XplosiveOReal - 09 Août 2016: J'ai adoré l'album, et ta chronique est excellente ! :)

Par contre il y a un léger souci typographique, à partir du troisième paragraphe, tous les caractères sont en gras. Je ne sais pas si en fait il s'agit d'un effet de style de ta part, mais je voulais juste te le signaler, des fois que tu ne sois pas au courant :D
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Chronique @ EternalTearsOfSorrow

27 Décembre 2011

Organic Hallucinosis reste aujourd'hui un album de Decapitated des plus réussis aux côtés de Nihility.

Decapitated, groupe de Death tantôt brutal et technique formé en 1996 en Pologne, a, depuis sa formation, rapidement pris ses marques. En effet, dès le premier album Winds of Creation, Vogg et Vitek, guitariste et batteur, et également frères, entourés du bassiste Martin et du growler Sauron ont directement montré un death metal cru et d'une puissance jouissive, notamment pour ce qui était de la batterie, Vitek n'étant à cette période pas âgé de plus de 16 ans, et possédant tout de même un sacré jeu de batterie parfaitement allié à la basse. Tandis que dans Winds of Creation le growl restait relativement classique et loin d'être un des meilleurs de l'époque, Sauron prouvait sur Nihility qu'il pouvait atteindre de très hautes performances, ses hurlements étant cette fois-ci plus variés et plus vigoureux. The Negation quant à lui proposait un bon chant, mais la musique en elle-même était sans grande surprise, on avait presque l'impression d'avoir un Nihility bis, ce qui décevait un peu, et ne demandait pas plus de trois ou quatre écoutes pour ne plus transmettre de sensation particulière...

Après ces trois premières productions studios, Decapitated aura donc pris l'habitude d'attendre 2 ans pour chaque nouvelle sortie, et ce fut le même tarif pour le quatrième album, signé Earache Records, label adopté par le groupe depuis leur deuxième album Nihility. Ce nouvel album, sorti en février 2006, pris le nom donc de Organic Hallucinosis. La pochette de cet opus est bien dans la veine de Decapitated en général : On reconnait bien le style d'artwork du groupe, celui-ci étant créé par Seth (Septic Flesh, Exodus, Paradise Lost et bien d'autres encore). Aussi, pour ce nouvel album, Sauron décidera de partir du groupe, pour laisser place à Covan, venu tout droit de Athrophia Red Sun.

Premièrement, la musique n'aura pas subi de gros changements, et loin de là. Vitek nous impressionne toujours autant avec ses blast-beats incessants et ses breaks magnifiques, Vogg arrive toujours à placer un solo de guitare à certains endroits de l'album, et assurera bien évidemment sans problème la guitare rythmique. Les premières secondes de « A Poem About An Old Prison Man » en sont témoins ; après un direct riff dévastateur, ne laissant aucune perplexité à l'oreille, l'ensemble enchaînera automatiquement sur un riff rapide à souhaits, détruisant absolument tout sur son passage... Mais le chant, dans tout ça ? Eh bien, il se faufilera dans la musique après une petite minute, environ. Et la surprise fut présente. Covan a un growl très différent de celui de Sauron, mais a quelque chose qui lui permet d'assurer un maximum dans la musique de Decapitated, de rester dans le style que le groupe a déjà peaufiné dans les années précédentes, tout en ajoutant une petite touche personnelle innovante, puisque son chant paraîtra plus dense, plus percutant et moins renfermé sur lui-même que celui de Sauron.

Organic Hallucinosis présente également de très bons passages musicaux, comme « Day 69 » et son fameux solo de guitare parfaitement maitrisé par ce cher Vogg, ainsi qu'un passage exclusivement interprété par Vitek, un petit solo de batterie de quelques secondes s'étant ajouté dans le morceau. L'excellent « Invisible Control » sera également de taille pour nous surprendre avec la multitude de breaks qui nous y attend, ainsi qu'un nouveau solo de guitare pour conclure l'album en beauté. Nous aurons aussi droit à des morceaux moins rapides, mais plus techniques, intenses et vigoureux, comme « Post Organic », paraissant un tant soit peu syncopé à quelques instants. « Virtual Delusion » sera quant à lui un morceau sans énorme technique évidente dont Decapitated a l'habitude de présenter (Sauf au niveau de la guitare dans l'introduction, plus les passages saccadés qui accompagneront la batterie), mais se penchera plus vers un Death Metal plus simple, direct, mais toujours efficace.

Decapitated grandit toujours, à chaque production (Sauf peut-être pour The Negation ; une nouvelle fois, c'est très personnel), et devient connu de plus en plus de fans. Le groupe figure parmi les très grands groupes de Death Metal polonais des années 2000, et fut également très marqué par l’évènement qui se produisit un an, en fin 2007, après la sortie de Organic Hallucinosis, avec l'accident de bus qu'aura subi le groupe, plus la perte du batteur Vitek, âgé de 23 ans seulement, plus le départ de Martin, ainsi que celui de Covan, sérieusement blessé également. Organic Hallucinosis aura donc marqué la fin d'une ère de Decapitated, sur un album d'un talent indéniable. Bien que le nouvel album, Carnival Is Forever, ait attiré quelques fans lui aussi, il est toujours bon, bientôt 6 ans après sa sortie, de se repasser une nouvelle fois ce bon vieux Organic Hallucinosis, qui nous rappelle les anciens membres du groupe, ainsi que les morceaux qui y figurent, ceux-ci passant toujours très bien. Album autant honnête que réussi, Organic Hallucinosis reste aujourd'hui un album de Decapitated des plus réussis aux côtés de Nihility.

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Commentaire @ Nattskog

08 Avril 2009
Decapitated fait partie de ces groupes de Death qui frisent la perfection. Il n’y en a pas beaucoup, et c’est tant mieux. Ceux qui connaissent déjà n’auront pas besoin de présentation. Les autres se référeront à une bio du groupe pour se faire une idée de leur parcours.

Quatrième album pour ces quatre polonais, « Organic Hallucinosis » ne tranche pas à vraiment avec le reste de leurs productions. Si la technique semble à son maximum - le batteur nous fait un sacré étalage de ses capacités, les guitares sont vraiment sympa, bien vrombissantes, bien lourdes comme il faut (sauf en ce qui concerne les solos, généralement bien placés et pas trop mal venus) et la basse bien audible. Formidable.
La seule critique que j’aurais à formuler viendrait jouer contre le manque de renouveau. Mis à part une ambiance légèrement plus macabre sur certains titres que sur leurs précédents opus, le fond reste le même. Vous me direz, on ne change pas une équipe qui gagne. C’est vrai. Mais quitte à avoir deux albums d’eux, prenez celui-ci et « Nihility » dans ce cas. Ceci dit, on n’a jamais prétendu que le Death était un style où l’on se renouvelle. Alors est ce que trop de technique tue l’inventivité ? Peut être…

Mis à part ce petit bémol qui n’arrêtera pas les fans et les amateurs de Death (achetez celui-ci plutôt qu’un autre d’un groupe obscure, au moins vous serez sûr de la marchandise), l’album est une boucherie. Eh oui. Que dire de plus ? On se laisse masser les tympans pendant 32 minutes avant de passer à table par exemple. Un petit bonheur bien dosé. Voilà ce qu’est Decapitated.

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NICOS - 05 Octobre 2009: Bonne chronique, voilà un album techniquement parfait, un son énorme avec la prod qui va avec.
Cependant, à part le deuxieme morceau qui est peut etre le meilleur de l'album, ca ne casse pas des briques en terme de compo.
La suite logique de leur précédent méfait, sympa mais loin de devenir un classique de death.
a rajouter: je trouve le chanteur un peu faiblar...
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