Fondée par Dan Tobin dans le but de relancer le catalogue extrême d’Earache alors en pleine déperdition, faute au désintérêt de son fondateur Dig Pearson, la division Wicked Reich lance notamment plusieurs groupes deathmetal dès 1999, dont l’incontournable
Hate Eternal d’Erik Rutan, suivi du jeune quatuor polonais
Decapitated.
Articulé autour de Vogg et de son frère cadet Vitek,
Decapitated compte une moyenne d’âge relativement faible. Ainsi, lorsque le groupe rejoint l’ingénieur du son Andy Bomba aux Selani Studios en avril 1999 pour la capture de son premier album, ses membres avoisinent tout juste la majorité, le jeune batteur n’ayant quant à lui pas encore soufflé ses seize bougies. Nos interprètes bénéficient toutefois de l’expérience bienvenue de Peter Wiwczarek, leader de
Vader ayant déjà enregistré dans ces lieux lors des sessions de l’impitoyable album Back to the
Blind, les aidant à produire l’album pour l’occasion.
Si
Winds of Creation reste globalement scolaire et manque d’une véritable identité, reprenant fidèlement les codes lancés par
Vader une petite décennie auparavant, l’album impressionne déjà par sa mise en place redoutable et sa relative maturité, malgré la jeunesse de ses interprètes. Vitek et Marcin forment un couple basse batterie complexe et puissant (le batteur désarme par sa maîtrise en double pédalage), offrant ainsi un support en béton aux guitares tranchantes de Vogg. Notre leader reste tout aussi bluffant que ses acolytes, grâce à une technicité et un art du riff tranchant à toute épreuve.
Particulièrement à l’aise en guitare rythmique, pour citer le riffing déchirant de
Blessed et First of Damned, Vogg renverse tout autant lorsque qu’il entame ses soli, à l’image des ses leads sur
Human’s
Dust à tomber par terre, ou encore celles éclatantes de
Nine Steps précédées d’une accélération tout aussi fracassante. A ce titre, bien que l’on puisse reprocher le côté trop académique de
Winds of Creation, son côté typé
Vader, ou encore le guttural relativement commun de
Sauron (en nette progression par la suite), cette dernière composition où le groupe glisse tout son savoir-faire illustre bien le potentiel énorme de
Decapitated. On peut toutefois regretter que la leçon soit résumée en sept morceaux consistants, l’interlude Dance
Macabre n’apportant rien d’exceptionnel tandis que la reprise
Mandatory Suicide de
Slayer certes irréprochable techniquement reste bien trop appliquée.
Faisant suite à des
Vader,
Betrayer, Monastyr,
Devilyn ou
Trauma sévissant durant les années 90, sans compter l’impérial
Behemoth fraichement converti au deathmetal,
Decapitated s’impose ainsi en cette année 2000 parmi les formations de qualité dans le paysage death polonais. Grâce au soutien idéal et à la force promotionnelle de son écurie
Wicked World, le groupe participe lui aussi à la relance du style amorcée deux petites années en arrière, en lâchant un premier jet manquant certes d’une pleine marque de fabrique, mais d’une puissance rythmique et d’une technicité déjà si renversantes. Raah, cette double pédale !
Fabien.
Certes, ce n'est pas le meilleur album de Decapitated, mais je trouve que pour un premier jet et compte tenu de leur très jeune age, cela laissait présager un groupe très talentueux. L'articulation guitare/batterie (comme par hasard ils sont frangins...) est assez redoutable, les riffs de Vogg sur certains titres (the eye of horus, blessed, human's dust) sont à tomber.
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