Plus les années passent et plus la musique de ces Italiens de
Martiria s'enfonce inéluctablement dans les abymes limoneuses d'une expression sans grand intérêt. Si autrefois sursaut il y eut avec un assez moyen
The Age of the Return, qu'un Time of the Truth rehaussa, avec ce
On the Way Back, en cette année 2001, cette éclaircie semble passée puisque voilà revenir les nuages sombres, les cris, les douleurs...la frustration...le pire...
Comment le dire sans accabler des gens, sans aucun doute, de bonne foi et sincères? Comment ne pas tomber dans l'excès? De toute façon, il y a dans ce disque un tel arrière-goût amer et détestable qu'il n'y a aucune autre alternative sinon de le dénoncer. Cette humeur noirâtre est lancinante et pesante. Elle aura quelque chose d'insupportablement monotone que les rythmes de plus en plus lents d'une musique de plus en plus rébarbative et poussive mettent en exergue. Tout comme d'ailleurs cette production pas vraiment catastrophique mais très approximative et dilettantiste aux basses bien trop mises en avant et à la reverb envahissante.
Cette monotonie, qui, étonnamment au su de la carrière plutôt Heavy
Power Metal de ces Transalpins, aura quelque chose de très Gothique et de très
Doom, conjugué à la voix monocorde de Rick Anderson, voix qui de plus en plus ressemble à celle du Brésilien Spartacus, chanteur d'un
Skull and
Bones de sinistre mémoire, nous offrira un bien piètre spectacle ici.
Mon Dieu que ce disque fut long à écouter. Mon Dieu que ces mornes plaines grises et marécageuses furent pénibles à traverser. Jamais, ô grand jamais, opus ne m'apparut aussi étouffant et ennuyeux. Du coup, bien évidemment, au-delà de ce constat cinglant mais terriblement juste (aussi juste que ma subjectivité objective le permet), difficile d'épiloguer en long, en large et en travers sur un tel manifeste. Et pourquoi le faire d'ailleurs? Ne disons plus rien et tirons un trait définitif sur celui qui de l'insupportable
Ashes to
Ashes à l'odieux Gilgamesh, en passant par l'atroce The
Slaughter of the Guilties ou par l'épouvantable
On the Way Back, aura écrit les pages les plus sombres de cette musique qui nous préoccupe tant ici.
En seulement 11 titres, et en un peu plus d'une heure,
Martiria aura donc saccagé plusieurs décennies d'évolution musicale. Sans doute un peu moins pire que les œuvres d'un Fadades ou d'un
Skull and
Bones (quoique) ce
On the Way Back devrait aller rejoindre les tréfonds les plus nauséabonds qu'il n'aurait jamais, mais alors jamais, dû quitter.
Quant au label responsable d'une telle engeance, My
Graveyard Productions pour ne pas le citer, il serait intéressant qu'il nous explique quelles qualités incontournables l'aura décidé à publier une telle purge. Parce que là, très honnêtement, pour moi, ça demeure un inextricable mystère. Seraient-ils devenus fous?
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