A l’imagerie gore / horrifique et au deathmetal particulièrement brutal durant les années 90,
Broken Hope est toujours plus ou moins resté dans l’ombre de
Cannibal Corpse, avec lequel il partageait le même label, le puissant Metalblade Records, sans toutefois bénéficier du même traitement de faveur. L’ère Metalblade s’est traduite par une réédition puis trois albums,
The Bowels of Repugnance et
Loathing étant à mon sens les plus mémorables. Puis lâché par son écurie, le gang de Chicago livre un ultime album en 1999, assez bon et passé relativement inaperçu, avant de jeter l’éponge suite à la séparation de ses deux têtes pensantes, Brian
Griffin et
Jeremy Wagner, sans compter la mort du redoutable growler Joe Ptacek en 2010, réduisant encore l’espoir d'une éventuelle reformation.
Sans la présence de Brian
Griffin ayant définitivement lâché l’affaire, du moins à ce jour,
Jeremy Wagner remonte toutefois
Broken Hope en 2O12 avec l’aide de son ancien bassiste Shaun
Glass. Nos deux hommes mettent ainsi sur pied un quintette, en confiant notamment le micro à Tom Leski, guitariste / growler du terrible
Gorgasm, groupe incontournable de la scène brutaldeath US post-2000. En ajoutant un contrat flambant neuf de
Century Media, un nouvel album majoritairement composé par
Jeremy et diablement illustré par Wes Benscoter (
Sinister,
Mortician), ainsi qu’une longue tournée programmée aux côtés de
Deicide, notre quintette fait ainsi partie des grosses sensations de cette rentrée 2013.
Méchamment baptisé
Omen of Disease, ce sixième effort de
Broken Hope débute sur les chapeaux de roues, par un Womb of Horrors très percutant suivi d’un Ghastly redoutable, se hissant sans conteste parmi les meilleurs titres de sa carrière. Peut-être un peu moins marquant après un tel départ, l’album maintient sur sa longueur une sacrée qualité d’écriture & d’interprétation, ainsi qu’une violence de tout instant, pour citer le remarquable morceau Rendered into
Lard, au riffing meurtrier et accélérations fracassantes, sans occulter le soin apporté aux soli de guitares. Le bon réenregistrement d’Incinerated présent sur le premier album
Swamped in Gore permet enfin de mesurer toute la marge de progression depuis 1991. En outre, si une des armes absolues du line-up se nommait dans le temps Joe 'Eusophagus' Ptacek, au timbre parmi les plus bas du circuit aux côtés de son collègue
Will Rahmer chez
Mortician, Tom Leski reprend idéalement le flambeau, avec un chant guttural très visqueux sans être caricatural, fonctionnant très bien avec les compositions déchirantes de
Jeremy Wagner.
En cette rentrée 2013,
Broken Hope signe un retour réussi, ayant trouvé le bon compromis entre saveur old school et contour plus moderne, se plaçant ainsi idéalement dans le moule brutaldeath US actuel, tout en évitant un trop plein de technicité et en privilégiant l’impact frontal du riffing.
Omen of Disease est assurément un bon cru deathmetal de cette année et l’un des albums les plus passionnants de la formation aux côtés de
The Bowels of Repugnance et
Loathing. Espérons que la tournée qui aura suivi, houleuse faute aux caprices de Glen Benton (frontman de
Deicide), n’aura pas entamé le mental de notre gang de Chicago.
Fabien.
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