Vous savez, je ne suis pas trop interpellé par cette vague des remix. Faits à tout bout de champs cette manie, plus qu’une mode, de mettre un bruit bizarre sur un titre, histoire de faire autre ne propose strictement rien de passionnant pour un intérêt plus que limité (je peux roter sur un titre, réaction ? Oh, c’est trop bien comme remix coco !). Alors quand
Isis décide de se lancer dans cette opération casse-tête, on peut être craintif, c’est tout à fait normal. Seulement voilà, Les remix (répartis sur deux disque) de l’album «
Oceanic » n’ont strictement rien à voir à ce que l’on pouvait penser et
Isis a su parfaitement joué de son matériel initial pour donner vie à cette pièce aussi hors-norme que bigarrée.
Du beau monde se dispute pour faire partie de cette pièce. On remarque Justin Broadrick (
Godflesh,
Jesu), le fêlé
Mike Patton et autres noms de la scène électro-ambiant tels Tim Hencker, Fennesz ect...
Et franchement, je ne m’attendais pas à ça. Ceux qui ne connaissent pas
Isis, sachez que cet album n’a strictement rien à voir avec les albums originaux, quand aux autres, ils seront désappointés, surpris, écœurés (il y a forcément des réfractaires). Commençant par une plage complètement ambiant,
Isis marque tout de suite son intention : laissons place à l’atmosphérique et faisons apparaître ce qui se dissimule sous l’aspect sludge/metal. Touchons l'essence véhiculée, l'entité vaporeuse du groupe devenant presque tactile. Et c’est ainsi, que l’on aura droit à des ré-interprétations touchant au sublime. Imaginez
Isis revisité par
Ulver, improbable mais admirablement réussi pouvant rappeler «
Perdition City » et « Marriage of
Heaven and
Hell », c’est dire si c’est bon !! Et ce n’est pas tout, Ayal Naor poussant l’agressivité du groupe dans ses derniers retranchements (un son plus agressif, des bidouillages étonnamment fluides) pour mieux la faire redescendre par une douce voix féminine et pour enfin la refaire remonter ! Et ça continue par des plages ambiants sidérantes, planantes mélange sombre et mélancolique.
Outre que le deuxième disque soit globalement moins probant que le premier, le contenu intégral mérite réellement le détour. Avec un
Mike Patton déchaîné, proposant le remix le plus court et le plus fou de cet objet (
Orphaned Land défoncé au LSD !!!) et un final tout simplement majestueux de Justin. K Broadrick, s’étirant sur quinze minutes touchées par la grâce, véritable appropriation du titre original, il me manque les mots pour décrire ce flot de bonheur sonore.
La grande force de ce « remixes/reinterpretations » est d’être, en premier lieu, personnel montrant un groupe investit et concerné quand à la teneur de sa musique, c’en est presque une interrogation sur sa propre démarche ! mais c’est aussi un travail qui n’est pas fait par-dessus la jambe et à aucun cas conçu à une fin publicitaire (ce que certains affectionnent). Non, c’est un travail de recherche incroyablement riche, d’appropriations sensées, intelligent qui n’oublie pas la puissance évocatrice des morceaux originaux.
Ce type d’album est rare. Profitez-en...
Autant les fans que les néophytes.
Un objet Passionnant !!
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