Night Electric Night

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Nom du groupe Deathstars
Nom de l'album Night Electric Night
Type Album
Date de parution 30 Janvier 2009
Labels Nuclear Blast
Style MusicalMetal Industriel
Membres possèdant cet album280

Tracklist

1. Chertograd
2. Night Electric Night
3. Death Dies Hard
4. Mark of the Gun
5. Via the End
6. Blood Stains Blondes
7. Babylon
8. The Fuel Ignites
9. Arclight
10. Venus in Arms
11. Opium
Bonustracks (Gold Edition)
12. Night Electric Night (the Fuel Ignites Remix)
13. Via the End (Piano Version)
14. Night Electric Night (Featuring Adrian Erlandsson)
DVD (GOLD EDITION ONLY)
"Video Clip Selection"
1. Death Dies Hard
2. Virtue to Vice
3. Blitzkrieg
4. Cyanide Cyanide
5. Syndrome Syndrome
6. Synthetic Generation
7. Making of Death Dies Hard
8. Making of Virtue to Vice
9. Making of Blitzkrieg
10. Making of Cyanide
11. Extras

Chronique @ Eternalis

16 Décembre 2009
« Les ténèbres ne peuvent perdurer que si, au loin, reste une étincelle de clarté »
Jon Nödtveit


Tant de façons de décrire la noirceur, tant de moyens de l’atteindre, de la faire ronger l’auditeur, liquéfier son âme, trancher ses chairs. Il y a des albums parfois qui parlent, qui racontent une histoire, souvent banale, mais superbement représentative d’un malaise commun, d’une pourriture civilisée que tous connaissons. La solitude (pourquoi…), le froid (qu’est que je fais ici…), l’immensité d’une ville béante et paradoxalement complètement animée (je suis seul…), les déferlantes de couleurs, de lumières rendant tout encore plus noir à une âme en peine, en proie à une souffrance interne (je veux partir…).
Un concept simple, mais déchirant, et humain. Terriblement humain.

Pour son troisième opus, Deathstars s’est attelé à ceci, décrire l’antinomie d’une lumière enfonçant manifestement plus dans le néant, d’une foule isolant pourtant plus du monde, d’un chaos sonore rendant sourd le personnage torturé et blessé que chacun peut-être.
C’est donc en toute logique que la permanente dualité entre luminosité et obscurité sera prédominante sur cet opus. Le sublime visuel du digibook est relativement clair. Noir et profondément sombre, le maquillage des membres a néanmoins changé, plus clair, presque teinté d’une coloration glam que ne renierait pas un Mötley Crüe modernisé.

Mais c’est musicalement que les choses ont néanmoins (sensiblement) changé. L’aspect artistique et lyrique de Deathstars est reconnaissable entre mille, il est désormais loin le temps où les références à Marylin Manson ou Rammstein étaient légions, les suédois sont désormais bel et bien unique. Mais les claviers ont pris une place légitime (la lumière…), l’univers s’est perverti au maximum vocalement et les guitares sont beaucoup plus lourdes, aidant par une production en tout point supérieur à celle de "Termination Bliss" (produite par Emil Nödtveit). De prime, ce sont les claviers qui choquent ("Death Dies Hard", "Venus in Arms"), une atmosphère glam et catchy ressort des premières écoutes, le groupe semble s’être dispersé dans les méandres d’un métal industriel bon marché et accessible…la déception est de mise…mais la compréhension est absente. Car après quelques écoutes, le piège se referme, le concept prend forme, la noirceur se répand. L’univers bipolaire s’ouvre, et l’on redécouvre les morceaux, une nouvelle architecture se façonne. La lumière se fait plus malsaine, les claviers si accessibles en deviennent dérangeants et la performance de Whiplasher est glaçante.

Véritable cinglé schizophrène, il offre l’âme de la musique composé par Emil. "Chertograd" montre un visage connu, alternant le grave abyssal, martial et malsain, sombrant dans un phrasé parfois susurré à notre oreille pour s’envoler dans des aigues presque incontrôlées, complètement folles, comme le démontre le hurlement black du pont de ce morceau introducteur, retournant aux racines des membres du groupe. L’accélération finale (peut-être l’une des seules parties de double pédale présente chez Deathstars) impose et écrase.
Forcément compact et très homogène, chaque composition ne dévoile ses subtilités qu’après moult écoutes. "Arclight" subjugue pour ses arrangements littéralement inhumains et mécaniques, et le phrasé aigu d’un Whiplasher au sommet de son talent. Les guitares s’effacent pour réapparaitre de manière syncopées. Laissant la place à des claviers aussi enchanteurs sur le refrain que purement effroyables sur les couplets, offrant une opposition et un contraste saisissant, notamment sur le passage presque ambiant, rythmé par un battement cardiaque, avant de terminer sur des effets vocaux angoissants…

Le rythme est souvent lent, dépassant rarement le mid, si ce n’est le plus rapide "Night Electric Night", surmonté d’un riff aussi simple qu’écrasant, ponctué par des parties à l’orgue renvoyant une ambiance solennelle et mortuaire, sur une partie vocale martial et militariste, décrivant ce pauvre citadin face à la nuit et cette « électricité », matérialisée par des vocalises parfois passées au vocodeur. "Mark of the Gun" retient quand à lui l’attention pour le cynisme de ses paroles, donnant la parole à l’homme et l’arme sensée le tuer. L’attirance de la mort, la martialité de la mort, marquée par un refrain scandé et impérial où ce vocaliste en état de grâce montre encore qu’il est probablement l’un des meilleurs chanteurs actuels dans le genre.
"Via the End", en hommage à Jon, leader défunt de Dissection et frère du principal compositeur du groupe, démontre toute l’intelligence d’un artiste sachant coller au plus près de l’émotion, ne se montrant jamais extravagant ni schizophrénique sur ce morceau torturé, lourd et lancinant, mais gardant une beauté mélancolique quasi gothique, venant en grande partie d’une partie centrale de piano.

On pourra regretter aux suédois de parfois sembler répétitif, notamment sur l’inutile "Venus in Arms"", aux ambiances féériques renvoyant au Starchild" de Freedom Call (les ressemblances, sans doute involontaires, sont frappantes) ou à un "Babylon" plus anecdotique.
Néanmoins terminé avec majesté par un "Opium" absolument magistral, Deathstars confirme son immense talent. Les claviers y sont entêtants, presque dansants, mais pourtant, il y règne une froideur intégrale, une tension latente, attendant, dans l’ombre, de frapper sur le meilleur refrain de l’album. Chanté également en suédois, il dégage une puissance, une maitrise et paradoxalement une mélancolie (ces nappes cybernétiques en toile de fond…) qui n’attendent que de déchirer les tripes de cet homme conceptualisé, de cet homme comme tout le monde érigé en symbole de toute une communauté humaine car foncièrement simple.

"Night Electric Night" est un voyage dans un hiver froid et dense, riche et coloré mais pourtant tellement sombre et pervers. Il est la matérialisation de la quête d’une âme en perdition dans les tourments d’une ville le dépassant, d’une société le régissant et d’un monde trop grand pour en comprendre le sens. Aussi personnel qu’il n’est universel, il est l’album qui confirme le talent d’écriture de Deathstars. Le vent souffle…le froid fouette et le jour se lève…la nuit a été terriblement longue…

20 Commentaires

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Celldweller55 - 21 Mai 2010: Deathstars a été mon groupe favori pendant près de 5 ans jusqu'à ce dernier album que j'ai trouvé décevant. Efficace mais sans âme. Et pour une fois avec ce groupe, il y a des chansons que je n'ai pas aimé du tout, alors que dans les autres albums tout était agréable à l'oreille.
Matai - 21 Mai 2010: Une moitié de très bien, une moitié moins bien...
 
Kuza - 08 Juin 2010: Définir Deathstars ? Ah c'est clair que c'est pas Rammstein, ni Marylin Manson !

huuum ... De la pop-indus-metal ?
C'est pas mauvais en soi, mais ça vaut pas les deux groupes sus-cités (et je suis pourtant pas un adepte de Marylin Manson, loin de là)
Morbred - 21 Août 2011: Après deux albums plutôt très bon, deathstars tombe dans la soupe melodique sans grand intérêt..
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