Poursuivant sur le chemin tracé par un premier album intéressant et prometteur mais loin, tout de même, d'une excellence unanimement saluée, les allemands d'
Axel Rudi Pell, en cette année 1991, vont tenter, à nouveau, d'envahir les esprits d'un auditoire versatile. Pour ce faire, ils vont nous proposer de découvrir ce second méfait intitulé
Nasty Reputation.
Pour débuter cette analyse de l'œuvre, au chapitre des modifications notoires, il nous faudra tout d'abord dire que les chants y sont assurés par
Rob Rock (Ex-
Vice, ex-m.a.r.s., Impelliteri) qui remplace Charlie Huhn. Mais aussi que les claviers y sont l'œuvre de Kai Raglewski en lieu et place de Georges Hahn. Ces changements n'ont rien d'anecdotique puisqu'ils sont très précisément la cause de l'évolution créative de ce groupe.
Et, en effet, fort de ces deux nouveaux éléments,
Axel Rudi Pell va, dès lors, non seulement améliorer les vertus de son Heavy
Metal enthousiasmant mais aussi, malheureusement, en dénaturer, quelques atouts pourtant non négligeables.
Afin de développer plus formellement encore l'étendu des bouleversements qui nous occupent ici, commençons par en évoquer ce qui en fait les défauts les plus inconcevables. Parlons alors, à nouveau, de ces chants. Si
Rob Rock nous propose un travail tout à fait méritant lorsqu'il s'agira de se cantonner aux hauteurs aiguës traditionnelles, il n'en sera pas de même dès lors qu'il tentera de s'approcher de notes aux cimes trop célestes. Ces tentatives suraigus, dans lesquelles sa voix se dérobe trahissant quelques peu son impuissance, jouent assurément en défaveur de cet opus.
Parlons, ensuite, de certains de ces titres dont l'inspiration est, comment dire, problématique mais dont, surtout, le résultat est moyennement séduisant, pour ne pas dire malheureux. Citons, afin d'étayer cet argument, des morceaux tels qu'un apathique When A
Blind Man Cries ballade de
Deep Purple reprise ici en une version poussive interminablement lente et fastidieuse, un accablant
Land of the
Giants aux lourdeurs étouffantes, ou encore, par exemple, un Open Doors instrumental longs et dérisoires. L'ensemble de ces pistes alourdis considérablement l'œuvre puisque à elles seules, elle représentent, en temps, quasiment la moitié de ce
Nasty Reputation. Et, de surcroît, l'enchaînement immédiat de deux d'entre eux, When A
Blind Man Cries et
Land of the
Giants, constitue une véritable erreur puisqu'il nous propose d'agoniser en une sorte de vide abyssal, creux insondable, duquel il apparaît comme bien délicat de s'extraire. Après ce choc à la mollesse sans commune mesure qui vous plonge dans un effrayant assoupissement, l'album peine donc à nous réveiller.
C'est d'autant plus regrettable qu'il conserve, au-delà des tares évoquées, quelques belles qualités. Une de celles-ci, et non des moindres, consiste à nous offrir, enfin, une production aux mixage quasiment irréprochable.
Une autre de ces vertus, quant à elle, nous montre quelques talents de compositions, d'efficacité et d'inspiration prometteurs (les superbes et prestes I
Will Survive, Fighting the Law, l'excellent
Nasty Reputation aux rythmes plus posés, mais aussi, par exemple, les intéressants
Wanted Man, Firewall, Under the
Thunder).
Corrigeant certaines des imperfections de son prédécesseur ce
Nasty Reputation, deuxième album des Allemands d'
Axel Rudi Pell, s'alourdit malencontreusement de certaines tares nouvelles. Quelques problèmes de chants, mais aussi quelques chansons pénibles et lassantes de par leur rythme sans respiration et leur contenu sans inspiration viennent, en effet, entacher nos convictions. Néanmoins le Heavy
Metal traditionnelle de ce manifeste laissera, tout de même, quelques titres remarquables apparaissant comme autant de signes encourageants. Tout reste donc à faire...
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