Melancholy

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Shadow Of Intent
Nom de l'album Melancholy
Type Album
Date de parution 16 Août 2019
Style MusicalDeathcore
Membres possèdant cet album9

Tracklist

1.
 Melancholy
 05:15
2.
 Gravesinger
 03:58
3.
 Barren and Breathless Macrocosm (ft. Trevor Strnad of The Black Dahlia Murder)
 04:56
4.
 Underneath a Sullen Moon
 04:39
5.
 Oudenophobia
 04:09
6.
 Embracing Nocturnal Damnation
 05:24
7.
 Dirge of the Void
 03:18
8.
 Chthonic Odyssey
 00:00
9.
 The Dreaded Mystic Abyss
 10:26
10.
 Malediction
 05:40

Durée totale : 47:45

Acheter cet album

Shadow Of Intent


Chronique @ Groaw

01 Septembre 2019

Les mots nous manquent souvent pour caractériser l’ébahissement : Melancholy sait nous le faire vivre et l’exploiter

« Nous nous éveillons au monde et aux autres, entre étonnement et compréhension, émerveillement et terreur, apprentissage et invention, découvrant la réalité et explorant l’imaginaire »

Que pourrait signifier tous ces termes lorsque nous voyons aujourd’hui les images de notre pauvre monde ? Les géants se gavent, détruisent, saccagent et n’éprouvent aucune considération sur le mal qu’ils nourrissent. Les petits, quant à eux, sont réduits au silence, à vivre sous cet enfer qui ne semble que s’accroître, à se cacher sous cet infâme perversité qui les touchent et à prier pour que tous ces malheurs disparaissent, sans connaître leur potentiel avenir. Il est maintenant grand temps que tout cela cesse. Regagnons notre liberté, battons-nous contre ces misérables monstres qui ne cherchent qu’à nous tuer, avançons jusqu’à notre quête et vainquons cet horrible vice.

Sur une terre réduit en cendres, où le chaos règne en tant que seul souverain, le préjudice a déjà été commis, laissant place à un piètre spectacle où les rares survivants ne peuvent que contempler ce paysage morose, terne, anéanti. Pourtant, tout ne semble pas encore compris : ici et là, sur la surface des rares étendues d’eau, il est encore possible de visualiser la vie, la nature, la beauté. Un homme semble s’approcher de cet élixir de vie, à la quête d’un potentiel bonheur, d’un lointain bien qui paraît désormais inatteignable. Que peut-il bien faire ? Il semble totalement immobile, profitant de cet unique lueur pour se recroqueviller.

Sous ces images funèbres et maussades se cachent quatre artistes, quatre musiciens vivant encore sous la pénombre même si la lumière ne saurait tarder. Se produisant dans une scène très fermé, où peu peuvent se vanter d’être populaire, ce quatuor sonne déjà comme une renaissance à un genre qui se veut être assez fermé et peu volatile. Si le public a déjà été trouvé, si le groupe semble avoir trouver sa voie, il ne lui reste plus qu’à confirmer et à se montrer patient. Ces quatre musiciens forment le groupe de Shadow Of Intent.

Influencé par la thématique de la célèbre série de jeux vidéo Halo, travaillant sur un Deathcore purement symphonique et profitant d’un, si ce n’est le meilleur vocaliste du genre, la formation américaine est sur une pente ascendante depuis leur début en 2014. Il faut dire qu’avec deux albums Primordial et Reclaimer, tous deux d’une intelligence et d’une créativité incomparable et presque sans bavures, il était difficile de faire meilleur début pour le quatuor. Mais que peut-on désormais espérer d’un groupe qui atteint deux fois le centre de la cible ? C’est à Melancholy, troisième opus du quatuor, qui aura la lourde responsabilité de répondre à cette question.

Les quelques interrogations n’auront pas longtemps attendu pour être résolues avec l’arrivée du titre éponyme. Comme à l’accoutumé, tout démarre par une introduction semblant être totalement insignifiante. Ne vous y trompez pas : toute cette orchestration, toute cette noirceur fera le dessein du morceau. L’ensemble semble si différent des premières toiles du groupe et à quel prix. Beaucoup plus symphonique, encore plus mature, plus réfléchi, le groupe prend plus de libertés, plus de risques également mais pour un rendu véritablement irréprochable. Nous prenons également un véritable plaisir d’entendre à nouveau du chant clair, chant un peu absent lors du précédent album. Le travail vocal de Ben Duerr ne cesse de surprendre et de s’améliorer au fur et à mesure du temps, naviguant entre le chant écorché et le growl, en passant par du chant un peu plus hurlé.

« Il ne nous reste que quelques instants à vivre avant de connaître ce qu’est la véritable mort, celle qui nous déchire, celle qui nous plonge dans la folie. Faites approcher La Faucheuse, chanter pour la profonde sauvagerie que vous avez créée, compter pour ce que vous avez brûlé, rêver de cet intraitable enfer qui vous attend, profiter de vos derniers instants, admirer une dernière fois ce que vous aviez trouvé, ce que vous aviez refusé, regarder un second moment ce qui vous a arraché votre misérable vie et vivez dans la tragique folie. »

Il est absolument impressionnant de voir par la suite l’audace qui a été pris par la formation. Ne se contentant plus seulement d’un simple Deathcore symphonique, les musiciens agrandissent leur champ de facultés avec une musique plus technique semblable à Fleshgod Apocalypse, par quelques traits plus progressifs, par des instrumentaux plus gothiques, à l’instar de Cradle Of Fifth mais surtout, par une vague beaucoup plus centrée sur le black metal. Il ne sera d’ailleurs pas étonnant d’entendre des voix parlées, étonnamment similaires à du Dimmu Borgir, tout en gardant ce chant clair.

Gravesinger et Embracing Nocturnal Damnation sont les pièces qui définissent le mieux le mélange de ces différents styles. Il serait tout à fait normal de penser que le méli-mélo du black, du technique et du symphonique soit impropre mais tout est l’exact contraire et toute la passion, toute la fantaisie est parfaitement réalisée. Le vocal est au-delà de toute espérance et les mots commencent à manquer devant toute cette beauté. Le groupe continue à explorer les horizons tout en ayant définitivement abandonné la thématique d’Halo, laissant place à la vie et à la mort.

« Il est grand temps de faire justice devant l’humanité. Il est temps de révéler au peuple les pires crimes que vous avez commis. Il est temps de réveiller cette âme enfouie qui laissera place à la vérité et au châtiment. Si vous pensiez être l’être tout-puissant, celui qui restera impuni jusqu’à sa mort, laissez-moi vous révéler une force qui vous était jusqu’à lors inconnu. Laissez-moi délivrer ce chant que vous piétiniez jusqu’à la tuer. Libération, il est temps que tu refasses surface. »

A l’écoute de l’opus, on peut croire que le groupe délaisse petit à petit un Deathcore devenu trop traditionnel pour laisser place à un death black symphonique et technique. Dans un sens, il serait difficile de le nier tant l’instrumental se montre un peu aérien, légèrement moins percutant, le seul point qui pourrait encore qualifier le groupe de « core » étant le vocal mais certains breakdowns surgissent de temps à autres, comme c’est le cas sur Dirge Of The Void.

Et il est vrai que cette impression d’un death un petit peu traditionnel dirons-nous se fait ressentir. Et ce n’est clairement pas The Dread Mystic Abyss, instrumental de plus de dix minutes (assez inédit pour du Deathcore pour être cité, même si cela ne vaut pas les vingt-sept minutes de The Observer de The Acacia Strain) qui nous fera dire le contraire. Nous ne pouvons que nous incliner devant cette impressionnante pièce, véritable bijou de technicité et de symphonie. Le jeu de guitare de Chris semble être d’un autre monde tant celui-ci se veut complexe et monstrueux. L’orchestration vient ajouter une autre grandeur, une immensité qui n’avait encore jamais été atteint par SOI.

Il est temps de finir ce voyage entre le jour et la nuit avec Malediction. Jamais un morceau, ni même un final classifié comme Deathcore n’aura provoqué autant d’émotion, autant de majesté. Le chant clair ressemblant quelque peu à du Behemoth, le chant général de Ben, l’instrumental, l’intro imitant la tempête qui s’abat, le breakdown, tout est phénoménal, impressionnant de contrôle et de novation. L’ensemble respire l’insensé, le remarquable, l’extraordinaire. A chaque nouvel écoute, de nouveaux éléments s’ajoutent, comme si nous redécouvrions le titre.

« Nous errons, disparus dans les souterrains morbides et pourrissants. Nous ne sommes plus que des âmes, volants dans ce ciel si noir, si terne. Les souvenirs du passé refont surface comme une balle en plein cœur. Notre immortalité n’est pas un mythe : le temps passe et nous sommes tous vivants dans le néant. Cette place verra le temps passé, le soleil s’éteindre, l’humanité disparaître. Mais nous, nous serons spectateur de cette mort lente et horrible. »

Tout est fini. Tout a semblé si court mais tout a été si remarquable. Il semblait absolument impossible que Reclaimer trouve un successeur à son niveau. Et pourtant … Qui aurait cru qu’une telle pièce comporte autant de solos, tous plus invraisemblables les uns des autres ? Qui aurait cru qu’une telle fusion des genres donneraient un si grande beauté? Qui aurait cru qu’on en arrive à un travail vocal si inhumain ? Personne, absolument personne ne se doutait d’un tel résultat. Shadow Of Intent a haussé son niveau pour proposer un véritable joyau.

J’ai cruellement l’impression d’avoir oublié le plus important, de ne pas avoir parlé assez de cette pépite. Les mots nous manquent souvent pour caractériser l’ébahissement : Melancholy sait nous le faire vivre et l’exploiter. Je pourrais trouver quelque chose à redire sur cet album, je pourrais réécouter cent fois les dix titres, je pourrais m’arrêter, reprendre mon écoute, m’arrêter à nouveau pour trouver la faille. Rien … Peut-être ressentons-nous la musique différemment, peut-être qu’elle nous atteint tous à un différent niveau mais je peux vous dire une chose : jamais je n’ai pris autant de plaisir à chroniquer et à écouter cet album. J’espère sincèrement que vous ressentirez cette musique comme moi je l’ai ressenti.

Rideau !

4 Commentaires

6 J'aime

Partager
arkona60 - 01 Septembre 2019:

Bien content de lire une chronique sur le nouvel album de Shadow of intent. J'ai pris une terrible claque. Pas vraiment fan du deathcore, Shadow of intent sort vraiment du lot par sa diversité musicale

Groaw - 01 Septembre 2019:

J'avais fait les précédentes chroniques donc je me devais de continuer mon travail, voilà tout :P

Oui, SOI sort vraiment de l'ordinaire et c'est bien ça qui fait son charme ^^

David_Bordg - 01 Septembre 2019:

Fantastique, mais Il faudra aussi compter sur le CATTLE DECAPITATION qui arrive d’ici quelques semaines. Dommage on peut pas l’acheter en version physique où peut-être sur leur site.

Goneo - 04 Septembre 2019:

Super chronique, Shadow Of Intent vient d'exploser la concurrence ! Il démontre qu'on peut toujours faire de très grands albums !!!

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Shadow Of Intent