Kuoleman Kirjo

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14/20
Nom du groupe Horna
Nom de l'album Kuoleman Kirjo
Type Album
Date de parution 08 Décembre 2020
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album10

Tracklist

1.
 Saatanan Viha
 04:18
2.
 Elegia
 05:37
3.
 Uneton
 05:46
4.
 Sydänkuoro
 06:47
5.
 Elävänä, Kuolleena
 04:31
6.
 Kärsimysten Katedraali
 06:31
7.
 Haudattujen Tähtien Yönä
 05:23
8.
 Rakas Kuu
 06:07
9.
 Unohtumaton
 03:57
10.
 Mustat Vuodet
 04:33
11.
 Pyhä Kuolema
 03:39
12.
 Veriuhri
 06:07
13.
 Ota Minut Vastaan
 04:18

Durée totale : 01:07:34

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Horna


Chronique @ Icare

07 Décembre 2020

Un black efficace et léché joué par des musiciens qui ont de la bouteille mais semblent en pilotage automatique.

Horna est un incontournable de la scène finlandaise. Emmené depuis plus de 25 ans par Shatraugh, le quintette a imposé son style si froid, tranchant, haineux et hypnotique à la fois pour devenir une référence majeure du genre.
Pourtant, depuis 2013 et la sortie de Askel Lähempänä Saatanaa, le groupe de Lappeenranta a pris un virage différent, dévoilant une musique plus lourde, léchée et mieux produite, s’inscrivant plus dans la mouvance de ce black orthodoxe moderne dont WTC, nouveau label du groupe, s’est fait le héraut que dans le style de l’école finlandaise proprement dite.

Kuoleman Kirjo, dixième album de la horde nordique, ne s’écartera pas de cette nouvelle voie : ce n’est pas simplement un parpaing qui te tombe sur le coin de la tronche mais un putain de bloc de granit d’une tonne qui te pulvérise. Déjà, avec ses 69 minutes, tu te doutes bien que le skeud va être dur à s’enfiler d’une traite et que même si t’es plutôt du genre glouton, l’écoute entière risque de te rester un peu sur l’estomac. Et pour le coup, tu peux sortir ta plaquette de Renie et tes dragées Fuca, car ce n’est pas encore ce coup-ci que les Finlandais vont faire dans le léger. Si tu as déjà lu ma chronique de Hengen Tulet, tu sais d’ailleurs à peu près à quoi t’en tenir, sauf que là, comme en cinq ans, y a quand même le temps de se choper une bonne grosse dalle, nos cuistots ont décidé d’ajouter 22 minutes de rab. Généreux certes, mais plus que roboratif. Buuuuurp.
En effet, Kuoleman Kirjo souffre du même syndrome que son prédécesseur : celui d’un album tout à fait honnête et respectable en soi aux compositions solides et bien troussées, mais noyé dans la masse des sorties black metal surproduites et sans aucune originalité qui inondent la scène depuis dix ans. La pluie de blasts qui s’abat sur nous dès Saatanan Viha forme d’entrée avec cet accordage particulièrement grave une sorte de choc tellurique qui nous assomme et nous étourdit, et quand Elegia débarque, on se rend à peine compte du changement de titre tant ce rythme rapide et presque mécanique au résonnement mat achève de nous hébéter. Vous l’aurez compris, Horna sort là un album extrêmement compact, porté majoritairement sur l’agression et le côté direct et sauvage du black metal, et servi par un son très clair et massif, qui, s’il décuple la puissance de la musique, en gomme largement l’aura sulfureuse et la noirceur. Dommage quand on connaît l’ambiance sulfureuse qui se dégageait d’un Sudentaival ou la noirceur pénétrante qui enveloppait Ääniä Yössä.

Reste un album de black typé 90’s surproduit donc, avec des titres efficaces et musclés, ce qui en soi n’est pas totalement rédhibitoire. Le problème vient aussi évidemment de la longueur de l’ensemble - reburp! - et même de la durée des titres, car se faire écraser la gueule sur des plages qui avoisinent les six minutes, c’est assez douloureux, et même les masochistes peuvent se lasser. Entendons-nous bien, Horna n’a pas sorti un album de black brutal ultra linéaire qui tabasse de A à Z, d’ailleurs, si l’on veut rendre justice au groupe, il faut reconnaître que les compos contiennent leur lot de changements de rythme et de variations ; mais, rien à faire, la magie n’opère pas, la faute à un son trop compressé d’où rien ne ressort et un cruel manque d’originalité. C’est un fait, on a l’impression d’avoir déjà entendu cet album une bonne vingtaine de fois, et beaucoup de groupes ont déjà fait bien mieux dans ce genre de black metal typique de chez World Terror Comittee : le riffing est la plupart du temps assez quelconque et répétitif avec des titres qui se ressemblent beaucoup (à ce niveau, on fait largement mieux chez les petits voisins de Sargeist), et les passages les plus lents ne possèdent pas cette profondeur noire et diabolique qui nous hypnotise et nous envoûte.
Quelques titres tirent tout de même leur épingle du jeu, comme le très mélancolique Haudattujen Tähtien Yönä, avec ce refrain au chant clair désabusé à la Vanhelga, très surprenant de la part du groupe, ou ce Mustat Vuodet au terrible riff à la finlandaise, crachant enfin une pluie de notes noires, glaciales, tranchantes et mélodiques comme on les aime.

Cela fait néanmoins trop peu pour faire de ce Kuoleman Kirjo un bon album. Ni bon ni mauvais, c’est simplement une sortie quelconque, d’un black efficace et léché joué par des musiciens qui certes, ont de la bouteille, mais semblent un peu en pilotage automatique. Le genre d’album qui ne se détache absolument pas de ce qui se fait dans le style de façon quasi industrielle depuis dix ans et qui semble vouloir reléguer Horna avec la masse grouillante des groupes lambda sans personnalité, un comble quand on connaît le passé du groupe et l’influence qu’il a pu avoir sur la scène finlandaise. Espérons donc que ce spectre de la mort ne soit qu’un titre métaphorique et ne vienne pas nous annoncer de manière prémonitoire la lente agonie et la fin d’un grand groupe…

5 Commentaires

9 J'aime

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Icare - 08 Décembre 2020:

Si tu as aimé le précédent, et que tu apprécies ce côté plus lourd, mieux produit et très puissant de leur nouveau son, alors tu ne seras sûrement pas déçu, même si objectivement, l'album est quand même bien long. Horna est indubitablement un bon groupe qui a de l'expérience et sait envoyer des compos bien branlées et efficaces.
C'est juste que pour moi, la musique du groupe est devenue aseptisée, et que je ne retrouve plus l'âme des anciens albums qui était si présente même si un peu différente à chaque fois.
En tous cas, j'attends tes retours, et je pense - j'espère - que cette nouvelle mouture de Horna a largement de quoi plaire même si elle me convient bien moins !

kasha - 08 Décembre 2020:

Arf, j'écouterais quoi qu'il arrive. Mais ton avis d'aseptisé m'inquiète... Horna putain! 

abysmael - 09 Décembre 2020:

J'ai lâché avec Askel Lahempana Saatanaa que je trouve sympa mais qui ne pas donné envie de continuer avec les prochaines sorties. Il n'y a que le chant que j'ai trouvé énorme car bien haineux et destructeur mais côté riffing rien de bandant. Cette nouvelle sortie n'a pas l'air plus bandante... En faite même Behexen et Sargeite j'ai lâché les dernières réalisations. J'accroche pas à leur changement.

Fyrnael - 19 Décembre 2020:

Merci pour cette chronique, j'ai pour ma part plutôt accroché à cet album tout comme au précédent alors que j'ai plus de mal avec toutes leurs productions antérieures. J'aime bien le black surproduit ^^

Par contre, qu'est-ce qu'elle est moche cette pochette!

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