Hengen Tulet

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Nom du groupe Horna
Nom de l'album Hengen Tulet
Type Album
Date de parution 22 Septembre 2015
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 Amadriada
Ecouter05:11
2.
 Ajan Päättyessä
Ecouter03:05
3.
 Nekromantia
Ecouter04:17
4.
 Tämä Maailma Odottaa
Ecouter04:45
5.
 Saatanalle
Ecouter06:09
6.
 Puhdas
Ecouter06:15
7.
 Ikuisuuden Kynnyksellä
Ecouter05:24
8.
 Sodan Roihu
Ecouter03:50
9.
 Hurmos
Ecouter04:25
10.
 Profeettasi
Ecouter04:13

Durée totale : 47:34

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Horna



Chronique @ Icare

26 Septembre 2015

Une réalisation honnête à la sincérité palpable mais manquant d'une âme propre et d'une flamme unique...

Horna n’est plus à présenter, composant aux côtés de groupes illustres comme Satanic Warmaster, Sargeist, Goatmoon ou Behexen la fine fleur du black finlandais. Après sept full lenghts et un nombre incalculable de splits, la horde carélienne sort Askel Lähempänä Saatanaa qui vient à juste point célébrer leurs vingt ans de bons et loyaux sévices et marquer quelques changements importants dans la musique du combo : exit l’emblématique Corvus dont le chant aigu et écorché nous ravageait délicieusement les oreilles depuis Envaatnags Eflos Solf Esgantaavne, et place à Spellgoth au timbre plus rauque, possédé et incantatoire, de même nouvelle signature sur le label World Terror Comittee. On notait également sur cette réalisation un son bien plus propre qu’à l’accoutumée et un répertoire plus lourd et plus direct, moins porté sur les mélodies ensorcelantes si typiques du groupe, ce qui constitua une déception pour certains.


Eh bien, auditeurs déçus de Askel Lähempänä Saatanaa, vous risquez de l’être encore plus par ce Hengen Tulet ; outre la magnifique cover qui semble nous convier à un rite diabolique, c’est le son qui nous frappe d’entrée sur ce nouvel effort, particulièrement sombre et puissant, avec des grattes accordées très graves, libérant ainsi une sorte de lourdeur chtonienne et menaçante confinant au malaise et à des années lumières des sonorités grésillantes du black traditionnel. La batterie, à la frappe (trop !) pesante et métronomique, ajoute à cette sensation d’étouffement, flirtant largement avec la gravité caverneuse du death metal (Puhdas avec ces riffs saccadés, lourds et headbangants et ces secousses de basse qui nous remuent les tripes, suivant cette longue plage d’orgue funèbre et désolée, Saatanalle...). D’ailleurs, la basse joue un rôle très important, grondant furieusement et nous enfonçant encore plus loin dans les profondeurs infernales, égarant nos sens dans les boyaux sombres de la terre par ses échos sourds et souterrains.

Conséquence immédiate, Horna perd en crasse ce qu’il gagne en lourdeur, peut-être trop d’ailleurs. Car, si le groupe est incontestablement honnête, ces 49 minutes sonnent trop souvent linéaires, et si les Finlandais marquent par une sincérité et un dévouement à l’art noir qui n’est plus à prouver, cette galette manque d’intensité et de coeur, nous servant dix titres déjà entendus et sans grande surprise.

On a pourtant le droit à des compos travaillées, loin d’être minimalistes, avec une certaine variété de tempi, les nombreux blasts alternant avec quelques mid plus groovy et rock ‘n roll, et quelques décélérations salvatrices : à ce titre, Amadriada, qui ouvre l’album, est un bon exemple, avec son riff central vibrant et bien black, ces mid tempi très entraînants et headbangant en milieu de morceau et ces quelques harmoniques inquiétantes, qui composent un titre efficace à l’accroche immédiate, même si on est étonné d’entendre Horna avec un son si moderne et puissant.
Ceci dit, rien à faire, on tombe vite dans la redite avec des titres plus dispensables ( le lent et soporifique Nekromantia, Tämä Maailma Odottaa) et le constat est amer : pas grand–chose ne ressort de ce Hengen Tullet, présentant des compos honorables mais rarement transcendantes, le tout ayant tendance à se répéter et ce en grande partie à cause d’un traitement sonore décidément malheureux ; la batterie résonne à n’en plus finir et couvre tout le reste, rendant les parties de blasts éprouvantes sur la longueur, et le magma grondant de guitares et de basse ne rend pas hommage à la finesse du jeu des musiciens, d’où, finalement, bien peu d’émotions ressortent, à part cette hideuse impression de blasphème et de malaise si chère au groupe et heureusement toujours palpable.

Finalement, c’est sur les ralentissements de tempo que les Finlandais se montrent les plus envoûtants, lorsqu’ils injectent quelques harmoniques vénéneuses à ce mur du son monolithique et frontal, distillant le poison dans les veines de l’auditeur de façon plus pernicieuse : les petites leads vicieuses de Saatanalle, à la performance vocale époustouflante, qui éclaboussent des riffs par ailleurs trop répétitifs d’une lueur noire et maligne, le long passage rampant de Ikuisuuden Kynyksellä, à la beauté sournoise et vénéneuse et à la basse intelligemment mise en avant, et surtout les guitares mélodiques et hypnotiques de Sodan Roihu, se mêlant idéalement au refrain vibrant de dégoût et de désespoir que Spellgoth éructe de sa voix dégueulasse (enfin un titre digne de Horna et sur lequel on reconnaît typiquement la patte finlandaise!) sont autant de morceaux qui montrent que Shatraug n’a pas perdu son savoir-faire et est toujours capable de composer de bons morceaux de black metal accrocheurs et mélodiques à l’aura sulfureuse.
Il faudra d’ailleurs souligner la performance vocale de Spellgoth, encore plus possédé que sur l’album précédant, qui, avec ses éructations bestiales particulièrement haineuses, contribue beaucoup à instaurer cette atmosphère noire et occulte, qui, il est vrai, ressort tout de même bien de l’album.


Entendons-nous bien, Hengen Hulet est loin d’être un mauvais full length, Horna signant une fois de plus une réalisation honnête à la sincérité palpable. Seulement, en plus d’être handicapé par un cruel manque d’originalité et d’identité, ce que l’on pardonnait aisément sur les albums précédents tant la magie d’un true black antichrétien et habité était palpable, Horna semble rentrer dans le moule, évoluant désormais dans une sorte de metal plus moderne et surproduit (ce fameux courant orthodoxe aux guitares sous accordées, aux riffs trainants et aux ambiances religieuses a fait des ravages…), se rapprochant ainsi de ses camarades de label Devathorn et tant d’autres.

Le résultat n’est pas déplaisant, et cet album s’écoute bien, avec des compos solides, dynamiques et bien troussées, mais reste tout de même une déception quand on sait que Shatraug est toujours parvenu à habiller ses réalisations d’une âme propre et d’une flamme unique qui ne brûlent que partiellement ici… Reste que cet album apporte son lot de nouveautés et d’évolutions, qui plairont ou pas, et en cela au moins, on ne pourra pas reprocher au groupe de stagner. A vous de vous faire votre opinion, je m’en retourne quant à moi écouter Sanojesi Äärelle en attendant le dixième album du groupe qui, espérons-le, saura renouer avec la tradition du grand Horna d’antan...

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oyo_doom_occulta - 30 Septembre 2015: Il est peut être trop tôt pour moi d'apporter un avis vraiment objectif... Cependant étant un énorme fan d'Horna je me retrouve dans ta chronique. Cependant je ne trouve pas cela novateur, en fait cet album me fais énormément pensé au sothauuto (dsl pour l'ortho.... le finnois pas ma langue de prédiléction) avec un mix aaskel auquel ont ajoute des riffs sanojessi.... ahahah bref un gros bordel!!! mais un album très sincère pour un des groupes les plus francs!
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