Ääniä Yössä

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15/20
Nom du groupe Horna
Nom de l'album Ääniä Yössä
Type Album
Date de parution 2006
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album128

Tracklist

1.
 Raiskattu Saastaisessa Valossa
 09:25
2.
 Noutajan Kutsu
 04:41
3.
 Mustan Surman Rukous
 08:12
4.
 Ääni Yössä
 21:21

Durée totale : 43:39

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Horna


Chronique @ sargeist

27 Octobre 2006
Horna... à mon avis un des rares groupes encore crédible dans le milieu de plus en plus débilitant du Black underground. Cette formation finlandaise passée presque exclusivement dans les mains de Shatraug nous sort ce "Aania Yossa" chez Debemur Morti, un label bien de chez nous.

La pochette est bien dans la tradition, graphique un peu crue et totalement sombre. L'édition A5 est assez plaisante à avoir entre les mains, bien qu'un peu pauvre...

Tout de suite, le son met dans l'ambiance. Cru, très raw mais néanmoins l'essentiel est audible. Les guitares sont comme étouffées, la basse est très en avant mais ressemble plus à un grondement un peu confus, la batterie est très loin derrière, les cymbales bien perceptibles mais les toms, caisse claire et grosse caisse très en retrait. Quand à la voix, elle est ultra saturée avec beaucoup de reverb à certains moments. Un disque de Black Metal quoi...

La musique est très loin de l'époque Black Thrashy assez véloce et entrainant des "Hiidentorni" et "Haudanskylmyyden Mailla" (désolé pour les fautes de finnois). Shatraug semble s'être orienté depuis quelque temps vers des morceaux plus mid tempos en général, assez répétitifs, longs et atmosphériques. Certains y voient déjà la patte de ce vieux farceur de Varg. Il est évident que la comparaison est obligée, mais je trouve cet album bien plus inspiré que tout ce qu'a pu sortir Burzum.

Le thème principal de cet opus étant la Peste Noire qui a sévie en Europe au 14ème siècle, l'ambiance générale n'est pas très réjouissante comme on l'attendait. Sur ce thème devenu assez bateau, beaucoup pourraient broder une vision de ces compositions sur le registre "poésie" morbide qui ne dit rien de concret. Cela n'a jamais été mon fort, je préfère parler musique.

Il n'y pas de miracle pour réussir ce genre de disque. C'est même très ardu de s'engouffrer dans ce style ultra minimaliste sans risquer de pondre une bouse innommable. Il faut du coeur, un feeling très présent qui malgré la répétition des thèmes, laisse la place à une improvisation, du moins à quelques touches humaines, quelque chose d'organique et vrai, paradoxalement à ce qu'est censé être le Black dans le mythe. Loin de toute production aseptisée. Le contraire du Death Metal en somme. Et ici cela est parfaitement réussi. Je ne me suis pas ennuyé une seconde à l'écoute de ces longs arrangements, tant l'honnêteté musicale y transparait. Presque aussi vraie que de la prise live. Ces petites touches de basses qui changent apportent de l'eau au moulin de cette ambiance putréfiée et rigide.

Malgré cela, les mélodies sont très présentes et assez entêtantes. Le dernier morceau est de toute beauté. Une sorte de longue complainte denuée de tout artifices, avec cela une intelligence artistique qui force le respect. L'expérience... Quand aux trois premiers morceaux, ils proposent des ambiances harmoniques et des riffs que je trouve assez novateurs. On ressent quelquefois un certain feeling épique et mélancolique qui apporte quelque chose de frais dans cet océan de noirceur. Pas besoin de synthés et de flutes, cela dénote un talent certain. Le disque est d'une homogénéité apparente, mais certains passages marquent toutefois l'oreille. La marque de l'inspiration.

Pour finir, il s'agit d'un très bon album de Horna, assez fermé bien sûr, et qui ne décevra sûrement pas les fans. Je reste un peu nostalgique de cette période ou la violence était plus marquée, la musique plus énergique, mais on ne pourra pas taxer Shatraug d'immobilisme.

Un groupe que je place largement au dessus de la meute médiocre. Hé oui il n'est pas donné à tous d'avoir du talent. Certains devraient en prendre de la graine...

16/20


3 Commentaires

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Fabien - 28 Janvier 2008: Sargeist, j?aimerais lire ton avis entre Aania Yossa et les deux précédents Envaatnags & Sudentaival. Possède-t'il un côté plus cru et minimaliste à ton sens ? Est-il différent dans son approche ? Merci de tes lumières.

Fabien.
sargeist - 28 Janvier 2008: Oh oui, ils sont différents dans leurs approches. Aania Yossa est bien plus Burzumien, morceaux plus longs, plus mid tempo, ou l'installation de l'atmosphère est primordial. Je dirais donc qu'il est plus minimaliste, notemment, sur le titre de fin de 20 minutes. EESE est bien plus mélodique, vivant, speed, avec ces trémolos que j'affectionne. Sudentaival c'est un peu pareil, avec des titres plus crus comme Black Metal Sodomy. A noter que c'est l'album que Shatraugh rejette, je me demande bien pourquoi.
C'est pour ca que j'aime Horna, chaque album est différent. Shatraugh tape dans tout les styles de BM, tout en restant indéniablement True. J'ai une affection particulière pour Hiidentorni, plus catchy dans l'approche, avec des éléments Thrashy.
 
Madrigal - 17 Octobre 2008: "C'est pour ca que j'aime Horna, chaque album est différent" ???

Ahahahaha...
Le son est différent à chaque fois mais pas le travail,désolé.

Personnellement, j'attends toujours l'innovation chez Horna malgré que la musique reste bonne.
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Commentaire @ drudkh666

01 Décembre 2006
NOTE 18/20

Il y a des moments uniques dans une vie. Ces instants précieux, fugaces qui vous marquent à jamais. Par exemple lorsque après une nuit mouvementée dans la cohue et le bruit d’un refuge bondé vous vous extirpez à 3 heures du matin, à la pâle lueur de votre lampe frontale vers ce sommet tant convoité. Vous marchez, l’effort est continu, long, puis enfin le sommet est là. Un dernier coup de piolet vous hisse sur ce dôme de neige immaculée, tout juste rejoint par les premières lumières orangées de l’aube. Vous vous sentez alors empli d’une profonde sensation de sérénité, de bonheur, de pureté. C’est exactement ce que vous ressentirez à l’écoute de ce “Ääniä Yössä”, dernière réalisation de Horna.
La pureté, l’intégrité absolue, la mélancolie, la tristesse aussi, voilà ce qui vous attend avec cet album. Depuis des années (première démo sortie en 1995) les finlandais conservent leur ligne de conduite true-black incorruptible, et ça ne changera pas avec ce petit bijoux de noirceur. Je pense que la voix de Shatrung est ce qui se fait de mieux dans la scène black actuelle, réussissant même à détrôner le sieur Grishnackh. Cette sublime voix d’outre-tombe met parfaitement dans l’ambiance de l’album, dont le concept porte sur la grande peste noire ayant ravagée l’Europe au 14e siècle (des plus réjouissant n’est-il pas ?). Tout dans cette œuvre empoisonnée est parfait : la batterie sonne parfaitement et n’est ni trop en retrait, ni trop en avant ; les guitares créent des ambiances uniques assez tristes et dépressives mais toujours d’une musicalité exceptionnelle. Le côté redondant de certains morceaux n’ira pas sans nous rappeler les meilleurs moments du cultissime “hvis lyset tar oss”, notamment l’extraordinaire “Ääni Yössä” de plus de 20 minutes.
En bref un monument black incontournable, qu’il serait criminel de ne pas posséder.

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Commentaire @ blackpsychoz

04 Avril 2007
Je pense que je vais en fâcher quelques uns, je n'ai pas tout à fait le même avis que les chroniques précédentes, mais c’est bien aussi d’avoir des avis différents. Non ?
On a affaire ici à un album black bien underground avec le dernier album d'Horna, Aania Yossa sorti l'été dernier.
Le groupe Finlandais nous propose un retour dans le passé. Un passé noir qui nous remonte au moyen age, au 14 ème siècle exactement. L'album traite ici de la peste noire qui à rongée l'Europe entière à cette époque. Charmant me direz vous. Je préfère le préciser car avec des textes entièrement en Finnois je pense pas que tous le monde aurait compris le sujet!
Je vais être direct, je ne pense pas que ce soit un album indispensable. On a à faire ici à un true black suprême, en effet Horna est bien un des seuls groupes à ne pas s'être débarrassé de ses racines black pures. Musicalement c'est absolument horrible, l'ambiance y est des plus malsaines. La batterie résonne au loin, vraiment loin, Les riffs simples quelque peu mélodiques et littéralement hypnotiques à la saturation dégueulasse s'enchaînent lentement; enfin bref un bon enregistrement true-lo-fi quoi. Shatraug apporte la touche qui nous fait plonger dans le malsain le plus sombre et profonde. Sa voix maladive horrifie, telle un corbeau agonissant de la pire des souffrances. Je n'avais jamais rien entendu de tel. C'est vraiment ce qui surprend le plus sur cet album, et c'est cette particularité que je retiens. Car pour le reste, je trouve cela plutôt linéaire, monotone, 4 titres longs dont le dernier dure plus de 20 minutes, enfin bref c'est un album dont je peux me passer d'écouter. Certes on n'a pas beaucoup l'occasion d'écouter un son black comme celui que produit Horna et c'est pour cela qu'il mérite qu'on y jette une oreille, mais je ne comprendrais pas qu'on s'y arrête. Aania Yossa est un hymne à la souffrance et au désespoir qui est cependant à consommer avec modération.

Note : */*/*/-/-/- (12/20)

Extrait de mon blog death-and-black.skyblog.com

Blackpsychoz

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