Jahreszeiten

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Nom du groupe Nargaroth
Nom de l'album Jahreszeiten
Type Album
Date de parution 12 Septembre 2009
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album82

Tracklist

1.
 Prolog
Ecouter03:11
2.
 Frühling
Ecouter10:32
3.
 Sommer
Ecouter13:50
4.
 Herbst
Ecouter21:58
5.
 Winter
Ecouter16:42

Durée totale : 01:06:13

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Nargaroth



Chronique @ Geisterber

24 Novembre 2009
Ah, Nargaroth ! Toute une mythologie, une pluie de critiques de la part des « puristes », qui stigmatisent l’attitude peu conventionnelle de Kanwulf, qui est peut-être le seul des Blackeux à avoir compris la philosophie de Nietzsche, que beaucoup de personnes de la scène pensent avoir comprise, mais qui commettent systématiquement un contresens criant : Nietzsche veut amener les gens à profiter de la vie, à savourer la vie, et les pseudos philosophes de la scène passent leur temps dans une ignorance indigne et perpétuelle… Alors Kanwulf, l’hyperboréen du Black Metal ? N’allons peut-être pas jusque là.

Une chose est sûre, ceux qui en restent à la surface des choses s’arrêteront au tout premier riff de ce « Jahreszeiten »(« Saisons »), dernier album en date de Nargaroth et décrèteront que l'album entier est une daube. En effet, ce premier riff digne des plus belles heures du manège enchanté en déconcertera plus d’un. Mais si on va plus loin, lier « Frühling », qui signifie « Printemps » à un riff si festif, ça a un sens extra-musical que beaucoup, apparemment, n’ont pu déceler. Mais comme nous sommes ici pour parler musique, ce que beaucoup oublient de faire à propos de Nargaroth, parlons de musique : le riff qui suit cet « extraterrestre » est certes plutôt simple mais terriblement efficace, Kanwulf et ses guitares incisives (cet album est doté d'une production excellente, dans tous les cas une très bonne production Black) nous rentrent dans le lard et nous offrent une profusion d’émotion, pour ensuite revenir à ce riff si déconcertant que l’on peut aussi juger en montrant à quel point Kanwulf est opportuniste et se fout de certaines conventions trop poussiéreuses… Mais ce n’est pas tout, ce premier morceau est loin d’être le meilleur de ce « Jahreszeiten », qui devient une œuvre dans lequel son géniteur offre toute sa puissance créatrice et ses émotions.

Non, le meilleur de cet album est le morceau qui suit : et il comporte tous les éléments qui sont à la fois décriés et appréciés chez Nargaroth : un côté emphatique dans la composition, mais aussi une forme de folie, comme dans ce riff qui apparaît au bout de 6 minutes 35 de « Sommer »(Eté), qui reste à la fois direct et profond, en un mot efficace, dans le sens où il véhicule une émotion forte, instantanée. Mais efficacité ne veut pas, dans ce « Jahreszeiten », rimer avec facilité : que ce soit dans la batterie, ou dans le riffing, qui ne tombe que très rarement dans la répétition, cet album est un album fort, bien produit, opportuniste, incisif, mélancolique… En restant objectif, ce "Sommer" est une perle et constitue l'apogée de cet album : ce morceau est peut-être le chef-d'œuvre de Kanwulf.

"Jahreszeiten" a cependant quelques faiblesses, comme par exemple l’introduction du morceau « Herbst »(Automne) par exemple, qui est un peu trop larmoyante et mélancolique, presque pathétique et qui en tout cas cumule les clichés (association violon-automne...), mais qui reste un morceau ambiancé, teinté de l’émotion personnelle de Kanwulf, qui la traduit avec un violon un peu maladroit. Mais voilà ce que lui reprochent ses détracteurs finalement : d’avoir sa propre vision du Black Metal, ce que tous ceux qui le critiquent sont, par voie de conséquence, incapables d’avoir puisque nombre de voix plus hautes que les autres ont décrétés au préalable que Nargaroth était nul, et Nargaroth devient dans chacune de leur parole quelque chose qui n’a pas sa chance, et jamais ils ne prendront la peine de l’écouter en détails… Mais ce dernier Nargaroth en vaut la peine, à l’image du dernier morceau qui clôt les « Saisons » en apothéose, le « Winter » qui foudroie puis se dirige progressivement vers une fin plus chargée en émotion, avec une batterie qui souligne un tempo lourd, tantôt avec un blast martial, tantôt avec une utilisation très intelligente de la double pédale, qui ferait pour un peu ressentir le froid à l’auditeur, à travers un voyage multiple, entre vitesse effrénée et mélancolie : « Winter » est un pur bijou musical et viens se hisser à la hauteur de « Sommer ».

Les deux pôles climatiques opposés constituent ainsi l’ossature d’une œuvre opportuniste, très efficace, pleine de vigueur et de mélancolie, parsemée de touches de gaieté ou de tristesse, touches toujours personnelles à Kanwulf, qui lors de son introduction en spoken word disait vouloir « apprendre, apprendre » (« Ich will lernen, lernen ») et finalement, le Black Metal, c’est ça, c’est l’apprentissage de sa remise en question : avec « Jahreszeiten », Kanwulf se remet en question, acquiert une réelle "maturité" dans sa composition et nous livre là son meilleur album : l’auditeur a « appris », et retire une sensation forte de cette pièce en 5 actes… Encore faut-il se pencher dessus et dépasser le stade des 3 premières minutes du "Printemps" : voilà à quoi Kanwulf est supérieur (et ça en fait du monde !)...

17/20

32 Commentaires

13 J'aime

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Ma2x - 20 Mars 2011: Bonne chronique Geisterber !

Frulhing est clairement étrange, mais kanwulf a osé, et en soi c'est déjà pas mal...
Le petit coté Polka-Black représente bien le printemps et rentre dans la thématique de l'album, alors bon...

Le reste, c'est carrément du tout bon.
Bolverkrheathenlord - 24 Mars 2011: @Geisterber : je ne faisais pas une comparaison annuelle avec Graveland (et encore moins Enthroned), c'était vraiment pour pousser la comparaison avec la turie qu'est "Fire Chariot of Destruction", et puisque tu parles de "Spears of Heaven" j'y préfère ce "Jahreszeinten" de Nargaroth.
foncc - 22 Juin 2011: Nargaroth est remonté dans l'estime des blackeux, ça fait plaisir de ne pas voir des sales commentaires.
Soli - 28 Juin 2012: C'est l'album de l'année 2009 pour ma part, un tel mélange entre haine et mélancolie qui se marient aux saisons.
Oui, j'ose, pour moi c'est le paroxysme du Black Metal, et pour m'emballer au point de donner la note suivante il en faut vraiment énormément.

Kanwulf, sur cet album tu m'as frappé là où il le fallait pour m'épater.
Grosse préférence pour Herbst et Sommer mais l'album entier vaut l'écoute, l'attention et la passion de tout fan de Black Metal qui se respectent.

Un album parfait, emballant, qui laisse des larmes et qui a touché toute mon attention, je l'écoute encore et encore en 2012.
20/20
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