In Rock

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18/20
Nom du groupe Deep Purple
Nom de l'album In Rock
Type Album
Date de parution 03 Juin 1970
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album715

Tracklist

Re-Issue in 1996 by Warner Music Group with 13 bonustracks.
1.
 Speed King
 04:18
2.
 Bloodsucker
 04:12
3.
 Child in Time
 10:15
4.
 Flight of the Rat
 07:52
5.
 Into the Fire
 03:29
6.
 Living Wreck
 04:30
7.
 Hard Lovin' Man
 07:10

Bonus
8.
 Black Night (Original Single Version)
 03:28
9.
 Studio Chat (1)
 00:33
10.
 Speed King (Piano Version)
 04:14
11.
 Studio Chat (2)
 00:25
12.
 Cry Free (Roger Glover Remix)
 03:20
13.
 Studio Chat (3)
 00:05
14.
 Jaw Stew (Unreleased Instrumental)
 02:30
15.
 Studio Chat (4)
 00:40
16.
 Flight of the Rat (Roger Glover Remix)
 07:53
17.
 Studio Chat (5)
 00:31
18.
 Speed King (Roger Glover Remix)
 05:52
19.
 Studio Chat (6)
 00:23
20.
 Black Night (Unedited Roger Glover Remix)
 04:47

Durée totale : 01:16:27


Chronique @ Mr_Propre

19 Fevrier 2013

In Rock s’inscrit clairement parmi les plus grands disques de Rock de tous les temps

Comment aborder un monument comme le Heavy Metal sans parler des pères fondateurs de ce mouvement musical. En effet, si le Metal tel que nous le connaissons aujourd’hui en est là, c’est bien grâce à des groupes comme Black Sabbath, Blue Cheer, Led Zeppelin et Deep Purple. Non pas que la musique jouée par ces monstres du Rock s’apparente à du Iron Maiden, du Manowar ou encore du WASP, les influences premières du Heavy Metal sont beaucoup plus fines et profondes qu’il n’y parait. Autant la suprématie de Black Sabbath au fondement du Metal est indéniable, autant faire le lien entre Deep Purple et le Heavy est beaucoup plus discuté.

Formé en 1968 à Birmingham, ville connue pour avoir abrité des groupes comme Black Sabbath, Electric Light Orchestra, Spencer Davis Group ou encore Judas Priest; Deep Purple a vu le jour au noyau dur du Rock et du Metal. Nous pouvons constater que tout au long de sa carrière, le groupe a très souvent changé de style, apportant parfois des touches Jazz, Blues voire même Classique. Le niveau exceptionnel des musiciens ayant intégré cette formation n’y est pas pour rien. Leur technique et leur polyvalence a pu permettre au groupe d’intégrer toutes ces influences diverses qui font le SON Deep Purple.

En plus de 40 ans de carrière, vous imaginez bien que Deep Purple a vu le passage de bons nombres de musiciens et je pense qu’une petite rétrospective sur le chemin parcouru avant le disque qui nous intéresse s’impose. Avant d’adopter ce nom là, en cette année 1967, le guitariste virtuose Ritchie Blackmore et Jon Lord qui lui, compose et joue de l’orgue Hammond, montent Roundabout. Ils sont rapidement rejoints par Rod Evans au chant, Nick Simper à la basse et Ian Paice derrière les fûts. Avril 68, Deep Purple est né (le nom vient de Ritchie, Deep Purple de Bill Crosby sorti en 1939 était la chanson préférée de sa grand-mère). Cette première formation nommée Mark I, sévira d’Avril 68 à Juin 69. Avant la sortie de leur premier opus, Shades of Deep Purple, le groupe sort un single composé par le très avant-gardiste et aujourd’hui culte Hush ainsi que le plus calme mais non moins terrible « One more Rainy Day ». Sorti le 21 Juin 1968 sur EMI Parlophone, ce single permet au groupe de se faire un nom dans le milieu du Rock et ce, outre-Atlantique tout particulièrement. Peu de temps après la sortie de ce single Deep Puple est contacté par le très renommé Eric Clapton et son groupe Cream ayant sorti un an plus tôt l’incontournable « Disraeli Gears ». A cette époque, Clapton et sa bande étaient très en vogue, le trio avait en quelque sorte fait voler en éclat les limites du Rock en y introduisant une virtuosité inconcevable et encore inégalée. Pas étonnant qu’Eric Clapton ait trouvé quelque chose dans Deep Purple vu le talent de ses jeunes membres, notamment Blackmore, Lord et Paice ayant déjà à l’époque un jeu particulièrement novateur. Ce n’est pas la première fois que Clapton donne sa chance à un jeune groupe prometteur. Pour la petite histoire, le 1 octobre 1966 « God » accepte de faire participer Hendrix à un de ses concerts avec Cream malgré la réticence de Ginger Baker; première partie où Clapton prend peur vu le génie qu’était Jimi Hendrix. Je ne peux pas affirmer avec certitude que c’est bien Eric Clapton qui a mis en contact Hendrix et Deep Purple, mais il n’empêche que les anglais furent invités quelques temps après au Hugh Hefner’s TV show aux Etats Unis pour échanger et jouer quelques morceaux comme Hey Joe et Hush avec le guitariste prodige noir Américain. Hey Joe sera d’ailleurs repris sur le premier disque de Deep Purple, hommage certain à Jimi Hendrix, guitariste ayant influencé Blackmore, notamment avec son utilisation si particulière des pédales à effet. Il est aussi une influence majeure des premiers groupes de Heavy Metal et de tous les guitaristes qui ont suivis tant il a révolutionné la guitare électrique. Avec ce premier album, Deep Purple joue dans un registre Rock mettant en avant ses influences psychédéliques voire pop, on est encore bien loin de In Rock.

En 1969, Deep Purple sort The Book of Taliesyn et leur album éponyme, allant encore plus loin dans la technique avec un Jon Lord déconcertant, alliant parfaitement sa formation classique au Rock proposé par le groupe. April est peut-être le titre le plus représentatif de ce mélange des styles et de cette volonté d’innover mise en avant par les anglais. Le mois de juin 1969 marque le départ de Rod Evans et de Nick Simper remplacé par Ian Gillan au chant et Roger Glover à la basse. Simper et Evans ne correspondait plus à la recherche de puissance et de vitesse souhaitée par les autres membres du groupe. Alors qu’ils étaient encore dans Deep Purple, Blackmore est allé voir Glover et Gillan qui étaient tout deux dans Episode Six. La performance des deux musiciens ayant laissé Ritchie sans voix, il décida d’enregistrer un titre dans le dos de Simper et Evans. Hallelujah voyait le jour, premier titre enregistré par le Pourpre sous sa forme la plus emblématique. C’est ce nouveau line-up nommé Mark II qui sortira les 2 albums les plus influents du groupe sur la scène Metal et Hard Rock. L’influence première vient d’un Ian Gillan particulièrement efficace au chant. Son timbre exceptionnel, sa capacité de monter dans les aiguës font de lui une influence majeure de tous les groupes de la NWOBHM.

Le temps d’adaptation des deux nouveaux arrivants fût de courte durée. En effet, de fin 69 à mi 70, le groupe rentre aux studios IBC (réputé pour avoir vu passer les Who, les Beatles ou encore Hendrix et les Stones) pour enregistrer sur un 4 pistes analogique ce qui va être l’album posant en partie les bases d’un nouveau courant musical que les critiques de l’époque nommèrent Hard Rock / Heavy Metal, les deux styles n’étant pas encore réellement démarqués. La consécration In Rock est sortie en septembre 1970, et quelle claque pour la scène rock. Un son nouveau, relativement proche de ce que faisait Blues Cheer, a mis les anglais sous les projecteurs. En 1970 Deep Purple est incontournable, enchaînant les concerts qui remplissaient des salles entières. In Rock c’est des rythmiques imparables avec un Ian Paice monstrueux derrière les fûts, un Blackmore fidèle à lui-même, un Jon Lord d’une virtuosité exceptionnelle et sans parler d’un Gillan totalement monstrueux et novateur, qui grâce à sa puissance permet à Deep Purple d’explorer des contrées encore inconnues. L’album démarre fort, le titre Speed King pose le ton; c’est énervé, ça va vite et c’est exécuté à merveille. Le changement par rapport au disque précédent est radical. Des titres comme Flight Of The Rats, qui fini d’une manière apocalyptique, ou encore Into The Fire qui est très rock & roll sont la preuve que le groupe peut toujours mélanger les influences accumulées jusque-là à merveille. D’ailleurs, sur ce titre, Gillan montre qu’il peut durcir sa voix pour donner une autre atmosphère foncièrement plus Hard à la musique de Deep Purple. Cet album regorge de titre plus terribles les uns que les autres, qui en plus d'être joué parfaitement grâce à la virtuosité indéniable des musiciens composant le groupe mettent en avant un sens minutieux de la composition. Virtuose il faut l'être pour réussir à composer un hymne tel que "Child in Time". Le titre démarre sur quelques notes d’orgue, inspirée par le titre Bombay Calling de "Vince Wallace", où le style de Lord est immédiatement reconnaissable (à noter que sur In Rock il a branché sa machine sur un ampli Marshall pour durcir le ton et coller à la guitare électrique). Imparable à tous les niveaux, mêlant plans complexes, montée en puissance redoutable et surtout une voix de possédé encore jamais entendu, Child in Time atomise, pul-vé-rise la concurrence. Quand Gillan pousse dans les aigüe sur la rythmique ravageuse que nous assène Ian Paice (écoutez au casque vous allez comprendre), c'est une grande partie du Heavy Metal qui né sur ce morceau (Iron Maiden et Judas Priest en tête)! Le solo joué à la vitesse de la lumière qui part dans tous les sens mais maîtrisé de bout en bout tout comme la fin cacophonique à la limite de la rupture dépasse clairement la définition du Rock et du Hard comme ils étaient vu dans les années 70. In Rock est arrivé comme un OVNI, laissant tout le monde sur le carreau avec ce qui est peut-être l'album le plus puissant enregistré sur un 4 pistes jusque-là.

Une des premières pierres du Heavy Metal fût posée de la plus remarquable des manières avec un album intemporel qui, 43 ans après sa sortie, continue à mettre des gifles monumentales aux mécréants n’ayant encore jamais posé l’oreille dessus. Musicalement parfait et réellement novateur, In Rock s’inscrit clairement parmi les plus grands disques de Rock de tous les temps. Vital!

23 Commentaires

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Hellsheimer - 02 Juin 2013: Merci.
frozenheart - 01 Fevrier 2019:

Excellente chronique très informative, de mon album de Deep Purple préféré , encore merci! 

mechant - 31 Janvier 2020:

Je viens de prendre bcp de plaisir a lire cette chronique si bien renseignée.

Deep purple fait parti des groupes qui ont revolutionné leur temps et permis de repousser les frontieres du rock.

LARS ULRICH avouait que sa participation à 1 concert de Deep Purple avait ete l'element declencheur de sa passion pour le hard au sens large....

Pour revenir à cet album il est bien dans son epoque 70's....

MAIDEN26 - 01 Fevrier 2020:

superbe chronique pour un album qui ne l'est pas moins !!!

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Chronique @ leatherface

18 Octobre 2008
1970, les Deep Purple et leur créativité débordante en sont déjà à leur 5éme album.Un nouveau monument du Hard rock , celui qui révèle le chanteur Ian Gillan, le premier album du Mark II.
In Rock et sa pochette, un grand classique de la discothèque du bon hardos qui se respecte où l'on voix les visages des 5 membres du groupe sculpté sur le mont Rushmore où l'on avait plutôt l'habitude d'y voir les 4 présidents de la République les plus influents de l'histoire des États-Unis.

Intéressons nous maintenant à cette galette qui renferme quelques uns des plus grands tubes des Deeps.

Haaaaaaa... que de nostalgie à l'écoute de ce disque, la bonne époque des enregistrement analogique où le son "craque" dans les oreilles, le grain et la "chaleur" de la prod... une époque malheureusement révolue. Dommage, car le son que l'on faisait en cette époque mettait à merveille en valeur les gros riff de ce bon Ritchie Blackmore.
Et quelle lourdeur !! Le terme de "heavy metal" fait à juste titre son apparition à cette époque pour qualifier cet album, qui est, on peut le dire, le heavy metal à l'état "primitif".

Mais tout d'abord cette intro apocalyptique, la guitare torturée de Blackmore, l'orgue hammond de Jon Lord et la basse vrombissante de Roger Glover, on a l'impression d'être en face des gars au premier rang juste devant le groupe en concert tellement on ressent le côté spontané de leur musique qui devient une entité vivante à part entière. Débarque ensuite en grande trombe le "sur-vitaminé" "Speed King" un classique du groupe , le décor est planté.
Rien n'est à jeter sur cet album.
Le très rock'n'roll "Bloodsucker" ou une belle illustration du style Blackmore qui ne serait rien sans cette "brute épaisse" de Ian Paic , batteur monstrueux simplement impressionnant.
Le sublime "Child in Time", si on ne devait en garder qu'une, ce serait ELLE la ballade des Deep Purples, Ian Gillian signe ici ses lettres de noblesse par sa performance vocale historique dans le rock avec une monté dans les aigus qui fut d'ailleurs souligné dans le guiness Book. On n'oubliera pas la contribution du tandem Lord/Blackmore pour ce titre, le premier pour ses mélodies d'orgue fabuleuses sur l'intro, le second pour son solo de guitare d'anthologie au milieu du titre.
Flight Of the Rat nous permet de reporter de nouveau notre attention sur Ian Paice qui balance encore des patterns de batterie du feu de dieu bourré de feeling pendant que Blackmore délire sur sa guitare en whawha, ce groove limite funky et péchu montre une fois de plus des musiciens parfaitement à l'aise dans la diversification stylistique si je puis dire.
Into the fire, tout d'un coup il fait chaud, comme le titre nous l'indique, la guitare de Blackmore envoie un riff endiablé qui restitue bien étrangement cette sensation de brasier comme si le groupe nous passait dans une poile à frire. Ce titre, construit sur un riff "pachidermique" avec de lourdes montées et descentes et bien efficacement appuyé par l'orgue hammond distordu du sieur Lord et la voix hurlée et agressive de Ian Gillian nous plonge un peu plus dans la fournaise d'Into The Fire.
Sur Living Wreck, la section Basse/batterie fait encore quelques merveilles avec la basse "chantante" et mélodieuse de Roger Glover et le cogneur Ian Paice qui sort encore des brakes de batteries et des roulements de caisse claire vertigineux et complètement bluffants.
Hard Lovin Man, un autre morceau long conclut cet album d'une manière épique avec une rythmique qui sera largement repompée par X groupes de Heavy dans les années à suivre. Guitares harmonisés, solos de claviers psychédéliques, Ce In Rock finit dans l'apothéose.

Voici donc certainement le meilleur, sinon l'un des trois meilleurs album de ce groupe mythique. Rien n'est à jeter dans cet album exquis du début à la fin, une époque fabuleuse pour ce que deviendra le rock et aussi le metal où tout restait à faire. Le groupe atteint ici un très haut niveau et leur ascension à cette époque n'est pas encore achevé, certaines pièces maitresses restaient encore à venir...

8 Commentaires

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Chab - 07 Juin 2010: Child In Time, 10.18 minutes de bonheur :O Une référence pour moi cet album =)
rambo53 - 15 Octobre 2010: Merci pour la chro', tout est dit!
Un vrai plaisir de te lire car tu résume très bien cet album mythique, qui pour moi aussi est le meilleur du groupe.
On sent la passion à travers ta description, et comme tu le dis si bien le son...mais bon dieu ce son!
leatherface - 15 Octobre 2010: merci rambo , j'marche qu'au coup de coeur et aux chros d'albums pas encore faite , du coup autant te dire que c'est rare de pouvoir me lire ;)
Lamikawet - 19 Mars 2011: effectivement, un grand classique à posséder pour tout fan de hard rock et même de musique en général.
Un petit merci pour ceux qui ont rajouté Black Night sur la version remasterisée.
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