Deep Purple

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14/20
Nom du groupe Deep Purple
Nom de l'album Deep Purple
Type Album
Date de parution 21 Juin 1969
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album214

Tracklist

Tracks 9-13 : Bonustracks (2000 Remastered Edition).
1.
 Chasing Shadows
 05:34
2.
 Blind
 05:26
3.
 Lalena
 05:05
4.
 Fault Line
 01:46
5.
 The Painter
 03:51
6.
 Why Didn't Rosemary?
 05:04
7.
 Bird Has Flown
 05:36
8.
 April
 12:10

Bonus
9.
 The Bird Has Flown (Alternate Single Version)
 02:54
10.
 Emmaretta (B-Side)
 03:00
11.
 Emmaretta (BBC Top Gear Session 14/1/69)
 03:09
12.
 Lalena (BBC Radio Session 24/6/69)
 03:33
13.
 The Painter
 02:18

Durée totale : 59:26


Chronique @ ShowNoMercy

24 Janvier 2010
Deep Purple (Deep Purple MkI)

Chant: Rod Evans
Guitare: Ritchie Blackmore
Batterie: Ian Paice
Basse: Nick Simper
Claviers: Jon Lord

Lalena: Chanson originale de Donovan.
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Et voilà, nous sommes en juin 1969, un an et demi après la formation de ce groupe qui va très bientôt devenir un légende vivante du Rock des 70's, et voici déjà un troisième album dans les bacs. Un album qui portera d'ailleurs le nom du groupe: Deep Purple. On avait déjà eu le droit à "Shades of Deep Purple", mais non, cette fois-ci ce fut "Deep Purple" tout court... sans doute parce qu’il s'agit de leur premier album véritablement à plus de 90% issu de leurs propres compositions, tandis que le tout premier n'était que "l'Ombre de Deep Purple". Car contrairement aux deux précédents, qui regorgeaient de reprises, le groupe nous livre ici un album de 8 titres dont seulement 1 est une reprise. La version CD remasterisée contient de surcroit 5 titres bonus qui rallongent la durée d'écoute parmi lesquels on trouvera une composition unique parue à l'époque sur un single (Emmaretta) sorti durant la même période que l'album "Deep Purple".
Le reste de ces bonus ne consiste qu'en des versions alternatives ou enregistrées en live en studio de la BBC de titres déjà présents sur l'album original, et qui soit dit au passage, sont de bien moins bonne qualité que ce que les précédents albums avaient à nous offrir en matière de bonus.

Le tout sur une pochette encore plus étrange que celle de "The Book of Taliesyn", mais ô combien significative pour le monde du métal et du hard hard Rock! Il s'agit en effet d'une copie monochrome d'un pan du tableau "Le Jardin des Délices" (XVIème siècle), que vous pourrez admirer au musée du Prado, à Madrid. Un tableau qui représente d'un côté le jardin D'Eden et de l'autre, les enfers et le tourment qu'y subissent les pauvres âmes damnées condamnées à y errer pour l'éternité, le tout dans un décor très baroque typique de la Renaissance. D'après vous lequel des deux pans a été choisi par le groupe pour y faire sa couverture? Le jardin d'Eden tout pourri dans lequel il ne se passe rien, mais bien plus dans l'ambiance baba cool des années 60-70, ou tout n'est que Peace and Love? Lorsqu'on sait que les thèmes développés dans les paroles de Deep Purple jusqu'à présent n'étaient pas plus violents et agressifs que la dernière compilation en date de Claude François ou de Bourville, cela pourrait sembler assez évident...

Et non, tout faux: les enfers et la damnation!
Et ouais, les enfers, exactement comme sur la pochette!
Avec le seigneur des oiseaux qui te bouffe vivant, tandis que des démons obligent des esclaves à manger dans la fosse à purin qui se trouve juste sous son trône! Où t'es écartelé vivant sur les cordes d'une harpe qui t'arrache la peau! Où des démons et un lapin te plantent une lance dans le crâne alors que t'es toujours vivant en t'obligeant à garder un dé géant en équilibre sur ce même crâne! Où des démons te font subir les pires tortures sexuelles avec des instruments à vent!

Et au milieu de ce décor, on peut distinguer en tout petit les cinq membres du groupe qui admirent le panorama... Comment? Deep Purple se met au satanisme et à la musique ténébreuse?!? Et ce avant même l'apparition de Black Sabbath!?!
Et là, plouf, vos espoirs tombent à l'eau dès la première rapide écoute de l'album: le contenu n'a rien, mais alors RIEN, de ténébreux ou de sataniste du tout. Des chansons qui font l'apologie de la drogue, qui parlent d'amour, de filles... Mais rien de bien méchant en somme. On est à vrai dire exactement dans la même lignée que les deux albums précédents: un space rock qui se cherche tantôt du côté du psychédélisme, tantôt avec quelques timides tentatives de Hard Rock. La raison de cette pochette reste donc un mystère. Cherchaient-ils à signifier qu'ils avaient passé un pacte avec le diable en échange de leur talent musical, et donc que leur place finirait inévitablement en enfer?
A noter toutefois que cette pochette a été très mal acceptée à l'époque aux USA (dans l'Amérique puritaine), du fait de son caractère maléfique, et beaucoup de vendeurs ont tout simplement refusé de la voir dans leurs bacs. Ce qui fait de la version LP de cet album la plus difficile de Deep Purple à trouver aux USA... Qu'est ce qu'il ne fallait pas à l'époque pour choquer son petit monde!

Qu'importe, intéressons nous plutôt au contenu de l'album. Deep Purple MkI poursuit ici sa ligne de conduite exactement comme il l’a fait jusqu’alors avec l’éternelle présence d’intro symphoniques à la Blackmore/Lord, qui nous font nous demander si parfois nous ne serions pas tombés sur un album de musique classique. Si vous avez apprécié Deep Purple MkI jusqu'à présent, en toute honnêteté vous ne serez pas troublé ou écœuré par cet opus. Il reste toutefois, même si est de qualité plus que correcte, légèrement moins énergique que les deux précédents opus. Il débute en effet par une série de quatre chansons mêlant tantôt un space rock soft, tantôt une ballade très bien chantée et tantôt un instrumental court qui ne sert d'introduction qu'à la 5eme chanson: "The Painter". Attardons nous toutefois un peu sur "Blind", le second titre qui nous fournit un rock lent assez intéressant au niveau d'une rythmique saccadée, entre d'une part la batterie, la guitare et la basse, tandis que le clavier de Jon Lord nous sort des symphonies très mélodiques et baroques qui s’accordent parfaitement sur le reste de la composition en jouant sur des décalages rythmiques très maîtrisés. Le tout sous la couverture de Rod Evans et sa belle voix, comme toujours. A mon sens, c'est une réussite même si ce n'est pas le meilleur que l'album peut nous offrir.

La suite est beaucoup plus Rock, et même pratiquement classifiable en tant que Hard Rock avec des titres comme "Why didn't Rosemary" ou "The Painter". Le titre qui fut le plus acclamé par les fans fut sans aucun doute "April", un titre assez long qui enchaîne deux grandes parties instrumentales de 4 minutes chacune, évoquant respectivement une sorte de musique pré-duel final de western spaghetti (avec les voix des chœurs en off) suivi d'une compo plus dans le ton d’un lent ballet tragique. Le tout avec la prépondérance du duo Lord/Blackmore, qui nous ont déjà habitué à ce genre d'instrumental. Une troisième partie vient compléter le tableau en s'enchaînant sur une ballade rock chantée et plutôt lente. Ce n'est pas à mon sens le meilleur titre de l'album, surtout que je ne trouve pas les transitions entre les 3 parties très pertinentes, mais cela s'écoute toujours sans avoir à se forcer. Mon faible va personnellement au titre "A Bird Has Flown", un titre assez lourd sur les percussions, la basse et la guitare, avec ces rythmiques assez lentes et redondantes qui en d'autres temps m'auraient évoqué du Doom... Même Evans baisse le timbre de sa voix sur celle là.
Et le tout qui s'achève sur un solo magistral Blackmore/Lord qui n'est pas sans rappeler que très bientôt, Deep Purple sera l'une des pièces maîtresses sans laquelle le Hard Rock n'aurait pas toutes ses lettres de noblesse!

N'oublions pas de mentionner "Emmeretta", un titre rock mis en bonus, ayant une basse mise en avant sur l'ensemble du morceau, ce qui lui donne son charme propre. Enfin, un mot sur le livret du CD remasterisé: tout comme les deux précédents albums, il contient l'historique de la création du disque (et des titres bonus), ainsi que le déroulement de la tournée 1969, mais uniquement en anglais! Avec en complément des photos d'époque qui en fait donc un album définitivement indispensable aux gros fans collectors de Deep Purple.

En définitive, "Deep Purple" reste un album correct et sympa, de fabrication Mk I pur jus, mais n'est pas non plus immensément transcendant.
Mais l'intérêt réside essentiellement dans le fait qu'il s'agit du dernier album de Deep Purple Mk I. En effet, des dissensions commencent (déjà) à apparaitre au sein du groupe, et ce durant la tournée de 1969. Le bassiste Nick Simper s'entendait de moins en moins avec les deux leaders du groupe (ce qui en général annonce la fin de votre participation à celui-ci), et de plus ces derniers envisageaient par ailleurs de passer à un échelon musical supérieur: du Hard Rock, du vrai, et en cela, Rod Evans, ne se sentait absolument pas l'âme de brailler dans un micro avec une musique encore plus forte qui tonne autour de lui. Jon Lord et Ritchie Blackmore décidèrent donc au cours de cette tournée, que sitôt cette dernière achevée, de remplacer le chanteur et le bassiste du groupe et de lui donner une nouvelle orientation. La suite, les fans la connaissent, c'est l'arrivée de Ian Gillan et Roger Glover, et le début de l'incroyable épopée du Deep Purple Mk II... Mais c’est est une autre histoire.

Retenons simplement qu'ici s'arrêtent les débuts rock/psychédéliques/ballades instrumentales mélodiques du groupe. Certains regretteront sans doute qu'il n'y ait pas eu encore un ou deux albums de plus estampillés MkI.
Pas moi.
Les 3 premiers albums du groupe sont satisfaisants à eux seuls et nous donnent une bonne vue d'ensemble des capacités pré-hard Rock du groupe. Lorsqu'on les a écouté à la chaîne, on est bien content, mais on se dit également "Bon sang, quand est ce qu'ils nous sortent le grand le jeu!?"
Un album à avoir donc, si vous avez apprécié le MkI depuis le début. Sinon il n'est pas hyper indispensable mais mérite quand même au minimum une écoute attentive.

1 Commentaire

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CochonWarrior - 22 Mai 2019:

Chronique très intéressante et agréable à lire à propos d'une période du groupe un peu méconnue!

Merci!

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