Ihsahn

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17/20
Nom du groupe Ihsahn
Nom de l'album Ihsahn
Type Album
Date de parution 16 Fevrier 2024
Produit par Jens Bogren
Style MusicalBlack Progressif
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1.
 Cervus Venator
 01:19
2.
 The Promethean Spark
 04:52
3.
 Pilgrimage to Oblivion
 04:21
4.
 Twice Born
 03:37
5.
 A Taste of the Ambrosia
 04:23
6.
 Anima Extraneae
 01:40
7.
 Blood Trails to Love
 05:05
8.
 Hubris and Blue Devils
 07:54
9.
 The Distance Between Us
 04:30
10.
 At the Heart of All Things Broken
 09:13
11.
 Sonata Profana
 01:44

Durée totale : 48:38

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Ihsahn


Chronique @ Eternalis

24 Fevrier 2024

Comme un point d'orgue. Mais certainement pas un point final.

"Les idées sont les racines de la création"
Ernest Dimmet

Les idées, Ihsahn n'en a jamais manqué. Insatiable créateur de l'infini, œuvrant sans cesse pour repousser les limites de la musique extrême et progressive, il est, à l'instar d'un Devin Townsend, d'un Mikael Akerfeldt fut-un temps ou encore, dans une certaine mesure, Steven Wilson, ce type d'hommes a toujours chercher plus. Ne jamais s'enfermer dans un carcan, expérimenter, se tromper, réussir mais surtout ne jamais faire la même chose, ne jamais stagner.
Depuis ses racines black metal d'Emperor, Ihsahn sort un huitième album solo faisant suite au double ep "Telemark" / "Pharos" qui formaient ensemble un véritable disque basé sur l'opposition et l'antinomie. Ambitieuse création éponyme, ce nouvel opus est une nouvelle excuse pour repousser ses propres limites et tâter certains terrains d'expérimentation restés vierges pour le norvégien depuis quelques années. Alors qu'il est connu pour avoir quasiment créé le black metal symphonique avec Emperor aux côtés de Limbonic Art ou Dimmu Borgir, Ihsahn avait depuis longtemps délaissé les orchestrations pour une musique non pas moins ambitieuse ou arrangé mais où les éléments extérieurs étaient savamment choisis, particulièrement le saxophone de Jurgen Munkeby. Malgré quelques exceptions arrangés aux claviers, il n'y avait rien de comparable avec le projet de ce disque, déjà très dense et véritable retour à une musique pensé pour une dynamique symphonique mais également enregistré de façon totalement orchestrale et instrumentale pour une seconde version, volontairement indépendante afin de ne pas la reléguer au simple rang de "bonus".

En présentant en premier un titre aussi extrême et symphonique que "Pilgrimage to Oblivion", Ihsahn démontre qu'il revient à la fois à ses premiers amours pour la violence du riff, la vitesse d'exécution mais aussi le fourmillement symphonique et la densité qui s'en dégage. L'intensité orchestrale qui se dégage du titre (la production de Jens Bogren est une fois encore impressionnante et on jurerait qu'il s'agisse d'un véritable ensemble orchestral) n'a probablement jamais été aussi forte sur un disque solo du norvégien et la notion de soundtrack est plus forte que jamais. De façon très intéressante, la version instrumentale est dépourvu de la violence impulsée par les guitares et le chant, provoquant un contraste assez saisissant. Le chant clair d'Ihsahn est désormais totalement maitrisé et, sans surprise, sa prestation vocale est un sans faute de bout en bout. "Twice Born" va également en ce sens, baignant dans une multitude d'arrangements très dramatiques. On aura rarement entendu l'homme si grandiloquent, tranchant radicalement avec le rendu d'"Amr" qui se voulait compressé (volontairement) et presque clinique dans son exécution.
Assez logiquement aux vues des ambitions du compositeur, admettant chercher toujours à se surprendre lui-même et se lancer des défis, les travaux électroniques qu'il avait sillonné (avec succès) depuis quelques opus sont totalement absents ici. Les liens avec le passé sont néanmoins perceptibles, que ce soit à travers un très mélodique "Blood Trails to Love" qui débute pourtant sur un riff décharné qu'on aurait pu trouver sur "Das Seelenbrechen" avant d'enchainer avec un refrain digne des passages les plus accessibles de "Arktis". Ou encore le génial" Hubris and Blue Devils" (cette introduction digne d'un film d'horreur) et son riff comme lui-seul peut faire sonner sa 8-cordes qu'on aurait clairement pu trouver sur "After". Ce riff principal, qui surgit après 1 minute, est le parfait exemple qu'il ne travaille pas comme les autres, que son inspiration reste un vivier sans fond. Les respirations instrumentales que sont les courts intermèdes "Cervus Venator", la délicate "Anima Extraneae" au piano ou l'outro "Sonata Profana", terminant ce périple dans une atmosphère sombre et solennelle, semblent tisser une toile cohérente pour un disque pas forcément simple d'accès de prime abord. Car "The Promethean Spark" n'est pas une composition évidente pour ouvrir un album, plutôt mid tempo, avec des guitares en retrait et une dynamique centrée autour des pulsations rythmiques de l'ensemble à cordes.
Le point culminant est assez logiquement ce final de neuf minutes, "At the Heart of All Things Broken", longue litanie très mélancolique, sans éruptions volcaniques de guitares ni déversements de growls hurleurs, mais montant en puissance et en intensité tout au long de sa progression. La version orchestrale est d'ailleurs une véritable BO à part entière, où les images afflux et prouvant que le morceau se suffit à lui-même pour exprimer sa force d'évocation, sans guitare ni chant et juste cette magnifique ligne de piano.

Cet opus éponyme est donc assez difficile à suivre dans son ambition, dans ses allées-retours entre metal et symphonie (même s'il est évident que certains se contenteront logiquement de la première version), dans sa complétude également qui n'apporte pas d'éléments foncièrement nouveaux à la carrière d'Ihsahn mais embrase plutôt ses caractéristiques fondamentales pour les assembler avec une expérience de trente ans. Comme un point d'orgue. Mais certainement pas un point final.

5 Commentaires

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Eternalis - 25 Fevrier 2024:

Ce qui reste assez impressionnant, c'est la qualité des samples. Il y a vraiment des moments où on jurerait des instruments réels tellement ça vibrer et sonne vivant.
D'accord avec tout ce que tu dis. Ihsahn a d'ailleurs dit toutes ses influences de BO et qu'il adorerait travailler pour un "vrai" film. Et ça se sent dans un disque comme celui ci.

JeanEdernDesecrator - 25 Fevrier 2024:

Merci pour la chronique ! Il va falloir que je prenne vraiment le temps de l'écouter, malgré les chroniques à faire, je sens qu'il va me plaire, celui-là...

Molick - 25 Fevrier 2024:

Ben le niveau actuel des instruments virtuels orchestraux est assez fou. Tu peux vite arriver à un résultat bluffant :

https://www.youtube.com/watch?v=AAMZzs3n_o4

https://www.youtube.com/watch?v=--CY3w3jz-I&t=35s

D'ailleurs je n'ai pas trouvé quelles bibliothèques de samples il a utilisé.

Eternalis - 25 Fevrier 2024:

Visiblement, BBC Symphony Orchestra Pro wink

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