I Hear Black

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Overkill (USA)
Nom de l'album I Hear Black
Type Album
Date de parution 09 Mars 1993
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album201

Tracklist

1.
 Dreaming in Columbian
 04:00
2.
 I Hear Black
 05:38
3.
 World of Hurt
 05:19
4.
 Feed My Head
 05:37
5.
 Shades of Grey
 05:19
6.
 Spiritual Void
 05:14
7.
 Ghost Dance
 01:46
8.
 Weight of the World
 04:07
9.
 Ignorance & Innocence
 05:00
10.
 Undying
 05:26
11.
 Just Like You
 04:13

Durée totale : 51:39


Chronique @ Lunuy

24 Juillet 2011

Misant autant sur le Groove que sur le Blues, Overkill nous sert un sixième album très pesant

Le début des années 90 vit nombre de formations Thrash Metal changer (plus ou moins) leur fusil d’épaule : soufflés par le succès grandissant de scènes concurrentes, tel le grunge ou le Death Metal, la plupart des groupes de premier comme de second plan prirent le risque de décélérer le tempo puis de proposer un son et un style différents.

Overkill n’a pas échappé à ce mouvement.
Avec I Hear Black, le groupe new-yorkais a poursuivis, encore une fois, ces expérimentations techniques. En effet, ce qui frappe l’oreille dès les premiers titres de ce sixième album, c’est à la fois les sonorités et le rendu général des instruments : exit le son propret des deux disques précédents et place à une production et un mixage plus approximatifs ; exit également la totalité des racines Thrash originelles et place à des rythmiques groovy plus prononcées et plus lentes que celles d’Horrorscope (qui font parfois pensées au Cowboys from Hell de Pantera) ainsi qu’à une forte influence bluesy dans les arpèges de la basse de D.D. Verni et les guitares de Herritt Grant et Rob Cannavino. Pour renforcer encore cet effet d’austérité, Bobby " Blitz " chante moins dans les aigus et le livret propose une mise en page rustique : paroles et crédits écrits en noir et blanc et, qui plus est, à la main avec des ratures, comme s’il s’agissait de textes écrits à la hâte. Et pour toute illustration, nous avons seulement droit à une photo, elle aussi en noir et blanc, du groupe réuni sous la voûte d’une église...

De fait, les compositions sont, comme toujours, très variées, et révèlent leur lot de surprises : un émouvant et rythmé " World of Hurt " à la fin en boucle, un mélodique et ambiant " Shades of Grey ", un angoissant interlude " Ghost Dance ", un " Undying " aux vocaux réverbérés... Mais si la majorité des titres arrivent à générer une ambiance pesante, il serait un peu exagéré de dire que l’album soit une réelle réussite.
D’abord en raison de son côté hétérogène : le groupe semble jouer sur deux tableaux à la fois, puisqu’il envoie de temps à autres quelques retours en force, tels le rythmé " Spiritual Void ", le catchy " Weight of the World " ou le saccadé " Just Like You ". Sans dire que le choix de l’enchaînement est mauvais, on peut douter du choix de titres somme toutes assez disparates.
De plus, une question surtout se pose : le jeu du nouveau batteur Tim Mallare, qui a remplacé le très percutant " Sid " Falck, est-il un atout ou une faiblesse de l’album ? Que les accords soient volontairement rendus très secs à l’écoute via une production délibérément lo-fi, pourquoi pas ?!? Mais difficile toutefois pour l’auditeur lambda d’apprécier le son de la caisse claire de la batterie quand elle domine nettement la basse et les guitares, notamment sur les lourds " Feed My Head " ou "Ignorance & Innocence". Manque de rigueur technique ou choix artistique ? La question reste ouverte...

En un sens, I Hear Black est à Overkill ce que Persistence of Time est à leurs collègues new-yorkais d’Anthrax : un disque relativement lent, sombre et « sérieux », assez éloigné de l’aspect pêchu, épique ou défouloir des premières réalisations du groupe si on excepte deux trois titres cités plus hauts. En résumé, une œuvre atypique dans le parcours d’Overkill, qu’on pourrait qualifier soit comme expérimentale soit comme un album relativement raté, marquant simplement la transition définitive du style du groupe du Thrash originel au Groove Metal ; tout dépend si on apprécie ou non cette prise de risque/ce virage stylistique douteux (rayez la mention fausse). Il est toutefois assez révélateur que " World of Hurt " ou " Spiritual Void " soient pratiquement les seuls titres de cet album à avoir été régulièrement joués en live par le gang new-yorkais.

... Pardon ? I Hear Black, le " Black Album " d’Overkill ? Allons, allons, amis thrashers, ne soyez pas si amers et vindicatifs ! Si ce disque ne vous plaît pas, vous pouvez toujours tentez votre chance avec le suivant "W.F.O", plus direct et rythmé.

10 Commentaires

8 J'aime

Partager

choahardoc - 07 Août 2011: Black Album, hhmmm... en quelque sorte, mais je ne retrouve pas la l'énorme réussite mélodique qui a fait du controversé Metallica un monument populaire et vulgarisateur que, pour ma part, j'affectionne. World Of Hurt me scotche bien évidemment mais l'ensemble est trop disparate pour soutenir la comparaison avec les OK précédents. Sinon, une chro nickel pour un album simplement honnête, merci.
Bark_at_The_Moon - 16 Novembre 2012: Un album différent d'Overkill. C'est vrai qu'après "Horrorscope", je ne m'attendais pas à ça du tout, mais je l'aime bien aussi, ce disque. Au fait, que pensez-vous de la pochette ? Assez énigmatique. Elle m'intrigue toujours. Quelqu'un a-t-il connaissance du concept qu'elle illustre et de ce qu'elle représentait pour le groupe ?
NICOS - 21 Mars 2013: Le deuxième morceaux est un plagiat incroyable du , morceau Zero the hero de Black sabbath, excellement repris par CANNIBAL par ailleurs.
Slyness - 16 Janvier 2017: C'est effectivement un album complètement différent de ce qu'ils avaient l'habitude de nous balancer, mais personnellement c'est un de mes albums préférés du groupe. Ce qui m'énerve un peu, c'est les thrashers qui crient au scandale et à la merde totale dès qu'un groupe de Thrash sort un album qui s'éloigne un tant soit peu du Thrash 80's. C'est pas parce que c'est moins Thrash, que c'est moins bien! Cet album tente des choses nouvelles, et à mon sens il les réussit. Une sorte de mélange entre Black Sabbath et Overkill, plus sombre, lourd et groovy, il a une ambiance particulière bien à lui que j'adore vraiment
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire