Cela fait moins d'un an que ce groupe est entré dans mon répertoire musical, alors il fallait bien que je mesure l'étendue des dégâts que le quatuor bordelais pouvait causer dans ce nouvel album. Dégâts à ne pas prendre au sens péjoratif du terme comme "mauvais", mais plutôt comme "bon" dans le sens mélioratif... Bref, c'est ce qu'on attend d'un groupe de Black
Metal, non ? Que ça nous arrache les oreilles sans pour autant perdre deux décibels d'audition à chacune.
Ayant assisté au concert/enregistrement à l'
Heretic Club le 31 Mai l'an dernier, je reconnais aux premiers sons de cordes le fameux "
Dawn of
The Eternal Monolith" qui fut jadis présenté dans la plupart de leurs lives en Europe et en France. Le son semble étouffé, brouillon même, mais personnellement je ne trouve rien à la voix de
Dagoth qui se rapprocherait presque de celle de
Caligula (
Dark Funeral). Un morceau qui ouvre calmement les portes d'un Black
Metal qui a délaissé le côté futuriste pour un côté plus malsain et noir. On retrouve néanmoins le concept philosophique dans les paroles, privilégiant le cosmos et remettant en question le genre humain. Un Black
Metal ne traitant pas de Satanisme. Ça s'est déjà vu après tout ?
Mais bien entendu, ne pas traiter du satanisme ne veut pas dire ne pas dénoncer la religion. C'est ce qu'on retrouve dans le morceau (en français s'il vous plait) "La Genèse de Dieu" qui donne une meilleure impression au niveau composition musicale.
"The Wall of Galaxies" ralentit le rythme, comme pour nous entraîner dans le vide de l'espace... Et repartir en puissance avec un "N-
Universe" qui saura nous réveiller un peu et dévoilera les atours d'
Otargos en matière de musique extrême. Un riff entraînant de fin nous fait migrer vers un second titre en français/anglais, rapide/lent, le plus long de l'album : "Pour Toi Une
Renaissance".
Et là... Grosse claque !
Une rapidité comme on n'en a pas entendu depuis le début de l'écoute de l'album. Des bruits de fond angoissants, une violence, une obscurité qui pourrait parfaitement accompagner la pochette de "
Fuck God - Disease Process". Ça nous en met plein les oreilles, juste pour le plaisir d'une musique poussée, d'une batterie énervée et... D'un retour au calme... Avant une nouvelle tempête ?
Pas exactement. Si "Four Facets of the Tetragramaton Sinestre" nous a bien chauffé la nuque et fait perdre notre sens de l'équilibre avec un délire de air-guitar dans notre chambre, "Nullabsolut" ralentit une fois de plus le rythme et ce, du début à la fin.
Petite remarque assez contradictoire pour un groupe de Black
Metal et qui s'oppose directement à
Dark Funeral (groupe auquel j'ai assimilé plus haut la musique d'
Otargos), le mot le plus répété est étrangement celui de... Dieu. Si vous observez les paroles des suédois,
Satan y est répété en moyenne... allez... 15 fois par morceau ! Avec des variantes (
Lucifer,
Belial,
666...) Alors qu'ici, "
God" revient énormément. Bien sûr dans le même but, dénoncer, pourrir et enfoncer son image sans pour autant faire appel aux forces démoniaques du Seigneur Noir.
Le nihilisme. Un autre thème abordé dans ce morceau. Le fait d'effacer, éradiquer le "symptôme de Dieu" et l'Homme qui en est responsable. On a du mal à ressentir une quelconque haine dans cette musique qui ne cesse de garder le même rythme.
"
Entropy Omage" (qui fait référence au thème précédent) s'annonce pour la fin de l'album... La musique remonte dans ce côté malsain qui tente d'être dégagé au travers de ce nouveau
Otargos. Ça accélère, ça tape vite, ça crie de rage, c'est sombre, c'est... Déjà fini ?!
Une grosse queue de poisson qui nous coupe dans notre élan, dans ce morceau qui semblait annoncer une "bonne fin" comme on l'attend en général, c'est-à-dire en fondue et de manière plus... Enfin moins... Enfin tout sauf une coupure brusque qui nous laisse sur notre faim, quoi !
Et ça, je ne le permets pas. Merde quoi ! Comme si l'album avait été éradiqué avec l'univers, l'homme, Dieu, la Terre... Bref, je ne sais pas si l'effet est voulu, si c'est une erreur d'enregistrement ou de fabrication, mais le morceau s'arrête bel et bien sur une compo qui s'annonçait bien et qui aurait pu laisser place à une 10ème et dernière.
En résumé, un album qui s'écoute mais qui n'entraîne pas énormément. Un Black
Metal différent de ce à quoi on pourrait s'attendre. Une violence peu présente qui ne confirme pas la très belle pochette de ce "
Fuck God - Disease Process".
Otargos a laissé de côté son esprit Black futuriste, mais ça n'empêche pas qu'il reste excellent sur scène, du moins beaucoup mieux qu'en studio, la puissance y est nettement plus intense.
Quant au DVD (pour ceux qui se seront procuré l'édition limitée à 1000 exemplaires), vous pourrez constater la différence entre ce studio lent et ces concerts d'excités, notamment le tout en Noir & Blanc de Bordeaux à l'
Heretic Club (où j'ai eu la surprise de me revoir en plein pogos). Des bonus qui révèlent la vraie nature des musiciens "dark over méchants" de la scène, assez surprenants et je ne vous en dit pas plus !
++
Chronique publiée depuis
http://www.myspace.com/_razort_
Tout y est pour en faire un excellent cd de black metal: tout d'abord le son qui est à mon avis ideal pour ce genre de musique, ensuite les influences DARK FUNERAL bien digérées et surtout ce qui a retenu mon attention, cette atmosphère noire et angoissante("Pour toi une renaissance") qui met encore plus en exergue l'art Black Metal.
A recommander à l'instar d'un TAAKE dans toute bonne discographie de metalleux.
Ben me**e alors !
Je trouve ce CD très puissant et effrayant !
Non, je ne peux liker une chronique qui se synthétise en ´ un album qui s écoute mais n entraîne pas énormément ´... sans blague, les premiers mots auraient du me mettre la puce a l'oreille!!! Au delà du groupe, c'est carrément de connaissances du style dont on devrait parler! Cet album est un diamant noir peut être trop peu connu à cause de chroniques comme celle ci... putain je rêve là!!!
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