Aaaaah «
Fears »!! Qui se souvient encore de ce disque de
Lord Of The Lost si ce n'est votre modeste serviteur?
Pour les plus curieux, sachez qu'initialement né sur une simple idée du leader et fondateur Chris Harms, la naissance de ce combo allemand (et de ce disque) demeure pour le moins assez surprenante puisque l'atmosphère douce-amère qui s'en dégage reflète surtout l'état d'esprit du chanteur à l’époque. Il faut dire que notre jeune seigneur était à ce moment là en pleine idylle amoureuse, et il passait toutes ses journées de congé auprès de sa petite amie à Berlin malgré le fait qu'elle y travaillait beaucoup. Ce faisant, et vu qu'il était souvent seul dans cette ville qu'il ne connaissait pas bien, il a décidé de tuer le temps en commençant à écrire cet album pour elle ; et il est clair qu'à son écoute, il pourrait être considéré comme issu d’une séance d’écriture entre
Moonspell et
Oomph! avec quelques idées lâchées ci-et-là par Ville Valo (HIM).
Indéniablement, lorsque nous n’avons comme points de repère que les récents «
Thornstar », «
Judas » ou le petit dernier «
Blood & Glitter » (oui, j’omets volontairement le disque de reprise «
Weapons of Mass Seduction »), il est difficile de croire que «
Fears » soit un album du
Lord Of The Lost tel qu'on le connaît aujourd'hui tant le fossé entre ces différentes réalisations semble grand ; état de fait démontrant que seule la voix reconnaissable de Chris Harms permettra à l'auditeur de se rendre compte qu'elle est le seul fil rouge principal entre ces différentes sorties.
Par ailleurs, pour ceux qui les ont découverts sur le tard (avec l'Eurovision, par exemple), sachez que le fait de prendre la discographie des Allemands à reculons permet en quelque sorte de faire une pérégrination dans le passé afin de constater que rien n’est immuable dans la musique, et que certains groupes sont obligés d'évoluer pour ne pas sombrer dans le plus vide des anonymats malgré tout le talent ressenti dans certaines compositions.
Afin d’étayer ces écrits, il est temps de plonger au cœur de cet opus avec le premier single, "
Dry the Rain", une chanson forte qui ressemble beaucoup à une tranche classique de HIM, où le chanteur Chris Harms emmène l'auditeur dans des paysages sonores qui défient les conventions, le tout couplé d'une progression classique du clavier où les mélodies hivernales sont omniprésentes, et ce, à l’instar de "Break Your
Heart" évoluant dans un style similaire tout en évoquant la thématique de l'amour perdu et du regret.
A l’inverse, "Last Words" est un
Hard Rocker classique doublé de quelques effets spéciaux sur le chant qui mélange à merveille la rage et les sentiments tristes (même si cette composition paraît un peu artificielle et peu originale), tandis que "My Deepest Fear", avec ses passages hurlés, permet de donner un coup de fouet à l’ensemble de "Prologue", dont le riff semble avoir été écrit par Richard Kruspe (
Rammstein) avant de se retrouver face à quelque chose de violent qui tranche complètement avec le reste qui se veut tout de même plus posé.
Par la suite, le disque revient aux tendances mélancoliques de HIM avec "
To Die For", un morceau fortement imprégné de refrains de piano et d'une belle sensation industrielle afin que Chris Harms nous emmène ensuite en territoire « Manson-ien » avec "
Vicious Circle" et tous ses rythmes carnavalesques très intéressants et accrocheurs. Citons également "
Nothing Words Can Say", très axé sur les guitares jusqu'à ce que le piano prenne le dessus et qu'on obtienne une partie plus sensible, ou encore "
Never Forgive", ressemblant une fois de plus au style de
Marilyn Manson grâce à ses guitares enragées accompagnées de beaucoup de cris bruts, où la voix grave de Chris apporte parfois un peu de paix dans ce morceau restant malgré tout assez Heavy
Metal.
Indubitablement, un premier disque ne peut se passer d’une ballade, et celui-ci en possède deux. La première, "The Measure of All Things", est chantée avec une voix très grave, et il convient à son écoute de fermer les yeux et d’apprécier simplement ce chant qui impressionne toujours autant (notamment par la façon dont
Lord Harms parvient à créer autant d'émotions), tandis que la seconde, "Sooner or Later", demeure un chef-d'œuvre de douze minutes constituant une très bonne fin à cette aventure musicale grâce à une tendre tranche de travail de piano sombre, très simple et efficace, où la voix de Chris emmène cette piste vers une fin douce et mélancolique.
Du reste, "Till Death Us Do Part" est accrocheur malgré l'ambiance triste et déchirante qui le caractérise, et c’est précisément la simplicité de ce numéro qui rend ce premier opus si reconnaissable parmi les autres du fait de cette mélancolie sombre ressentie encore plus fortement à l’écoute de "Not From This World", même si ce morceau paraît tout de même plus énergique et plus agressif vers la fin.
En définitive, pour un premier essai, «
Fears » reste encore à ce jour un album qui vaut vraiment la peine d'être écouté, même si, comme expliqué dans l’introduction, nous avons cette impression d'avoir déjà entendu ces lignes vocales et ces riffs individuels avec d'autres groupes du même style par le passé (comme
Charon ou
Poisonblack, par exemple). Malgré tout, ce premier méfait se caractérise surtout par la variabilité de la voix principale, et pour les aficionados du groupe teuton, il reste un incontournable à posséder absolument.
Moi, moi, moi, je m'en souviens bien de ce disque !!!!
et sa réédition avec les morceaux bonus est chouette également.
Merci beaucoup pour la chronique Jo, un plaisir de te lire sur ce groupe que j'aime tant, et qui m'a encore fait vivre plein d'émotions à Alcatraz le mois dernier !!
Haha merci beaucoup Rémi!
Il est vrai que tu fais partie des rares personnes qui s'en souviennent et je me doutait que tu serais le premier à réagir 
J'attend avec impatience le nouvel album et la nouvelle tournée!
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