Quatre mois seulement après le premier volume, le désormais sextet hambourgeois revient avec le deuxième chapitre de leur ambitieuse trilogie nommée "Opvs Noir" ; soit un disque bien plus optimiste que le précédent.
En effet, ce petit frère explore plus en profondeur leur vision mélancolique de l'introspection pendant que le sextet insuffle une nouvelle dimension d'espoir au panorama sombre et envoûtant déjà présenté sur son ainé. Ce faisant, ce second-né possède une personnalité suffisamment affirmée pour s'imposer comme un album à part entière, tout en partageant de nombreux thèmes communs qui en font une suite digne de ce nom.
A l’évidence, on sent que
Lord Of The Lost a visé la grandeur et l'épopée avec cet opus, et le résultat est tout simplement magistral puisque une fois de plus, leur mélange d'atmosphère sombre et gothique, grandement ponctué de touches industrielles et d'un jeu de guitare impressionnant, constitue l'ossature de ces onze titres. Qui plus est, la voix de notre
Lord Harms confère aux textes une émotion et une gravité particulières, confirmant son statut de l'un des meilleurs chanteurs apparus sur la scène
Metal. Dès lors, si l'on se concentre sur la comparaison naturelle avec "
Opvs Noir Vol. 1", que vaut ce deuxième opus ? Est-il une transition réussie qui, à l'instar des trilogies cinématographiques, mènera à un final grandiose ? Et surtout, est-il aussi inspiré que le premier ?
Je vous rassure tout de suite, la réponse est : « oui » !
Ce qui permet d’étayer ce constat, c’est le fait qu’une fois de plus, la clé du succès réside dans les collaborations extérieures, diverses et habilement intégrées à l'ensemble de l'album comme en témoigne "Would You Walk With Me
Through Hell", qui met en valeur les voix envoûtantes de Chris Harms et de Lena Scissorhands (
Infected Rain) où leur palette vocale intense, passant d'une voix rauque à une voix douce, sublime ce morceau évoquant La Belle et la Bête, tandis que des influences modernes et Groovy sont également présentes. Citons également le rappeur finlandais Käärijä (grand vainqueur de l'Eurovision 2023) qui pose ses rimes en allemand sur l'hilarant "
Raveyard" ; un titre irrésistible dans son pastiche et sans aucun doute taillée pour une diffusion radio dans l'ambiance festive des festivals européens ; là ou à l’inverse, Chris Corner, alias IAMX, insuffle une plus forte dimension théâtrale à l’audacieux chef d’œuvre "What Have We Become", qui demeure cinématographique et tellement mélodramatique qu'il semble tout droit sorti d'une comédie musicale de
Broadway.
Enfin, la dernière collaboration est donnée avec "
Break The Silence", qui pousse la mélancolie gothique à son paroxysme dans ce titre proposant un duo poignant avec Anna Bruner (
Exit Eden & League Of Distortion).
Dans la catégorie des pistes sans invités on retrouve l’ouverture "The
Fall From Grace" et "One Of Us
Will Be
Next" qui regorgent toutes deux de riffs mémorables et de mélodies entraînantes, bien qu’elles restent indéniablement de style
Metal dans l'âme. Par ailleurs, la première citée combine une touche années 80 grâce à sa pincée d'énergie brute et sa section centrale délicieusement mordante, ce qui lui donne un potentiel de tube indéniable lors des concerts à venir ; tandis que la seconde, quant à elle, est une ballade à la fois belle et mélancolique débutant au piano qui possède la particularité d’avoir une impression d'épopée et de grandeur, tout en conservant une certaine mélancolie due au thème des paroles.
A contrario, "The Last Star" captive par son atmosphère dystopique de grande ville et possède un refrain beaucoup plus Pop et taillé, tout en proposant des cris gutturaux et des riffs de guitare industriels.
Du reste, "Scarlight" est un morceau plus sérieux, tant par son ambiance que par son ton, malgré son rythme entraînant, ses mélodies Pop, son énergie frénétique, son refrain survolté et son solo de guitare percutant ; où l’on y retrouve ici et là de jolies mélodies au piano qui rappellent le titre "
Moonstruck" du précédent opus. A l’inverse, la dramatique et mélancolique "
Winter's
Dying Heart" est portée par le chant avec une grande ambiance et une puissante instrumentation (surtout en ce qui concerne la batterie) qui met bien en valeur le côté théâtral de Chris Harms.
Enfin, "Walls Of
Eden" possède de superbes riffs de guitare, un son plus lourd, mais aussi une ambiance épique apportée par les chœurs en arrière-plan ; tandis que "Sharp Edges", le final de ce second-né demeure un morceau d'une mélancolie sublime, qui, grâce à au son du clavecin, apporte une touche très envoutante à celui-ci. Indéniablement, si cette piste pourrait paraitre redondante pour certains auditeurs, elle demeure tout de même un chef-d’œuvre dans son interprétation car on peut ressentir toute la détresse de
Lord Harms dans le chant qui la compose. Bref, il s’agit là d’un bel ajout et d’un superbe final tant dans sa réalisation que par son style général.
En définitive, avec «
Opvs Noir Vol. 2 »,
Lord Of The Lost prouve qu'ils ont encore du potentiel puisque ce disque représente une nette amélioration par rapport à son prédécesseur en offrant un festin gothique exquis qui a clôt l'année 2025 en beauté.
En effet, LOTL tire pleinement parti de sa liberté artistique, non seulement en collaborant avec des artistes d'horizons divers qui apportent une richesse et une profondeur considérables à leur musique, mais aussi en composant des morceaux de grande qualité qui témoignent de leur polyvalence musicale. Bref, les aficionados du combo teuton auront ici de quoi alimenter la flamme pendant ces mois d’hiver sombres, avec suffisamment de promesses pour tenir tout le monde en haleine jusqu'au dénouement final de la trilogie dont la sortie de l’ultime volume est prévue le 10 avril 2026 !
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