Demonocracy

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Nom du groupe Job For A Cowboy
Nom de l'album Demonocracy
Type Album
Date de parution 10 Avril 2012
Produit par Jason Suecof
Enregistré à Audio Hammer Studios
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album91

Tracklist

DISC 1
1. Children of Deceit 04:37
2. Nourishment Through Bloodshed 03:43
3. Imperium Wolves 04:48
4. Tongueless and Bound 04:04
5. Black Discharge 03:56
6. The Manipulation Stream 04:41
7. The Deity Misconception 04:05
8. Fearmonger 04:19
9. Tarnished Gluttony 06:16
DISC 2 (LIMITED DIGIPAK)
1. Misery Reformatory 03:54
2. Plastic Idols 04:44
3. Execution Parade 03:04
4. Signature of Starving Power 03:45
Total playing time 55:59

Chronique @ jack_owen

28 Mars 2015

Job for a Cowboy semble avoir atteint les limites d’une certaine vision du death-metal

Job For A Cowboy se rappelle à notre bon souvenir trois ans après Ruination, album qui démontra aux auditeurs qu’il en avait bel et bien fini avec le deathcore de ses débuts en s’enfonçant plus loin dans les méandres du death metal le plus brutal.
Auteur en 2011 d’un ep, Gloom (sans aucun doute un clin d’œil à l’ep ayant fait leur renommée), servant de carte de visite à un nième changement de line-up, celui-ci restant relativement instable hormis le poste de chanteur tenu depuis le début par Jonny Davy, le groupe s’enferme en studio chez le producteur très en vue, Jason Suecof, pour sortir en avril 2012 son troisième album, Demonocracy.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule appliquée sur Ruination, à savoir un death metal moderne à la production ripolinée, très brutal et ne faisant que très rarement retomber la pression, est reconduite quasiment à l’identique sur ce troisième méfait, avec toutefois quelques ajustements interdisant à cet album d’être complétement taxé de Ruination partie 2.

Tout d’abord il est à souligner que l’arrivée de Tony Sannicandro à la guitare et de Nick Schendzielos à la basse fait beaucoup de bien à la formation, le premier apportant sa technique à travers des soli de guitares bluffant de dextérité et le second sa maitrise de tous les instants, basse claquante qui suit à la perfection le tricotage en règle des guitares rythmiques. Tricotage n’est pas un mot trop fort, tant le niveau technique s’est encore considérablement élevé, amenant les compositions à un niveau de complexité frisant le délire. On est assez souvent aux confins du tech-death dans ce qu’il a de plus ébouriffant techniquement parlant. Je ne parle pas ici de polyrythmie, de changements de tempos (quoique) et de structure ou de durée déraisonnable des morceaux, mais plutôt du nombre de notes jouées à la minute (voire à la seconde) sur des tempos majoritairement très soutenus. La groupe n’est certainement pas le plus technique ou le plus brutal, mais tout de même, gare à l’indigestion…

L’album démarre donc en trombe, sans même s’embarrasser d’une intro et nous voilà partis pendant les quarante minutes du disque pour un voyage au pays du concassage en règle. La grosse majorité des morceaux étant bâtie sur le même moule, le disque doit être plutôt envisagé comme un bloc quasiment uniforme. Des titres tels que Children of Deceit, Nourishment Through Bloodshed ou Fearmonger se révèlent si touffus qu’il faut un certain temps avant de pouvoir les assimiler complétement. A peine sont-ils tempérés par certaines séquences en accords dissonants (la fin des chansons de manière assez récurrente tout au long du disque) et par les interventions en solo très bien vues et posées sur des parties souvent plus calmes, ou du moins, moins frénétiques. Tony Sannicandro brille de mille feux sur tout le disque, tout autant que le batteur, qui rayonne aussi, notamment par sa capacité à en mettre de partout, son travail très démonstratif relevant de la performance sportive à ce niveau-là.

Quelques titres se révèlent heureusement plus « aérés » comme : Imperium Wolves, plus direct dans son approche ainsi que Tongueless and Bound au tempo plus mesuré. Mais le seul écart flagrant est le dernier titre, Tarnished Gluttony, morceau lancinant dès son introduction jusqu’à sa conclusion six minutes plus tard. Le placer, lui ou un autre du même acabit, en milieu de disque aurait peut-être permis à celui-ci de reprendre un second souffle et du coup de sonner moins monolithique. Il s’inscrit toutefois dans la coquetterie du groupe qui consiste à flanquer ses albums d’un morceau lent et complétement dépourvu de blast beats, celui-ci étant toutefois moins réussi que l’hypnotique The Divine Falsehood (seule grande réussite de l’album Genesis) ou l’intéressant Ruination sur l’album du même nom. Quant au chant, plus de gruiks depuis longtemps mais une alternance de chant guttural et crié assez systématique, pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus. C’est puissant et bien fait, mais déjà entendu depuis des lustres et en mieux chez d’autres groupes.

Côté production, et on met là le doigt sur ce qui est à la fois un défaut et une qualité, tout est clairement audible, la mise en son étant d’une précision redoutable. Mais, parallèlement, et c’est là que le bât blesse, elle est si aseptisée, si stéréotypée et tellement gonflée aux stéroïdes (très américaine en fait) que cela n’aide pas à alléger le côté bourrin de la performance musicale. Je suppose que c’est voulu, Suecof ayant le défaut de faire sonner n’importe quel artiste, au hasard les d’ordinaire très subtils Death Angel, de manière bourrine.

Avec ce Demonocracy, Job For A Cowboy semble avoir atteint, dès son troisième méfait, les limites d’une certaine vision du death-metal en termes de technique déployée et d’ardeur qu’il met à la tâche, et se balade tout au long de l’album à la frontière qui sépare un disque percutant d’un disque saoulant. Conscient sans doute d’avoir atteint les limites d’une certaine formule et faisant du coup montre d’intelligence, le groupe rectifiera brillamment le tir avec l’offrande suivante.

13/20




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