Sun Eater

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Nom du groupe Job For A Cowboy
Nom de l'album Sun Eater
Type Album
Date de parution 11 Novembre 2014
Produit par Jason Suecof
Enregistré à Audio Hammer Studios
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album43

Tracklist

1. Eating the Visions of God
2. Sun of Nihility
3. The Stone Cross
4. The Synthetic Sea
5. A Global Shift
6. The Celestial Antidote
7. Encircled by Mirrors
8. Buried Monuments
9. Worming Nightfall

Chronique @ jack_owen

21 Mars 2015

Oeuvre ambitieuse s'il en est et unique dans la discographie du groupe.

Job For A Cowboy, combo formé en 2003, a commencé sa carrière par du deathcore sur l’ep Doom en 2005. Et ce, avant de sauter directement à pieds joints dans le bain bouillonnant du death metal à la faveur de son premier album Genesis, se faisant taxer au passage de belle bande d’opportunistes.

Le death metal en point de mire pour un groupe de deathcore. Comme beaucoup d’autres me direz-vous. Mais il faut avouer que ce groupe au patronyme étrange et sujet aux quolibets s’y prend un peu mieux que ses copains pour proposer des albums sinon géniaux, du moins solides et dotés d’une compétence musicale et d’une envie de bien faire évidentes. Et le pauvre de se faire rappeler à chaque sortie son passé deathcore, comme une étiquette rebelle dont on aurait du mal à se débarrasser. Ou d’un chewing-gum collé sous la chaussure. Ou d’un passé encombrant d’ex star du porno. Enfin bref.

Comme beaucoup de ses confrères issus de la même scène, JFAC court donc derrière une légitimité qu’une certaine frange du public semble vouloir lui refuser (votre serviteur y compris, je suis victime de mes a priori), qu’importe la qualité intrinsèque de ses sorties. Le vent pourrait tourner à la faveur de la sortie de ce Sun Eater, œuvre ambitieuse s'il en est et unique dans la discographie du groupe.

Même si l’essentiel du personnel a été conservé (le groupe accueillant le temps des sessions le talentueux batteur Danny Walker d’Intronaut) et donc, a priori, les forces artistiques étant restées à peu près les mêmes, on peut constater à l’écoute de ce nouveau jet que la musique du groupe a tout de même beaucoup changé par rapport à l’album Demonocracy.

En premier lieu, et cela saute aux oreilles, dès le titre d’ouverture, le progressif et ambiancé Eating the Visions of God, il est à souligner le travail d’orfèvre du bassiste Nick Schendzielos. Son jeu est aéré, techniquement au top, bien servi par la production, audible sans tout écraser au passage. Ses parties ne sont jamais en roue libre ou hors de propos et sont au service des compositions pour les transcender. En suivant bien ses parties de basse sur l’album précédent, on sentait que le gaillard était talentueux (rien que pour suivre les parties de guitares), mais là son jeu est d’un tout autre calibre. Il est LA star du disque, sans discussion possible. Le reste du groupe est à l’avenant, les guitaristes font mouche tant en rythmique que sur les nombreux solos qui parsèment le disque. Mais, dans le domaine guitaristique, nous sommes en terrain connu pour qui connait la discographie des Américains. Le seul qui reste strictement égal à lui-même est le chanteur Jonny Davi, dont l’alternance de chant strident et rauque risque peut-être d’en saouler certains.

Musicalement, le groupe a, semble-t-il, décidé de prendre son temps pour installer ses ambiances souvent légèrement teintées de prog en ralentissant notablement ses tempos sur bon nombre de titres de l’album, à commencer par le premier, longue pièce rampante de plus de six minutes qui étonne et déstabilise en titre d’ouverture. Bien vu! Et, comme pour bien finir de dévoiler leurs intentions, les cinq gaillards enchainent directement sur un morceau du même ordre avec une intro atmosphérique, pour un tempo mesuré tout au long mais pas dénué de montées en puissance.

Sur les trois titres suivants, le groupe nous ressert plus ou moins la même formule que sur ses albums précédents : tempos frénétiques et déluge de notes pour un résultat satisfaisant, ni plus ni moins. Il est à noter une participation de Georges Fisher sur le titre The Synthetic Sea qui passe complétement inaperçu si l'on n’a pas été prévenu au préalable.
Retour à l’expérimentation sur The Celestial Antidote qui fleure bon le Gorguts de Colored Sands. Encore un morceau de qualité qui prend son temps, entre dissonances, blast beats et tempo pesants. Et toujours cette basse ronde comme chez un Tony Choy ou un feu Roger Patterson.

La fin du disque voit le groupe nous refourguer un titre qui tabasse, Encircled by Mirrors, conforme encore une fois au style pratiqué sur l’album précédent, pour se conclure sur une doublette Buried Moments/Worming Nightfall, le premier, étonnamment mélodique et le deuxième, plus lourd et rampant que jamais.

Il est à souligner que, tout au long de l’album, les musiciens se veulent aventureux mais ne se perdent jamais dans un délire death/prog/rock/funk/re-death/re-prog. L’album est contrasté mais ne part jamais dans tous les sens. Tout est maitrisé et structuré de bout en bout. On sent que c’est le cerveau qui commande les doigts et pas l’inverse.

Enfin, la jolie illustration de Tony Koehl, bien loin de certaines illustrations sanglantes de groupes de death et la production béton de Jason Suecof finissent d’enrober le tout. Le son de l’album se permet même le luxe de sonner moins plastique que sur certains autres travaux de Suecof, le roi de la production plastique ex aequo avec Andy Sneap.

Avec ce quatrième opus, le plus riche, et de loin le plus intéressant de sa carrière et à la saveur progressive délectable, Job For A Cowboy pourra peut-être enfin s’affranchir de son passé aux yeux de ses détracteurs. C’est tout le mal qu’on lui souhaite. En ce qui me concerne, c’est fait, et j’attends la suite avec impatience.

15/20


1 Commentaire

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Traitor - 23 Mars 2015: Très bonne chronique, et j'avoue que cet album m'a titillé car on à affaire à un jeu plus posé et moins rentre-dedans qui n'est pas sans déplaire. Et puis j'ai toujours eu un faible pour les vocaux, j'ignore pourquoi...
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