Après deux albums dévolus à la cause d'un Heavy Thrash
Metal incisif et après un interminable silence, les Allemands d'
Angel Dust avait rompu leur mutisme et transgressé les codes de leur expression artistique d'autrefois au son d'un
Border of Reality (1998) déconcertant et confus eu égards à des desseins musicaux mus par des influences Heavy, Thrash,
Power, mais surtout mélodique, un peu trop marquées chacune leur tour. Il est évident qu'assumer chacune d'entre elles en un mélange inspiré eut été, sans aucun doute, une bien meilleure solution. En cette année 1999, la formation nous revient avec ce nouvel effort intitulé
Bleed.
Concernant ce disque, il nous faudra dire, d'emblée, qu'il est bien plus aboutie que son prédécesseur. Et qu'au niveau de la cohérence musicale,
Angel Dust s'y exprime en un Heavy
Power Prog
Metal sombreîaux re lents délicieusement Thrash davantage maitrisé. Une musique assumée dans laquelle le groupe s'épanouit pleinement. Une expression tantôt preste, tantôt acérée, tantôt posée dans laquelle ces saxons démontrent quelques aptitudes remarquables. Un art raffiné aux constructions dans lesquelles l'auditeur s'égarera avec un plaisir infini, pour peu qu'il ne soit pas totalement réfractaire à ce genre de complexité propre aux mouvances Progressives.
À toutes ces vertus,
Angel Dust ajoute aussi les qualités d'ambiance délicieusement noires ensevelies sous un voile sombre superbement ombrageux, torturé et tourmentée. Tant et si bien que la formation apparaît avec un visage nouveau presque inconnu.
Bien évidemment l'aspect Progressif de l'expression artistique de ces natifs de Dortmund prive son art de cette simplicité, de cette musicalité immédiate ou, par exemple, de cette lisibilité immanente propre aux autres genres desquelles ils s'inspirent. Et, par conséquent, il faudra, indiscutablement, consacrer du temps à cet opus pour que certaines de ses subtilités se dévoilent. En effet, ici, les mélodieux refrains directement accessibles, les lignes droites sans obstacles ou encore, par exemple, les morceaux faciles sans aspérités aucune ne sont pas la norme.
Néanmoins, des titres tels que les excellents
Bleed, Black
Rain, Follow Me (Part 2), mais aussi, par exemple, le prompt
Addicted to
Serenity aux pianos merveilleux, sauront assurément convaincre ceux qui se laisseront happer par l'univers créatif d'
Angel Dust.
Parlons encore de Follow Me (Part 1) et Liquid
Angel, qui sont les deux ballades de l'album. S'il s'en faut de peu pour que la première ne sombre dans les affres d'une mièvrerie sans nom, la seconde, quant à elle, est un bien plus joli moment. On pourra s'interroger sur l'intérêt d'une telle démarche au cœur d'une telle débauche Hesavy
Power Prog Thrashy, même si, soyons honnête, elle apporte une nuance profitable à un album compact.
Exprimons-nous aussi sur les superbes interventions de Dirk Thurisch qui de sa voix admirablement âpre et rugueuse, ne dédaignant pas cependant se perdre en des hauteurs divinement maîtrisées, sublime des titres aux qualités indéniables. Evoquons également les prestations aux claviers de Steven Banx qui donne une couleur particulièrement riche et émouvante à cet ensemble.
Bleed est donc un opus abouti dans lequel les Allemands d'
Angel Dust nous offre une musique à la fois agressive et à la fois suffisamment mélodieuse pour ne pas se perdre dans l'écueil d'un systématisme monolithique sans grand intérêt. Loin des cannons musicaux et des codes d'une époque résolument abêtis par les harmonies harmonieuses d'une expression artistique rapide et excessivement mélodique, la formation inscrit donc son œuvre dans une alternative attirante, et nécessaire, à laquelle, pourtant, peu s'intéresseront.
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