Belus

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Nom du groupe Burzum
Nom de l'album Belus
Type Album
Date de parution 08 Mars 2010
Produit par Eirik Hundvin
Enregistré à Grieghallen Studio
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album303

Tracklist

1.
 Leukes Renkespill (Introduksjon)
 00:33
2.
 Belus' Død
 06:23
3.
 Glemselens Elv
 11:54
4.
 Kaimadalthas' Nedstigning
 06:43
5.
 Sverddans
 02:27
6.
 Keliohesten
 05:45
7.
 Morgenrøde
 08:54
8.
 Belus' Tilbakekomst (Konklusjon)
 09:37

Durée totale : 52:16

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Burzum

  • Leukes renkespill (Introduksjon) | Burzum
  • Belus
  • Glemselens elv | Burzum
  • Kaimadalthas nedstigning | Burzum
  • Sverddans | Burzum
  • Keliohesten | Burzum
  • Morgenroede | Burzum
  • Belus


  • Chronique @ pagan_winter

    24 Mars 2010
    Le Retour.

    Quatorze ans après la sortie de Filosofem – dernier album métal de ce One Man Band – Burzum revient sur le devant la scène avec son nouvel album "Belus"! Le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis l’annonce de sa sortie, il en aura fait couler de l’encre (et user des claviers) tant du côté des "pro-" Burzum que des "anti-". Les "anti-Burzum" s’arrêtant bien souvent à l’attitude (souvent douteuse) de Varg Vikerness et les "pro-Burzum", eux, prônent son génie musical. Alors qu'en est-il de cette galette, de quoi Varg est-il capable après ses années d’emprisonnements?

    Vite, de la musique!

    Nous allons plutôt commencer par l’artwork, qui n’est en rien innovant, les photos de forêt étant un sujet photographique usé jusqu’à l’os dans le milieu Black-Métal. Avec un artwork pareil, on est en droit de se demander si la musique va être – elle aussi - non innovante. Je ne m’attarderais pas plus sur cet artwork (bien que la photo soit quand même jolie, quant à la typographie utilisée… Ceci ne me préoccupe pas).
    Or donc, qu’en est-il de la musique? J’y viens - j’y viens!
    L’introduction "Lukans Renkespill", simple, mais efficace (je me demande vraiment si c’est possible de faire plus simple) on retrouve bien là le style de Varg. Ce bruit de… Je me demande encore de quoi il s’agit! On enchaîne aussitôt sur "Belus' Doed" qui reprend le thème du titre "Daudi Baldrs" du même album, une petite intro à la guitare et on part sur le premier morceau metal de cet album et force est de reconnaître que c’est bien fait, on a bien là du Burzum. Ensuite vient le moment qu’attendait tout le monde (enfin surtout ceux qui aiment): la voix. Qu’en est-il de cette voix d’outre tombe déchirante, lacérante? De mon point de vue, je dirais qu’elle est la "suite logique" de celle de "Filosofem": moins criarde, plus rauque et toujours aussi intense. Il faut avouer qu’elle colle bien à la musique et participe largement à l’ambiance de ce disque. Ce « Belus’ Doed » nous immisce doucement dans l’atmosphère "Burzumien", dès les premières minutes, on se sent plongé corps et âme dans cette "sombritude" poisseuse, baloté jusqu’on ne sait où… Puis vient "Glemselens Elv" LE titre long de cet opus, un peu plus de onze minutes! Et là, Varg nous sors le grand jeu, avec trois où quatre riffs, des changements de rythmes impromptus, une ambiance "bien sentie", des passages en chant clair pour renforcer le tout, car - non – ce chant clair n’est pas ridicule, loin de là. Ce titre est bon, il se finit à peine qu’on en redemande et quand on en veut encore, Varg, il nous en redonne! Le 4ème titre, "Kaimadalthas' Nedstigning", pour moi le meilleur titre de cet album. Le point fort de ce titre est de nous enfoncer loin sous terre, au moins où on se sent suffoquer, la musique change, ce changement semble nous sauver – on y croit, mais non, il nous renfonce loin sous terre! Quel titre, cette façon de jouer dans la partie grave et en même temps dans les aigües, ce mélange –salvateur- de chant clair et écorché! Cette fois, mes amis, c’est sûr, Burzum est bel et bien de retour!!! Je ne m’attarderai pas sur les autres, à part sur le titre ambiant qui sert d’outro "Belus' Tilbakekomst" qui, pour peu qu’on parvienne à rentrer dedans (ce qui n’est pas forcément facile), laisse notre enveloppe charnelle vidée de son âme. Il est difficile de sortir indemne de l’écoute d’un tel disque.
    Pour parvenir à ses fins, Varg nous sort un disque plutôt bien produit, moins crade qu’un Filosofem. Le passage de l’enregistrement analogique au numérique se fait sentir, mais plutôt en bien, les instruments sont tous bien audible, la basse est omniprésente, la guitare puissante là où il le faut, la batterie sonne bien et les cymbales ne sont pas trop en avant. Quant au mixage entre les titres, rien de spécial à dire, c’est "comme il faut".


    Oh non, c’est fini!

    Pour conclure, je trouve cet album bien fait, dans la lignée des autres albums metal de Burzum. D’ailleurs c'est assez impressionnant, c’est comme si il n’y avait pas eu cette attente de quatorze ans entre "Filosofem" et ce "Belus". Ceux qui ont aimé les anciens Burzum ne pourront qu’aimer celui-ci. Cet album n’a rien d’innovant, mais ce n’est pas ce qu’on lui demandait, on lui demandait du Burzum et il nous l’a servi – sur un plat d’argent qui plus est!
    Pour ceux qui découvriraient Burzum par le biais de cet album, pour peu que vous vous laissiez embarquer dans le monde de Burzum, vous ne serez pas déçu. Même si il faut avouer que ceci n’est pas des plus aisé pour les non initiés.
    Bref’, quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, Varg nous revient en forme avec ce "Belus", qui - à mon humble avis – sera un album qui marquera cette année 2010!

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    plague666angel - 25 Mars 2010: entierement d accord, meme si keliohesten est pour moi le meilleur titre.
    thaurorod - 05 Mai 2011: je viens de recevoir mon double LP !!!! je vais me faire plaisir ! par contre pagan_winter, j'ai peur que le numérique se remarque trop, d'ailleurs c'est pour cette raison que je l'ai commandé en format LP, pour limiter la casse (s'il y en a, évidemment..., merci pour ta chronique !
    pagan_winter - 13 Juillet 2011: T@thaurorod, tout dépend de ton système. Avec mon pré-amplis HIFI à lampes, ça ne me fait pas peur le numérique ;)

    Raziel_88, oui, toutes les psites sont plutôt lentes. Mais un conseil écoute les 4 premiers albums qui sont largement au dessus de cet album et surtout à des années lumières du dernier! ;)
    nightmare34 - 27 Décembre 2011: Un très très bon album après ses années sous les barreaux, le vieux Varg a gardé sa maitrise pour son spectacle musical sombre qui est toujours au rendez-vous.
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    Chronique @ Vinterdrom

    23 Novembre 2010
    À chaque album sa charrette d’affaires extra-musicales, ainsi fût émaillée l’histoire de Burzum jusqu'à son "Hlidskjalf" de 1999, reléguant souvent l'aspect purement musical au second plan. Onze ans plus tard, le constat n'a pas changé pour ce tout nouveau "Belus", premier album enregistré hors du milieu carcéral depuis "Filosofem" (mis en boîte en 1993 et publié en 1996) par le seul et unique maître à penser du projet, le norvégien Varg Vikernes. C'est tout d'abord le changement de l'intitulé du disque, initialement prévu pour être "Den Hvite Guden", soit "Le Dieu Blanc", ce qui peut évidemment gêner quand on connaît l'idéologie du gonze, … c'est ensuite le coup du reversement d'une partie de l'argent récolté via les ventes de "Belus" aux victimes de la catastrophe d'Haïti alimenté par une page web plus que douteuse, … et voilà que déboule l'habituel imbroglio de faits concrets, de polémiques et de rumeurs plus ou moins avérées mais assurément très controversées qui auront de quoi alimenter les discussions et donner aux biographes matière à écrire une nouvelle page de l'histoire de Burzum, aussi longue que son casier judiciaire est gratiné.

    Le cadre contextuel est planté, inutile de s'y appesantir davantage, votre écrivain du jour n'étant pour l'occasion point biographe mais chroniqueur. Place à la musique donc…
    Et bien là aussi, la recette n'a pas changé, ou très peu.
    Faisant une croix sur les essais ambiants bas de gamme tout en poursuivant sur les thématiques païennes qui lui sont chères, Vikernes retrouve Pytten et ses légendaires studios Grieghallen pour sonner avec "Belus" le grand retour aux sources du black metal tant attendu et espéré par bon nombre de nostalgiques qui en auront ici pour leur Comte … enfin, je voulais dire leur compte, bien entendu. Car l'impression qui prédomine est celle de déterrer des morceaux fossilisés de l'époque 1991-1993, conservés tels quels, quasi-inaltérés malgré les années, avec en tête ce grain de cordes électriques, grésillant, parfaitement reconnaissable entre milles, sec et rêche comme l'écorce d'un arbre séculaire.
    Après l'intro "Leukes Renkespill" aussi fugace que dispensable, ne serait-ce pas là le riff de l'ouverture de "Jesu Død" qui affleure sur celle de "Belus' Død" ?! … Non, bon sang, ou du moins pas tout à fait. Il s'agit d'une variante, de son faux jumeau distinguable après réécoute, mais il faut avouer qu'au premier abord, c'est à s'y méprendre ! Point d'enchaînement sur la double grosse caisse ensuite, mais "Belus' Død" donne le ton, confirmé par la suite de l'album : Vikernes reprend les choses là où ils les avaient laissées avec la facette de "Filosofem" développant un black metal à l'essence automnale selon des harmonies simples et des tessitures répétitives, entre lenteur hypnotique et tempo plus soutenu sans pour autant être agressif, avec néanmoins un songwriting plus élaboré, dans la veine de "Hvis Lyset Tar Oss".
    Ainsi, "Belus' Død", "Glemselens Elv" et "Morgenrøde" défilent suivant un ouaté flot continuel, entêtant tout en induisant suffisamment de nuances dans les accords et tonalités, suffisamment de détails subtilement accrocheurs pour ne pas lasser, tel le développement évolutif des percussions sur la seconde partie de "Morgenrøde". La coloration mélodique, particulièrement vivace sur "Glemselens Elv", rapproche alors quelque peu Burzum d'un Summoning période "Dol Guldur", ce morceau dégageant une légère saveur de "Nightshade Forests", les claviers en moins.
    Des claviers avec lesquels Vikernes n'a jamais été véritablement convaincant à mon sens, et je me réjouis donc de constater qu'il a quasiment renoncé à l'emploi de cet instrument, exception faite de discrètes incursions au sein de "Keliohesten" sous forme de sonorités de cors, y insufflant un semblant d'élan épique, en même temps qu'elles éveillent l'attention de par l'intéressant décalage qu'elles offrent avec la vélocité de la rythmique, comme le fait l’alternance dynamique des passages en voix claires psalmodiées et des séquences rapides et revigorantes dans un "Kaimadalthas' Nedstigning" fort d'une progression au relief accentué.
    "Sverddans", quant à lui, se pose en point de démarcation en plein milieu du disque, faisant jaillir des souvenirs plus reculés, ceux des temps de l'éponyme, de la vélocité et la concision du morceau en question jaillissant le spectre de "War" armé de son solo guerrier.

    "Belus" marque le retour de ce que beaucoup considèrent comme une légende (très souvent pour les mauvaises raisons, cela dit), mais point de révolution Varg ne déclenchera, car Varg fait du Vikernes, ceux qui aimaient s'amouracheront à nouveau, et ceux qui crachaient allégrement dessus continueront à user de leur salive. L'histoire se répète.
    Pour ma part, je trouve l'écoute de ce "Belus", non pas transcendantale, loin de là, mais agréable et plaisante. J'y trouve, à l'exception de "Sverddans", une sorte de paix et de sérénité toute bucolique, quelque chose de plus lumineux que ce qu'évoquaient les vieilles œuvres.
    J'apprécie par ailleurs l'adoption d'un timbre vocal différent, plus rauque et profond que par le passé. Un timbre que je trouve mieux en harmonie avec l'atmosphère sylvestre imprégnant l'instrumentation que cette sorte d'étranglement aigu et torturé qui m'a toujours fait grimacer, comme ces travers faciles et exagérément répétitifs que je retrouve au détour de l'interminable conclusion "Belus' Tilbakekomst", égrenant ses percussions comme le tic-tac d'une horloge se rapprochant peu à peu de l'heure du retour de Belus, mais rapprochant inexorablement ma pomme de l'heure d'aller se pieuter.
    Dommage, mais là n'est pas ce qui me chiffonne le plus. Non, c'est surtout le fait que "Belus", sorti de tout son contexte extra-musical et de la célébrité du personnage de Vikernes, a tout de l'album qui serait passé quasi-inaperçu. Démonstration : qui, par exemple, avait repéré il y a un peu plus de 3 ans de cela et se souvient encore aujourd'hui du "Philosophy of Winter" des hongrois de Forest Silence, réalisé dans un style totalement Burzumien (ou Burzumesque ?), à l'extrême limite du plagiat, et à la qualité ni meilleure ni plus mauvaise que celle des œuvres de son mentor ? Hein ? Ah ! J'en vois deux que lèvent le doigt au fin fond … Mais ça pèse pas bien lourd tout ça, vous en conviendrez… Et des exemples comme celui-ci, il y en a à la pelle !

    Cependant, l'histoire est ce qu'elle est : le retour de Varg d'entre quatre murs était attendu de pied ferme et le norvégien a eu fort heureusement le bon goût d'éviter de resservir sa fadasse soupe ambiante et l'honnêteté de proposer ce qu'il sait jouer le mieux, à savoir un black metal à haute teneur atmosphérique, se voulant ensorcelant dans ses leitmotivs autant que dépouillé dans sa mise en forme, sans artifices ni fanfreluches superfétatoires.
    Bref, de l'authentique Burzum sans chichi, quoi.

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    Rheindarst - 08 Mars 2012: J'adhère quasiment sur tous les points à ton analyse du disque.

    J'appréhendais assez l'écoute de cet album à sa sortie et passé le temps d'adaptation (très court) sur la voix de Varg et certains passages de l'album ("Kaimadalthas Nedstigning" en particulier) le charme est finalement revenu très vite, Varg conservant son jeu de guitare bien particulier et étant toujours (pour mon plus grand plaisir) un adepte de la répétition ("Morgenrode" et son riff lançinant et hypnotique - excellent titre au demeurant - mon préféré de l'album).

    Merci pour ton texte (assez bien ficelé par ailleurs).

    Cordialement.

    Rheindarst
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    Commentaire @ Deathpair

    11 Mars 2010
    Ah Burzum! Que d'encre ce groupe aura fait couler, et aujourd'hui nous y sommes enfin, après 11 ans d'attente. Comme la plupart des lecteurs le savent, Burzum est passé par 3 périodes. Les 2 premiers albums était d'un Black Metal raw et de bonne facture, les 2 suivants furent un Black Ambiant unique et précurseur du Black Dépressif, et enfin les deux derniers furent des bonnes grosses chies au clavier (attention je ne dis pas que les CDs de ce type sont mauvais, par exemple le dernier Paysage D'Hiver, mais ceux là je les ai trouvé nases, surtout le premier). Bref je ne m'attarderais pas plus sur le passé du groupe.

    Je tiens à préciser que moi ce que je préfère et ai surtout écouté, c'est la deuxième période. Et donc je suis plutôt satisfait, car "Belus" est dans la continuation directe de "Filosofem", comme si les deux précédents n'avaient pas existé.

    Et pourtant, il y a eu une évolution, normal avec toutes ces années d'écart. Mais l'on retrouve les même recettes, des riffs glaciaux, hypnotiques, redondants, une ambiance et des sonorités que quoi qu'en disent les gens sont tout simplement uniques. La production est étrange. Elle est plus propre que sur les précédents. La batterie est toujours aussi peu encline à la technique, la basse par contre est mise très en avant, au moins aussi forte que les guitares, ce qui je trouve est un plus pour les mid-tempos. La voix a évolué, moins hurlée, mais toujours aussi tourmentée, elle sonne bien première vague. Et ici, plus de claviers.

    Tout commence par quelques secondes de coups de marteaux sur une enclume et la première véritable piste débute. je trouve que c'est la piste la plus faible de l'album, aussi ce serait bête de ne pas prolonger l'écoute. Varg a découvert les tremers et le PM, et en abuse dans cette chanson très lente et répétitive, sans grande originalité je trouve. Du moins les riffs de celles-ci ont eu peu d'effet sur moi.
    Alors je passe tout de suite à la seconde, "Glemselens Elv". Cette longue chanson est une véritable réussite. Des guitares grésillantes commencent leur danse, soutenues par une basse claquante. Au fil des minutes, la ligne principale se retrouve étoffé et retravaillée, sublimée par de nouvelles mélodies magnifiques, et plus la chanson passe, plus elle nous emporte loin. Les différents chants continuent de nous envoûter avant la double pédale, et ces trémolos incessants nous hypnotisent. "Belus" offre sa sonorité si particulière, froide, dissonante par moment mais triste et belle, et surtout qui nous fait voyager. Pari réussi si l'on veut apposer le terme Ambiant.
    Puis vient la quatrième piste "Kaimadalthas Nedstigning", qui est la plus intéressante au vu de sa structure. Un blast rageur soutenu d'accords bien dissonants en tremers, avant le silence, une guitare glacée dans le lointain, un rythme soutenu et Varg qui narre son histoire.

    "Je descends dans les profondeurs obscures, là où tout est mort."

    Et l'on recommence. Et encore, et encore. Et de nouveaux chant clair viennent se mêler à la danse. Et finalement des arpèges incroyablement mélancoliques nous prennent au tripes et c'est fini, à la prochaine écoute la chanson est déjà classée culte.

    "Sverddans" est l'ovni de l'album, et pas que pour sa durée. Une mélodie guerrière et agressive déboule sans prévenir, qui tranche avec le climat de l'album. Un genre de "War"?. Et moi tout cela me fait penser au Crystal Specter de Dodheimsgard niveau sonorité mais soit, un étrange lead distordu fait irruption. Bizarre.

    Bref, "Keilohesten" nous sort de nos rêveries en bourrinant également. Certains l'ont comparée à "Jesus Tod", mais alors là pas du tout. C'est simplement que ces sonorités uniques, sont exploitées par Varg et deviennent en sorte sa marque de fabrique. Et certainement ce détachement, cette distance par rapport à ce tout musical, comme si les instruments suivaient leur propre chemin. Hypnotique quoi. Mais bon les riffs se succèdent, morbides à souhait, redondants et repris fort habilement pour ne pas lasser, mais suffisamment pour captiver.
    "Morgenroede" est la plus triste de l'album. Ces arpèges mélancoliques et calmes s'imbriquent parfaitement, et peuvent réellement toucher l'auditeur tristounet. Et malgré le calme permanent, une guitare continue inlassablement, il n'y a jamais vraiment de repos. Mais la chanson continue, de plus en plus lente, de plus en plus moribonde, les forces quittent le héros qui s'abandonne à son sort. Pendant longtemps. Et la transition avec l'instrumentale conclusion de l'album ne se remarque même pas. La précédente aurait pu très bien clore l'album mais bon. Car cette chanson c'est quand même 9 minutes du même riff. Cela ne suffit pas pour me convaincre totalement, mais il faut avouer qu'une fois de plus le côté hypnotique fonctionne.

    Ce CD est une odyssée, à chaque écoute il réaffirme sa prise dans nos esprits. Nul doute que je le trouve de mieux en mieux. Le côté ambiance, captivant est exploité presque à son paroxysme, et cela marche, mais pour un auditeur plus en quête de mélodies, le résultat final sera mitigé, avec des pistes excellentes et d'autres, pas mauvaises, mais pas assez riches peut-être.
    Dans tous les cas, Burzum conserve et développe une musique véritablement unique et c'est tant mieux. Par contre il faut avouer que le côté malsain a plutôt disparu, et tout cela sonne... bienveillant. Aussi cela ne plaira peut-être pas forcément aux fans. Mais moi je trouve que c'est un come-back réussi.

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    bfg666 - 30 Avril 2010: Pour ma part, Burzum m'a toujours laissé une impression bizarre : un mélange de profonde mélancolie digne du "Faith" de Cure et de comique involontaire (sens du rythme très approximatif, production digne des pires démos et chant parfois très, euh... particulier, comme son inoubliable "Uuuuuuuuuuuuu !" qui m'a valu de mémorables éclats de rire). Ceci dit, au fil des ans, j'ai fini par véritablement apprécier la noirceur désespérée de "Det som engang var" et surtout "Filosofem" (ses 1ers disques restent trop axés black metal pour mon goût), et je suis curieux d'écouter ce que donne ce nouvel album, même si je déplore la disparition des synthés (sur "Filosofem" le morceau de 25mn à la répétitivité hypnotique est un de mes préférés). Mais l'absence de synthés est apparemment contrebalancée par un meilleur son (donc moins risible), ce qui est plus que bienvenu !

    @LuneNoire : "Il faut arrêter de laisser pour synonyme un goût d'un album sur ce qu'est d'entrer dans la puberté", "(...)dont cette musique me fait littéralement penser. Chose que je conçois à 100% par l'avis seul et inéchangeable de mon esprit"... Laisse-moi deviner : tu utilises un traducteur automatique pour écrire tes textes ? Ne le prends pal mal, je blague, mais il est difficile de rester de marbre face à une telle syntaxe !
    Plus sérieusement, on dit qu'une oeuvre d'art est "culte" quand elle n'attire qu'un petit nombre d'initiés inconditionnels, ta définition est donc fausse. D'ailleurs, l'oeuvre parfaite n'existe pas et n'existera jamais, pas plus que quoi que ce soit dans cet univers.
    NerZhul - 05 Juillet 2010: Je me suis procuré Hliðskjálf et il est très bon :)
    (même si ça n'a rien à voir avec du Black XD)
    iliketovomitvomit - 04 Août 2010: je l'ai trouvé plutot redondant et peu inspiré ce Belus... avec la pub qu'il a eu je m'attendais à autre chose que du black dépressif de bas étage... enfin, peut-etre l'illumination viendra elle?
    sebmorgul - 25 Août 2010: c'est un album qui faut ecouter plusieurs fois avant de l'apprecier a sa juste valeur!un titre comme GLEMSELENS ELV est pour moi deja culte!et comme d'hab varg joue simple mais efficace!sinon tres bonne chronique vraiment reel!
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    Commentaire @ Glemfyr

    27 Mars 2010
    Pas facile de faire un come-back après tant d'années d'absence, les critiques sont vraiment à l'affut. Surtout quand on s'appelle Varg et qu'on garde son nom de Burzum qui a tant marqué les esprits.

    Les ventes marchent bien, l'album fait parler de lui... risquerons-nous d'affirmer qu'il s'agit d'un retour commercial, d'un coup de pub ? Je propose que nous écartions immédiatement cette hypothèse : le label a proposé à Varg Vikernes beaucoup de merchandising, notamment le fait de réaliser plusieurs éditions collector pour cet album (comme nos chers Américains de Slayer), propositions refusées catégoriquement. Et puis d'un point de vue strictement personnel, je ne pense pas que Varg Vikernes soit quelqu'un qui court vraiment après l'argent...

    Qu'en est-il de l'album ? Commençons par l'artwork : alors que Varg nous avait habitué à toujours illustrer sa musique avec des dessins très convaincants, cette fois-ci, il s'agit tout simplement d'une photo prise dans la forêt, un coin pas très loin de chez lui. On aime ou on n'aime pas, je pense que cette photo très réussie va très bien avec la musique de Burzum. D'autres photos du genre sont présentes dans le livret si on regarde attentivement. J'aime aussi le nouveau logo, toujours aussi sobre.

    Écoutons l'album, si vous le voulez bien.
    L'intro nous laisse entrer dans un univers glauque et surtout surprenant : c'est très minimaliste et n'a aucune prétention. Une intro à la Gebrechlichkeit, en beaucoup moins bien. C'est même plutôt mauvais mais cette piste ne tache pas l'album, bien heureusement. On a tout juste le temps de se dire "mon dieu, Vargounet est un belu, il a vraiment bien nommé son album!", et immédiatement le deuxième morceau démarre en trombe. C'est tout autre chose : on entre vraiment dans l'ambiance Burzumesque! Un morceau somme toute bien répétitif, mais les riffs sont de qualité et nous font voyager. Avec un peu d'alcool, c'est transcendant! On remarque aussi que la voix de Varg a changé, personnellement ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire.
    On passe sur Glemselens Elv, avec une basse très présente d'entrée de jeu, ce qui est rare pour du black. Le morceau est très long et l'introduction manque légèrement d'accroche. Mais ne désespérez pas, le reste du morceau en vaut vraiment l'attente! La voix black est entrecoupée de voix claire, demi-chantante, pile ce qu'il faut pour souligner l'ambiance. Plus le morceau avance est plus il devient beau, avec des mélodies réussies qui s'entremêlent! A la fin on en redemande!
    Le morceau suivant est très intéressant, avec cette fois deux voix claires, une qui prononce toujours la même phrase sans chanter, l'autre qui fait la même chose mais en chantant. Couplets violents, arpèges intéressants... ici encore la chanson finit vraiment en beauté. J'ai tout de même du mal à me faire avec la voix qui parle, j'ai l'impression d'écouter un disque de Manu Tchao à ce moment-là...
    Ensuite vient un morceau court, rapide, frais, et violent! C'est un peu la cassure dans l'album, et elle est vraiment la bienvenue, après tous ces morceaux longs. Finalement cette chanson peut rappeler War, avec un riff moins mémorable, une meilleure voix et un solo plus joli.
    Le titre suivant, Keliohesten, est une grande montée en puissance, avec toujours l'atmosphère Burzumesque, tempo soutenu. A écouter les yeux fermés.
    Morgenroede est l'avant-dernier titre, très lent, long et beau. C'est sans conteste le titre le plus dépressif de l'album, avec des mélodies intéressantes, surtout pendant le chant... Varg nous fait voyager, encore une fois! La seconde partie du morceau est moins mélodique, la guitare de Varg semble imiter une alarme... mais pas de quoi me faire sortir de ma transe.
    Le dernier morceau, c'est environs dix minutes du même riff, pas du tout déplaisant mais dispensable.

    En résumé, on aime ou on n'aime pas, mais pour moi l'album est très réussi, il succède très bien à Filosofem (j'exclue les deux autres qui ne sont pas mauvais mais qui n'ont rien à voir avec le reste de la discographie). A part quelques erreurs mineures ou fautes de goût, l'album est tout à fait conforme à son concept, et donc proche de la perfection. C'est du black simple sans être bateau, et qui nous fait voyager. On ressort de ce voyage ressourcé, épanoui.
    On peut regretter cependant l'absence de clavier, mais on se rend compte que Varg n'a pas besoin de synthétiseurs pour faire de la musique à atmosphère de qualité ; les claviers auraient juste été un petit plus.
    Quant à la voix, elle a bien évoluée, plus black et moins robotisée que sur Filosofem, un peu plus mature que sur les autres albums.

    La musique de Burzum n'est pas faite pour remporter l'unanimité, ni pour être appréciée dès la première écoute. Elle requiert un auditeur attentif et persévérant, pour finalement lui apporter largement ce qu'il recherche.


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    Thorstein - 02 Avril 2010: très bonne critique je suis tout a fait d'accord avec toi sur le fait que Vikernes n'a pas fait de retour commercial mais seulement pour ravir ses fans d'un nouvel opus :)
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    Commentaire @ Mindkiller45

    17 Octobre 2010
    Onze années. Onze années qui nous séparent du dernier album du one man band le plus célèbre et tumultueux des contrées nordiques de l’Europe. Onze années que Varg Vikernes ne nous avait plus donné de signes de vie musicaux. Onze années qui nous séparaient du 6e opus de l’assassin d’Euronymous.

    Il est vrai qu’à la qualité des compos qui nous sont livrées ici, on aurait plutôt tendance à penser qu’elles étaient nécessaires. Car ces compos sont certes loin du black métal dit deuxième vague. On a droit à un black métal qui joue plus sur les ambiances et sur des riffs tournant en boucle. Eh oui le génie a encore frappé avec ce Belus de toute beauté.

    Que les amateurs de bestialité ne s’y méprennent pas. Nous n’avons pas grand choses de très agressif ici, bien au contraire. Cet album est guidé par une lourdeur et une ambiance très sombres dans les compositions approchées. On pourrait même penser à un concept album. Je lance d’ailleurs un appel à qui comprend le norvégien pour me dire si c’est bel et bien un concept album ou pas.

    En tout cas, d’un point de vue strictement musical, nous nous en rapprochons énormément tellement les chansons semblent liées entre elles. Les mélodies servies sont certes répétitives sans pour autant lasser l’auditoire. Car si les tempi, les arrangements changent, la mélodie de base semble étrangement semblable d’une chanson à l’autre. Sans que ce soit pour autant le cas. Cela donne une homogénéité à l’ensemble de ce Belus très réussi. On se surprendra d’ailleurs à entendre un Varg Vikernes chantant en voix claires sur certains passages ou même laisser la place à des instrumentaux bien sentis.

    Bref, encore une fois, le fou génial de la musique extrême norvégienne nous a servi une belle pépite en matière de black métal qui pourrait même susciter certaines émotions aux plus réfractaires au style.

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    sebmorgul - 17 Octobre 2010: ta tres bien resumé en peu de lignes!comme je l'ai deja dit ya pas besoin de riffs super technique pour te procuré autant d'emotions dans une musique telle que le fait varg!au contraire,lui il a tout compris!
    SvartalyS - 21 Mai 2014: seulement un 14/20 pour cette pépite comme tu dis? c'est très paradoxal, tout ça!
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