16 ans ont passé depuis le premier album éponyme et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts pour ce quartet originaire de
Boston qui a enchaîné albums, succès et tournées. Les inconditionnels se souviennent parfaitement de gros hits comme «
Keep Away », «
I Stand Alone » ou encore «
Awake » qui sont longtemps restés numéro 1 et qui ont obtenu de nombreux prix. Depuis la sortie de « IV »,
Godsmack s’est donné plus de temps pour composer ses opus, repoussant les années d’attente à 4 au lieu de deux en moyenne comme avec «
Oracle » et ce «
1000hp ». Les fans ont vu le temps long. Il faut dire que le groupe a commencé à douter de lui, à se demander s’il serait bon de reprendre du service, notamment à cause d’un gros coup de fatigue collectif. Il a enchainé les concerts à la vitesse de la lumière, sans prendre le temps de s’accorder un break. Oui, le groupe était au bord de la séparation. Après mûre réflexion et un bon gain de boost, les voici avec leur nouveau bébé «
1000hp ».
C’est l’éponyme qui ouvre l’album avec ce côté furieux, lourd et dynamique bien caractéristique du groupe. Il s’agit d’un condensé de la carrière des bostonniens, que ce soit dans la musique mais aussi les paroles, évoquant les débuts difficiles jusqu’à la reconnaissance actuelle. Les couplets saccadés laissent rapidement place aux refrains dont la mélodie rentre en tête très rapidement. De ce côté-là,
Godsmack n’a pas changé. Nous retrouvons les ingrédients du succès, sans grande surprise.
Ce titre n’est toutefois qu’une façade car au fil de l’écoute, on se rend rapidement compte que le groupe n’est plus le même. Il ne semble plus animé par cette rage, par cette haine de la vie, par le dégoût, comme cela l’avait été sur «
Awake » ou «
Faceless » pour ne citez qu’eux. Les morceaux ont beau se doter de passages nerveux et lourds, il n’y a pas autant de force qu’avant, en témoignent « Something’s Different », très FM pour le coup, pas loin de la ballade rock, le fade « Living in the Gray » ou le mou »
Generation Day ».
Il y a malgré tout des chansons bien efficaces, comme « What’s
Next » qui fait bien jouer le groove et la lourdeur de la basse ou « Locked and
Loaded ». « I Don’t Belong » ou «
Nothing Comes Easy » auraient pu figurer sur les précédentes œuvres avec un mélange d’éléments non négligeable : guitares furieuses, jeu de batterie parfois technique, dualité des vocaux entre Sully et Tony, et quelques soli. Un bon mix de choses anciennes et nouvelles.
Pas de surprises toutefois concernant le dernier titre « Turning to
Stone », acoustique comme la plupart des épilogues de
Godsmack («
Serenity », « One Rainy Day », etc).
Même si le moteur de la voiture en couverture ne fait pas 1000 chevaux (ou devrais-je dire 1000 cheval-vapeur), l’auditeur se retrouve avec un opus sympathique, avec ses qualités et ses défauts, produit à la fois par Dave Fortman et le frontman
Sully Erna. La vitesse et la puissance de feu ne sont pas aussi élevées que sur les œuvres précédentes mais on se laisse prendre au jeu le long de ces onze titres (dont le bonus track), malgré les faiblesses de certains qui réduisent l’intérêt que l’on peut porter à ce «
1000hp ». A voir avec le temps ce que cela donnera.
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