Zi

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Nom du groupe Negura Bunget
Nom de l'album Zi
Type Album
Date de parution 30 Septembre 2016
Style MusicalBlack Atmosphérique
Membres possèdant cet album11

Tracklist

1. Tul-ni-că-rînd (Horn-ing)
2. Grădina stelelor (Garden of Stars)
3. Brazdă dă foc (Furrow of Fire)
4. Baciul Moșneag (The Old Shepherd)
5. Stanciu Gruiul (Stanciu Gruiul)
6. Marea Cea Mare (The Vast Sea)
Bonus CD (Artbook)
1. Tul-ni-că-rînd(Remixed Version by Daniel Dorobanțu)
2. Brazdă dă foc(Remixed Version by Silent Strike)
3. Schimnicește(Remixed Version by Tibor Kati & Ionuț Cârja)
4. Baciu moșneag(Remixed Version by Adrian "Oq" Neagoe & Tragacanth)
Bonus DVD (Artbook)
1. ZI (Album Short Film)
2. Tul-ni-că-rînd (Video Clip)
3. Stanciu Gruiul (Video Clip)

Chronique @ Icare

12 Novembre 2016

Le mélange musical de Negura Bunget est ambitieux, et il faudra être patient pour pouvoir le savourer pleinement

Negura Bunget est un groupe qui n’aime pas faire comme les autres. Dès son premier album en 1995, la formation roumaine s’illustre par un black mélodique à tendances atmosphériques alors assez éloigné de ce qui se fait chez les maîtres Norvégiens. N’ayant de cesse d’évoluer pour trouver son propre son, le combo finira par développer une solide identité musicale, aussi unique qu’insaisissable, mélangeant musique folklorique, metal et spiritualité.

Pour beaucoup, Negura Bunget avait transcendé son art et atteint ses sommets avec Om en 2006. Depuis, les choses ont bien changé, et l’irremplaçable Negru est désormais le seul membre originel de la formation, avec un line-up entièrement remanié.
En 2015, cette nouvelle mouture du groupe avait composé Tau, initiant une trilogie transylvanienne ambitieuse ayant pour but de ressusciter l’histoire, le folklore et la magie de ces sombres terres oubliées, et à peine un an plus tard, voici donc le deuxième volet de cette épopée, Zi, traitant plus spécifiquement de l’homme, ses traditions et ses croyances ainsi que ses rites ancestraux.


Tul-ni-ca-rind ouvre la cérémonie avec ces presque six minutes de percussions, de cuivres nasillards et lancinants et de chants liturgiques qui nous plongent dans une ambiance sombre et funéraire assez fascinante. Vient ensuite Gradina Steleor, dont les premières minutes sonnent comme un post rock très calme et aérien gorgé d’un folk sobre et intimiste, les arpèges et trémolos de guitare qui irradient le début du morceau s’accompagnant de mélodies sylvestres épurées esquissées par de nombreux instruments folkloriques. On a le droit à un chant clair posé, puis le morceau s‘emballe subitement, les guitares se mettant à cracher un flot de riffs saturés et épiques sur un blast lourd et entraînant et les grognements de Tibor Kati.
La musique n’est jamais vraiment violente, mais elle revêt un caractère épique, parfois presque festif comme sur ce break rythmé où résonne la voix bourrue du chanteur, nous invitant à une danse païenne endiablée. Puis le morceau retombe dans une léthargie atmosphérique et éthérée ponctuée d’arpèges sensibles et de flûtes légères et ensorcelantes.

S’ensuit Brazda da Foc, très émotionnel et contemplatif, empreint d’une spiritualité palpable. La voix semble brumeuse et lointaine, écho moribond empreint de mélancolie et de résignation, comme celle d’un spectre oublié qui court après un passé perdu. Dans ce long titre, la musique extrême est reléguée au second plan au profit d’une facette cérémonielle et atmosphérique, mais les quelques soudaines explosions metalliques sont de toute beauté et s’imposent avec d’autant plus de force dans ce calme ambiant, avec ces flûtes mystérieuses qui dansent sur le rythme mécanique des blasts et les cris désolés et rauques du Roumain. La fin du morceau est plus apaisée, avec cette incantation susurrée qui semble guérir les plaies d’une nature meurtrie par un homme aveugle et destructeur.

Les morceaux sont longs dans l’ensemble et assez variés, passant d’une musique atmosphérique à de longs passages incantatoires tiraillés entre folk et ambiant, sans oublier quelques accélérations metal bien senties qui enveloppent la musique d’une intensité dramatique supplémentaire. Le titre Baciu Mosneag est peut-être le morceau le plus représentatif de l’album, mêlant habilement les différentes sonorités et faisant bien ressortir la spiritualité du groupe. Le long de ces 48 minutes, on sent en effet un lien à la terre et à la nature viscéral, une force primitive impalpable incarnée par ces claviers vaporeux et ces instruments traditionnels qui font l’identité du groupe (Gradina Steleor, Stanciu Gruiul, mélange de guitares lourdes, de chant et de sonorités des Balkans).

Néanmoins, le tout manque parfois un peu de liant et est difficilement accessible, ne nous entraînant que partiellement dans la magie transylvanienne, la faute à certains passages un peu longuets et manquant d’intensité et quelques transitions parfois un peu décousues. Le mélange musical de Negura Bunget est ambitieux, et il faudra être patient et s’impliquer dans l’art des Roumains pour pouvoir le savourer pleinement. Marea Cea Mare achève ce voyage sur 11,24 minutes d’une musique atmosphérique et vaporeuse qui tient autant de Nucleus Torn que de Sigur Ros, nous faisant atterrir – un peu ! - trop en douceur.


Pour conclure, Negru et sa bande ont une fois de plus réussi à composer un album à l’identité forte qui ressuscite parfaitement les spectres séculaires de leur terre natale, à l’aide d’une belle sensibilité et d’une utilisation accrue d’instruments traditionnels.
Néanmoins, l’équilibre entre musique folklorique et metal penche parfois un peu trop vers les longueurs atmosphériques et l’immersion dans ces terres ravagées et chargées d’histoire n’est que partielle. Zi n’en reste pas moins un album dépaysant, mature et onirique qui nous offre une belle échappée vers des contrées reculées chargées de mystères et de spiritualité. Une belle évasion vers les fascinantes terres roumaines en somme, et moins cher qu’un billet Paris Bucarest.

3 Commentaires

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Peacewalker - 13 Novembre 2016: Au quatrième paragraphe c'est "spectre" plutôt que "sceptre", non ?
Furia - 13 Novembre 2016: Pas vraiment d'accord avec le 14 dans le sens où l'album est parfait dans ce qu'il entreprend, c'est à dire que les morceaux sont tous individuellement excellent et la cohérence d'ensemble est pour moi sans reproche.

D'accord avec le 14 cependant car l'album est très "situationnel" : ce n'est pas un album que j'écouterai tous les jours, et le voyage est très abstrait et ne donne pas l'impression d'avoir fait un voyage avec un début et une fin. A la première écoute, je me suis dit : "... c'est tout ?", car il ne se passe pas grand chose au final, en tout cas comparé à Virstele Pamintului ou Tau. Le menu est frugal, et même si le voyage est sublime, l'album n'est pas à la hauteur de ce qu'on attend en général d'un album, c'est à dire un truc qui remplit le bide.

Je maintiens cependant qu'en tant qu'oeuvre d'art en tant que telle, cet album est un des tous meilleurs de Negura.
Icare - 13 Novembre 2016: Peacewalker: bien sûr, merci pour ta vigilance, je corrige tout de suite!

Furia: c'est très bien résumé je trouve. C'est difficile de mettre des mots dessus, mais je ressens plus ou moins la même chose. Plus je l'écoute, plus je le trouve prenant et envoûtant, et je trouve que chaque élément est à sa place, mais en même temps... c'est confus, mais je pense furieusement qu'il manque quelque chose, et comme tu le dis si bien, je reste un peu sur ma faim à l'écoute de l'album.
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