Gînd A-Prins

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Nom du groupe Negura Bunget
Nom de l'album Gînd A-Prins
Type 7''
Date de parution 04 Octobre 2013
Style MusicalBlack Atmosphérique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1. Curgerea Muntelui
2. T?ul F?r? Fund

Chronique @ Naiwan

26 Novembre 2013

Quand c'est court, c'est bon... Mais on attend quand même vachement la suite!

Chronique courte pour effort court. Je sais que pour des adeptes comme moi, présenter Negur? Bunget n'est pas très utile, mais pour les profanes et non-païens...
Negur? Bunget est une formation d'origine Roumaine qui évolue depuis les années 94-95 dans un style particulier mélangeant Black Metal, racines païennes, musique folklorique et légendes de l'Europe orientale.
« FORT BIEN! » Me direz-vous, gens de tous horizons metalliques « Encore un groupe qui se la joue BM de la forêt avec ses corpses paints et ses invocations divines! ». Et bien, oui. Enfin le corpse paint, ils ne l'ont plus, et du coup, ils se la donnent plutôt mode médiévale, à la manière d'un Arkona russe plutôt qu'un Immortal Norvégien.

Mais ce n'est pas tout. La musique, empreinte de touches mythologiques et du folklore roumain développe tout un univers mystique à la limite du chamanisme et des rites immémoriaux.
Ce qui m'amène à parler de leur ambitieux – et cher – projet que de créer une trilogie cinématographique développant les thèmes abordés précédemment, mettant au centre de cette toile une région qui à tort n'est reconnue que par la créature semi-fictive de Bram Stoker, à savoir la Transylvanie.
Projet coûteux donc, aussi bien au niveau financier que temporel, coûteux en implication pour faire naître une spiritualité communicative et éviter les vaseux essais comme les films de pêcheurs norvégiens – je pense à Nocturno Culto's The Mistanthrope – et coûteux en temps. Le premier volet devrait voir le jour en 2014, et j'espère sincèrement que ça se concrétisera.

La première pierre de cet édifice, est ce court single intitulé Gind A-Prins (Pensée Incandescente) composé de deux chansons Curgerea Muntelui et Taul Fara Fund. Véritable voyage onirique au coeur de la région si chère aux roumains, la première chanson se déroule de manière plutôt inattendue, d'abord de longues nappes au clavier, un tempo lent et battu à la manière d'un métronome rituel et un chant clair n'allant pas sans rappeler le Kveldssanger d'Ulver avant de tourner avec l'apparition de la batterie vers un black metal sans guitare et sans distorsion mise de côté la voix...
Le plus surprenant, c'est ce solo de trompette dans cette deuxième partie du morceau, livrant une étrange sensation d'appartenance à la fois à notre monde contemporain, et quelque chose venant d'un ailleurs plus ancien.

Ayant eu l'occasion de les voir sur scène il y a peu de temps, sur cette chanson, le multi-instrumentiste qui délivre ce solo de trompette commence par souffler dans une sorte de tube immense qui rappelant un digeridoo délivre plutôt le son d'un cor en bois et pose d'un souffle l'atmosphère nécessaire pour... Planer. On y est, on s'y croit, on vit ce voyage vers l'est et on acquiesce de tant de progression étrange et plaisante. Comme envoutée, la salle applaudit sans comprendre ce qui vient de se passer, chacun se regardant en demandant « Pourquoi? Comment? » et la magie opère pour ceux qui savent se laisser bercer.

La deuxième chanson de l'EP/single est beaucoup plus ambiante, omettant de tout son poids son héritage BM pour se recentrer sur l'atmosphère oscillant à mi chemin entre litanies folkloriques des divers instruments à vents et la world musique qui met de gré ou de force en tête la flute de pan des « péruviens » qui vendent leurs disques dans les marchés de nos villes françaises.

Au niveau production, il n'y a rien à dire. Tout est soigneusement calibré et chaque instrument, lié à la voix s'inscrit dans un ensemble cohérent qui ne cherche pas à prendre le pas sur l'autre. On peut se demander pourquoi la trompette sur le premier titre est à ce point en retrait, mais la réponse vient surtout en live, où les dissonances de ce solo entraînent beaucoup de hochements de sourcils interrogateurs quant à la logique et la légitimité de sa prédominance.
Autant dire que sur la version studio, le groupe offre une toute autre perspective de ce qu'ils font sur scène, mais que l'aspect visuel n'en est que renforcé et en tout, le concert fut une totale réussite.

Pour conclure rapidement sur cet essai, je dirai que je suis un peu déçu de ne voir proposé qu'un single de deux titres, au vu de l'ambitieux projet qui anime la bande à Negru, mais je dois aussi m'avouer intrigué quant à une démarche se voulant si subjectivement honnête.
Wait and See?

Hmmm... Non, je vais attendre et écouter, me refaire leur discographie, que je vous conseille à tous.

N.

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Chronique @ Icare

06 Avril 2014

Même en délaissant le black qui l’a fait connaître, Negura Bunget continue à surprendre, à passionner et à envoûter

Negura Bunget, tout amateur de black un tant soit peu curieux connaît cette formation roumaine qui s’illustre maintenant depuis presque 20 ans dans un black metal personnel et mystique teinté d’une spiritualité et d’une aura folk et païenne uniques.

Néanmoins depuis, la sortie de l’éblouissant Virstele Pamintului qui date tout de même de 2010, les Roumains n’ont rien sorti d’inédit, et les fans du combo roumain sont cruellement en manque de nouveaux titres à se mettre sous la dent. Gind-A-Prins est donc un single qui, sortant en octobre 2013, vient à point nommé pour faire patienter les hordes de chevelus et donner un bref aperçu de la nouvelle direction musicale que pourrait emprunter le groupe pour son prochain full length.
L’objet en question comporte deux titres de 5,27 et 4,28 minutes, ce qui peut sembler bien peu lorsque l’on sait que le groupe n’a rien sorti d’inédit depuis trois ans, ceci dit, mieux vaut la qualité que la quantité comme dirait l’autre, et avec Negura Bunget, on est servi de ce côté-là, avec une richesse et une finesse de composition toujours au rendez-vous.

Ce qui frappe le plus à l’écoute de ces deux morceaux, c’est l’abandon progressif du côté metal pour quelque chose de plus atmosphérique, épique et intimiste : les Roumains nous offrent une musique lente, sombre et liturgique, extrêmement nébuleuse, de laquelle les éléments black sont quasiment absents, rappelant dans l’esprit d’anciens titres tels Inarborat ou Primul Om et sonnant étrangement comme des musiques de films.
Curgerea Muntelui s’illustre sobrement par ses claviers éthérés, ses cuivres mystérieux qui peuvent rappeler un mélange majestueux et halluciné de Sear Bliss et de Pink Floyd (surtout sur la fin du morceau, très acide et psychédélique), ses cornes de brumes lancinantes, et son rythme ritualiste et lent, presque tribal, marqué par une basse grondante. Sur cette symphonie aux relents macabres viennent se greffer des vocaux incantatoires, et le tout forme un maelström noir, épique et dramatique à l’intensité palpable.
On a bien quelques réminiscences metalliques à la fin du morceau, avec ces voix éructées, cette double catatonique, et ces hurlements qui viennent se dissoudre dans la brume de la musique, ceci dit, on est plus proches de Dead Can Dance ou de la B.O. de No Coraçao Des Deuses que de Darkthrone.

S’ensuit Taul Fara Fund, un titre peut-être moins sombre mais tout aussi païen dans l’âme, et suintant de mélancolie, dont le chant limpide de la flûte rappelle la musique de films tels Le Dernier des Mohicans ou Braveheart. Résonnant comme une véritable ode à une nature fière et sauvage grâce à ces chœurs vaporeux d’un autre temps, la musique, toujours aussi épique, appelle au recueillement d’une spiritualité perdue. Le clavier, faisant office de basse avec ce grondement dramatique continu, vient épaissir une atmosphère brumeuse qui nous suspend quelque part entre rêve et réalité.

Negura Bunget continue donc sur la voie qu’il a lui-même tracée, évoluant désormais à mi-chemin entre le neo folk et la musique atmosphérique, et même en délaissant presque entièrement le black qui l’a fait connaître, continue à surprendre, à passionner et à envoûter. Une seule chose à ajouter en guise de conclusion, vivement le prochain album !

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