Vanity - Nemesis

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Nom du groupe Celtic Frost
Nom de l'album Vanity - Nemesis
Type Album
Date de parution 11 Avril 1990
Style MusicalDark Metal
Membres possèdant cet album143

Tracklist

Re-Issue in 1999 by Noise International with bonustracks.
1.
 The Heart Beneath
 03:50
2.
 Wine in My Hand (Third from the Sun)
 03:29
3.
 Wings of Solitude
 04:36
4.
 The Name of My Bride
 04:32
5.
 This Island Earth
 05:50
6.
 The Restless Seas
 04:41
7.
 Phallic Tantrum
 03:29
8.
 A Kiss or a Whisper
 03:05
9.
 Vanity
 04:26
10.
 Nemesis
 07:49

Bonus
11.
 A Descent to Babylon (Babylon Asleep)
 04:26
12.
 Heroes
 03:47

Durée totale : 54:00


Chronique @ AlonewithL

06 Novembre 2010
Sauver l’honneur. Retrouver sa dignité à n’importe quel prix. Voici en gros le crédo de sieur Thomas Gabriel Fis(ch)er connu aussi sous le nom de Warrior. Il s’est donné comme primauté et mission pressante d’effacer le mal occasionné par l’album de 1988 « Cold Lake ». Un ouvrage, une tare pour de nombreux fans outrés, qui se fixera en tâche indélébile dans la discographie de la désormais mythique formation helvétique . Un cauchemar éthylique où on aurait aperçu « Celtic Frost », fondateur du dark metal, et l’une des sources probables du metal extrême, courir après les vitrines du glam qu’étaient « Poison » ou « Ratt ». Un véritable scandale salissant ceux qui avaient toujours misé sur l’avant-garde, y compris avant même la formation du groupe.
Il faut des responsables à ce désastre. Exit tout ce qui pourrait rappeler « Cold Lake » (du moins en théorie). Dehors Oliver Amberg (ex-Coroner), l’initiateur de ce détournement musical qui aurait selon lui, du remplir les caisses plutôt vides de la formation à cette époque. Il devra prendre ses cornes de bouc émissaire avant de disparaître entièrement de la scène. Le bassiste Curt Victor Bryant est aussi dans le collimateur. Il échappera que très temporairement au redressage imposé par Warrior. Que très temporairement, car Martin Ain repointe déjà le bout de son nez.

Est-ce le grand retour aux valeurs qui ont fait le triomphe et le génie des « Celtic Frost »? Non! « Cold Lake » laissera évidemment des traces, et Bryant est ostensiblement présent dans la composition, bien plus qu’ Ain, qui se contentera en plus que de quelques chuchotements sur certains titres de ce « Vanity/Nemesis », au lieu de la basse déjà occupée. L’examen de rattrapage sortira en 1990, soit deux années après la « verrue » classée « glam metal ». Une « verrue » qui avait pourtant été assez bien accueillie par le public US (public probablement visé d’ailleurs).

Alors ce « Vanity/Nemesis », qu’est-ce que c’est finalement, si ce n’est ni le retour tant espéré, ni la réitération du précédent « exploit »? C’est en fait un peu des deux, mais pas foncièrement un mixte de ceux-ci. C’est piteux comme réponse, mais c’est la stricte vérité objective. S’il fallait qualifier l’œuvre dans un style général, il faudrait la qualifier de thrash metal. Cela surtout en considération des rythmiques et des riffs adoptés par les guitares. C’est aussi ce qui ressort le plus des pistes. « A Solitude or a Whisper » fait foi dans son intégralité du contournement vers ce style. On y sent ici, clairement marqué, le copié-collé thrash US fin années 80. « Nemesis », titre beaucoup plus long (près de 8 minutes), n’échappera pas non plus à la règle.
Une des guitares est assurément tenue par Ron Marks. Lui qui n’était que le guitariste de tournée se voit en session enregistrement comme guitariste principal. Et il donne malgré tout le bougre, avec un jeu très inspiré, même si la guitare la plus performante sera celle de Bryant sur « Phallic Tantrum ». Des riffs prononcés qui donneront plus de valeur aux morceaux, et ils en ont bien besoin, parce que le tout n’est pas très prenant, hormis quelques entames percutantes.
Le chant de Warrior s’accommode plutôt assez mal avec ce style de thrash mi-sombre. Poussif à l’excès sur « The Name of my Bride » ou pire encore sur la douteuse reprise du crooner Bryan Ferry, « This Island Earth ». Une reprise évidemment très discutable par son choix. Il faut écouter l’original d’ailleurs pour s’en rendre compte de manière flagrante.

Ils réitèrent les reprises pop, version thrash, sur le ô combien célébrissime « Heroes » de David Bowie. Méconnaissable, à des lustres de l’original. En absence d’indication, il vous faudra le reprendre en plusieurs fois avant d’en faire un quelconque rapprochement. Mais à l’évidence cette reprise semble plus réussite que celle de « This Island Earth », notamment grâce à l’apport d’une ambiance beaucoup plus glauque et des paroles glaciales en français prononcées par Michelle Amar.

Des restes de « Cold Lake », on en retrouve, et plus singulièrement par le chant même de Warrior. Un chant « glameux » empli de nonchalance dès le premier titre de l’album, à savoir « The Heart Beneath ». Une déliquescence que l’on retrouvera bien plus tard sur « The Restless Seas », également aussi sur « Vanity ». Un titre ressort de manière bien plus évidente cette imprégnation à l’opus maudit; « Wings of Solitude » faisant preuve de plus de fantaisie, en grande partie du au refrain enjoué. Le chant sombre et féminin d’Uta Günther , ainsi que l’entame d’accroche acoustique qui s’y illustrent apporteront une alternance vivifiante en milieu froid. L’amateur de heavy/hard appréciera indéniablement; les vétérans de « Celtic Frost » beaucoup moins.

Ils ont continué leurs mauvaises expériences, même si celle-ci est beaucoup moins grave et rattrape partiellement sa précédente. Un album qui prolongera le doute au sein de la formation, continuant à la saper. C’est l’indifférence après les vives protestations. Un album à part, ne figurant même pas comme un intermédiaire, oublié entre le vaniteux « Cold Lake » et la vengeance de « Monotheist ».

12/20

8 Commentaires

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AlonewithL - 07 Novembre 2010: Ce sont des styles de musique qui ne lui crrespondent pas. Sans être musicalement pourri, "cold lake" et dans une moindre mesure "vanity/nemesis" ont produit un vrai choc comparable par exemple à Dimmu Borgir faisant du hard FM habillés en minets. Ce n'est plus les tomates, mais les citrouilles qui volent.
Scoss - 07 Novembre 2010: Très bonne chronique, j'aime beaucoup ton style.
Je n'ai pas écouté cet album m'étant arrêté à Into The Pandemonium et laissant un vide jusqu'au monstrueux Monotheist.

Mais c'est effectivement bien, comme l'a dit Gladiator, de parler des mauvais albums ou du moins des moins bons.
AlonewithL - 07 Novembre 2010: Rejouis de trouver un commentaire de toi, Scoss. Celà donne un peu plus de crédibilité à mon travail.
MikeSlave - 09 Octobre 2012: Album sympa bourré de réminiscences des oeuvres majeures de C.F avec une touche plus typée Thrash européen.Un riff pompé sur Megadeth se planque dans cet album.
Néanmoins mention spéciale au titre " Phallic Tantrum"
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