To Mega Therion

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Nom du groupe Celtic Frost
Nom de l'album To Mega Therion
Type Album
Date de parution 27 Octobre 1985
Style MusicalBlack Thrash
Membres possèdant cet album554

Tracklist

1.
 Innocence and Wrath
 01:02
2.
 The Usurper
 03:27
3.
 Jewel Throne
 04:06
4.
 Dawn of Meggido
 05:47
5.
 Eternal Summer
 04:31
6.
 Circle of the Tyrants
 04:38
7.
 Beyond (The North Winds)
 03:08
8.
 Fainted Eyes
 05:09
9.
 Tears in a Prophet's Dream
 02:33
10.
 Necromantical Screams
 06:02

Durée totale : 40:23


Chronique @ eulmatt

21 Janvier 2008
C’est à toi que je m’adresse, toi l’innocent qui va découvrir To Mega Therion pour la première fois. Oh, ne lis pas dans mes propos une quelconque condescendance, la supériorité de celui qui a la connaissance face à la naïveté virginale de l’ignorant. Non, il ne s’agit vraiment pas de cela.
S’il est un sentiment que j’éprouve envers toi, c’est de jalousie et d’envie dont il s’agit. Quel bonheur de se jeter la première fois dans ces Abymes jouissives de To Mega Therion. J’aimerais tant être à ta place.

Tu auras noté la froide pâleur de cette peinture ornant la pochette de l’album. C’est que Celtic Frost n’a pas hésité à solliciter l’artiste contemporain Giger, adepte des thèmes occultes et des figurations démoniaques. Une imagerie à la hauteur de certaines ambitions, sois-en déjà certain. Il en va de même pour ce curieux titre, du grec antique qui n’est que la traduction biblique de La Grande Bête, celle de l’Apocalypse de Saint Jean. Tu as d’ores et déjà compris que le Satanisme grotesque et caricatural de Venom ne fera pas longtemps illusion face à ce que tu pressens... face à la Bête. Qui d’autre était allé si loin à cette époque ?

Ce son martial, au goût prononcé de péplum morbide, cette minute glauque et magistrale au nom d’Innocence And Wrath, t’immerge immédiatement dans l’obscurité suffocante de Celtic Frost. La voix de Tom Warrior crache son fiel, un déhanchement de batterie et de guitare sous-accordée vient occuper l’espace avec entêtement. The Usurper surpasse toute forme conventionnelle de metal connu jusque là. L’obscurité s’abat un peu plus avec Satan Throne, d’une densité effrayante, qui semble te saisir fermement par le cou et t’étouffer avec rage par son accélération implacable et saisissante. Sans doute tu trouveras dans ta longue descente aux enfers des points de repères musicaux qui te semblent étrangement familiers, pour peu que ton oreille soit rôdée au metal le plus extrême, qu’il s’agisse de death, de thrash, de black, de doom. Nous sommes en 1985, et tout est là. Le doom suffocant et baroque de Dawn Of Meggido, la furie thrashisante de Eternal Summer, dont le riff malsain et poisseux comme la mort qui rôde à chaque note te révèle soudain que si le black metal est grand, ses racines ne sont pas si éloignées d’ici bas. Bien sûr, il est fort probable que dès les premières notes de Circle Of The Tyrants, un air de déjà entendu se réveille en ton for intérieur. Bien sûr, quel titre peut se vanter d’avoir été autant repris par les plus grands ? Et pourtant, te voilà subjugué par sa puissance dévastatrice et sa force insoupçonnée.

Ces quatre minutes trente de transe convulsive, générée par une maîtrise rythmique confinant au génie, cette magie surnaturelle qui suinte de chaque éructation, chaque note, chaque frappe. Magie qui ne se dissipe pas, quand Tom Warrior renchérit avec North Winds, acharné à déblatérer des thèmes qui feront ni plus ni moins que la légende des plus grands du black. Tu faiblis un peu plus sous la charge démoniaque de Fainted Eyes, son déversement de riffs sourds, sa rythmique plombée qui ne laisse pas de répit. Tu ne comprends plus, ébahi par la sobriété, voire l’austérité de la musique de Celtic Frost, étonnamment brute et sans artifices, et pourtant d’une puissance significative qui te cloue sur place. Cette force mystique que tu ne peux appréhender froidement, que tu ne parviens pas à décrire musicalement, techniquement, scientifiquement. Celtic Frost te tient à sa merci, désormais tu le concèdes, tu dois l’admettre. Et quand bien même c’est un intermède instrumental qui te laisse respirer, tu ne sortiras pas de la torpeur de To Mega Therion, que dis-je, de sa grandeur éternelle, quand ses inspirations les plus grandioses se manifestent dans Necromantial Screams, pièce flamboyante et symphonique, qui préfigure déjà les dispositions à venir des Helvètes, qu’aucune limite artistique ne freine quand il s’agit d’élever la musique au rang de l’art le plus génial et le plus noir. Une fois de plus tu remarques que ces chœurs féminins, aussi discrets que pertinents, et ces touches classiques, lorsqu’elles sont employées avec ce talent, confèrent à la musique une saveur extraordinaire... souvent imitée mais rarement égalée.

Epuisé et vaincu, tu achèves donc ce disque, ce rite initiatique tellement délicat à retranscrire. Tu comprends mes mots désormais. Tu as retrouvé dans ce monument l’énergie furieuse du thrash, la violence maîtrisée du death metal, la noirceur et la haine du black metal, le désespoir du doom ou du post-hardcore. To Mega Therion est tout cela, et bien plus encore. Et désormais, tu as pris conscience que le cœur de la Bête, celui du metal le plus sombre, bat ici. Eternellement.

24 Commentaires

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choahardoc - 02 Avril 2011: MAGNIFIQUE chro pour un incontournable.
Lamikawet - 20 Avril 2011: Pour ceux que ça intéresse : il y a un petit bled en Suisse qui se nomme Gruyères (non, ce n'est pas une blague) où se trouve le musée Giger.
C'est une de ses anciennes demeures où sont exposées pas mal de ses toiles et quelques objets conçu par H.R. Giger.
Un endroit à visiter absolument !!!
eregrebal - 05 Fevrier 2012: Tout simplement inégalable.

Voici un album qui a inspiré bien des dizaines de métalleux chevelus et ce, encore a ce jour.



Indispensable.
romu_star - 21 Décembre 2013: J'écoute cet album pour la première fois et ... c'est une tuerie.
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Commentaire @ Gothmog

25 Mai 2009
Celtic Frost, un des précurseurs du black metal, et même le précurseur du black atmos, nous sort ici un album éponyme dont les atmosphères seront réutilisées plus tard par de nombreux groupes (on peut trouver des similitudes avec le panzerfaust de darkthrone, par exemple). On obtient donc une musique assez rapide et directe, une voix assez "thrash", avec des atmosphères qui peuvent sembler un peu bizarres pour notre époque ou le black "vampirique" à grand renfort de violons dégoulinants est en vogue : les atmosphères sont assez minimalistes avec des cuivres et des timbales de temps en temps, accentués par des chants féminins (mais pas utilisés comme dans un Nightwish ou un Within Temptation)...

Cependant, le tout n'atteint pas la noirceur extrême que nos p'tits suisses arrivaient à communiquer lorsqu'ils s’appelaient encore Hellhammer. Mais l'originalité est bien là, et même pour aujourd'hui, utiliser les clavier de cette façon serait fort peu commun. On obtient donc une atmosphère unique, propre à Celtic Frost, une sorte de mixture empoisonnée, qui sonne donc un peu décalée, avec un mélange de "gros" metal assez rentre-dedans et d'atmosphères glauques, avec la très belle pochette de Giger qui vient renforcer cette atmosphère.

Morceau recommandé : Necromantical Scream.

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