The State

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Nom du groupe Nickelback
Nom de l'album The State
Type Album
Date de parution 04 Janvier 1999
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album103

Tracklist

Re-Issue in 2000 by Roadrunner Records with a new cover.
1. Breathe 03:58
2. Cowboy Hat 03:54
3. Leader of Men 03:29
4. Old Enough 02:59
5. Worthy to Say 04:05
6. Diggin' This 03:01
7. Deep 02:45
8. One Last Run 03:28
9. Not Leavin' Yet 03:44
10. Hold Out Your Hand 04:08
11. Leader of Men (Acoustic) 03:23
Total playing time 38:50

Chronique @ Hacktivist

29 Mai 2014

Je compte jusqu'à trois Cow-boy et si tu n'as pas dégainé ton pistolet à temps, c'est terminé pour toi...

Les seigneurs du grunge ont déposé leurs armes. Alice In Chains n'a pas signé son arrêt de mort pour autant mais aucun des signaux espérés ne nous est encore parvenu, seul Pearl Jam continue de tracer sa route sans bien évidemment connaître le succès foudroyant de ses premiers opus ("Ten" et "Vs." surtout). Le Big Four n'est donc plus qu'un vaste souvenir mais l'espoir est par-delà les frontières des States, où ère péniblement un certain Nickelback possédant un sang grunge presque intact. L'apparition se fait certes, bien trop tardive pour pouvoir réellement percer sur la scène du Seattle Sound mais toujours est-il que notre combo compte bien faire parler de lui avec ce second opus progressant nettement dans l'art de créer des mélodies.

Quel qu'en soit la cause et avant même que le quatuor ne perturbe ses activités pour se rendre à l'enregistrement de ce nouveau méfait, le cercle familial des Kroeger vient se réduire un peu plus avec le départ précipité du batteur (et cousin des deux frères du même nom) Brandon Kroeger en 1997. Très vite remplacé au sein de Nickelback, le scénario se renouvellera pourtant une année plus tard avec Mitch Guindon qui quittera son poste expressément sans avoir eu le temps de déposer la moindre contribution au sein du groupe. Cela permettra néanmoins au line-up de se stabiliser grâce à l'entrée de Ryan Vikedal en 1998 et de saisir la plus belle opportunité de sa carrière : l'obtention d'une signature avec l'un des plus grands labels de musique metal, Roadrunner Records (dans un laps de temps très court). Des noms connus de l'équipe de production, on peut bien évidemment citer Garth Richardson (Melvins, Rage Against the Machine...) pour le mixage et Brett Zilahi (Rush, Triumph par exemple) occupant la fonction du mastering, à qui on doit ce "The State" - premier opus du combo à avoir reçu une plus ample visibilité.

Du Canada, on se sent comme transporté dans les grands déserts ricains du Nevada puis dans les immenses massifs montagneux secs et inhabités. En fait, la prod' plus propre (mais bien plus grasse et surtout moins brouillonne) - ce son assez lourd appuyant davantage le côté mélodique et cet avant-goût, cet arriéré parfois stoner y étant pour beaucoup de choses à vrai dire. Oui, du grunge huilé, tout juste. Si l'on souhaite maintenant en retirer le meilleur exemple, il faudra bien sûr se diriger vers "Diggin' This" où la basse de Mike est si perceptible, massive, et le solo, doté d'une sonorisation et d'effets fuzz propres au genre du desert rock ou encore pourrait-on évoquer l'entêtante et quasi hypnotique "Deep".

Sinon, au milieu de tout cela, les Canadiens de Nickelback semblent bel et bien profiter de la situation pour garder les cochons sur l'ouverture plaisante assurée par "Breathe" (les guitares poussant très souvent des gémissements en intro/outro) et plus étonnant même, ils se permettent aussi un petit détour, un passage très bref sur la plateforme du monde Oriental via des percussions très rythmées et des passages encore plus étonnants pour une formation de grunge dite traditionnelle à travers "Hold Out Your Hand" (cf. à partir de 02:37). Mais les auditeurs n'en seront pas dépaysés pour autant si l'on se réfère aux meilleurs tubes de l'album, ou aux ressemblances repérées sur des titres tels que le fameux "Cowboy Hat" avec une intensité et des lignes vocales comparables aux jeunes Australiens de Silverchair période "Frogstomp".

Mis à part cela, rien de bien choquant, le quatuor commençant tout juste à prendre son envol, à oublier Nirvana et à se forger une identité qui leur correspond. Ça passe notamment par davantage de jeux de guitares ("Breathe" justement - le petit solo de "Not Leavin' Yet" ou les guitares qui font fureur sur "Old Enough"). C'est un peu imagé, bien sûr, mais pour se représenter la chose telle quelle, il serait intéressant d'évoquer le paysage assez spécial introduit par "Worthy to Say" qui se veut à la fois bien asséché et rocailleux, intégrant par moments, un air bluesy/country rétro à la ZZ Top dans les parties les plus mélodiques. Déchaîné, intense et produisant ainsi une âme grunge essentielle à la vie et au bon déroulé de cet opus, "Leader of Man" pourrait être un bon point de départ pour les auditeurs qui souhaitent s'aventurer dans les débuts de Nickelback.

"The State" respire une telle forme de liberté qu'à l'écoute de celui-ci, on pourrait s'imaginer différentes scènes (toutefois assez improbables) dans lesquelles le bouton play se serait naturellement imposé à nous. Bon, maintenant, c'est simple, je compte jusqu'à trois Cow-boy et si tu n'as pas dégainé ton pistolet à temps, c'est terminé pour toi... Puis continue de causer de la chaleur qu'il fera demain avec Billy Gibbons et Neil Young, tu vas finir par te recevoir un pain dans la figure.

3 Commentaires

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SilverClimber - 29 Mai 2014: Merci pour ta chro bien complète et pertinente, tu m'a appris pas mal de choses sur les débuts de Nickelback, bon ben du coup je me sens obligé d'aller l'écouter là du coup...
Silent_Flight - 29 Mai 2014: Bien la chronique! Le début de la bonne époque de Nickelback. Staind sortait cette même année son "Dysfuntion" et Oleander son "February Son", qui marquaient avec Cold, Creed et Godsmack le début du metal alternatif/post-grunge en concurrence avec le rap metal. Album pas tant connu que ça surtout en France où les gens se fichent pas mal de l'avant "How You Remind Me?" et c'est bien dommage car c'est le genre de disque qui accompagne à merveille la monotonie des autoroutes haha
Hacktivist - 29 Mai 2014: Merci. Oui, c'est sûr qu'en France à part connaître par coeur "How You Remind Me" - l'album "All the Right Reasons" et l'ensemble des ballades du groupe, finalement, ceux qui se disent fana (ou groupies) de Nickelback ne connaissent même pas la moitié de leurs oeuvres, encore moins leur période grunge la plus pure 1996-2001. Encore aujourd'hui, je trouve que leur plus gros point faible vient de la trop grosse présence des ballades, certains auditeurs finissent par en devenir saturé. Mais "How You Remind Me" c'est vrai que c'était une sacrée claque, un tube hyper classe qui représente plutôt bien la scène grunge. Comme tu le dis si bien, chaque album du groupe et notamment celui-ci, c'est vraiment l'idéal de l'écouter sur autoroute pour succomber à ces longues heures d'ennuie.
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