The Spark

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Nom du groupe Enter Shikari
Nom de l'album The Spark
Type Album
Date de parution 22 Septembre 2017
Style MusicalElectro Metal
Membres possèdant cet album7

Tracklist

1.
 The Spark
 
2.
 The Sights
 
3.
 Live Outside
 
4.
 Take My Country Back
 
5.
 Airfield
 
6.
 Rabble Rouser
 
7.
 Shinrin-yoku
 
8.
 Undercover Agents
 
9.
 The Revolt of the Atoms
 
10.
 An Ode to Lost Jigsaw Pieces (in Two Movements)
 
11.
 The Embers
 

Chronique @ Eternalis

30 Septembre 2017

"The Spark" est intimiste. Personnel. Lumineux mais froid car centré uniquement sur lui-même.

L’inaccessibilité accessible

C’est drôle deux mots où l’un exprime l’exacte opposée de son prédécesseur. C’est un peu l’oxymore représentatif des deux précédents opus de Enter Shikari, les fabuleux "A Flash Flood of Colour" et "The Mindsweep". Des antithèses constantes, des assemblages sur le papier complètement loufoque (le hardcore, le metal, le rap, la funk, la dubstep) avec une cohérence forçant le respect, une émotion palpable mais un côté fun et décomplexé que certains n’ont pas manqué de taxer de « hipster » ou « musique de teenagers ». Cela n’empêcha pas le groupe d’enchainer plusieurs tournées qui firent salles combles, de rentrer dans les charts et de voir sa côté de popularité exploser. Rou Reynolds, principal artificier (chanteur, compositeur, parolier, claviériste, saxophoniste, pianiste et plus encore…) fut souvent le premier à en être surpris tant le groupe semble attirer autant les « haters » que les fans.
Force est d’admettre que en quatre opus full-lenght et une poignée de ep, Enter Shikari s’est fait une véritable place dans une scène mutante à construire et qu’un nouvel opus est une nouvelle fois un petit évènement.

De la création à la consommation

Comme ce fut le cas entre le troisième et le quatrième opus, les britanniques prirent la décision de sortir différents morceaux sans qu’ils apparaissent dans des albums, mais néanmoins mis en avant par le biais de clip et disponible sans autre justification que le fait que le groupe l’ait composé. S’ils avaient pris la décision de proposer une sortie physique pour les trois titres écrits entre deux albums en 2014, il n’en fut rien pour "Redshift" et "Supercharge" qui furent proposé durant la dernière tournée, malgré le fait que "Redshift" fut régulièrement joué pendant la dernière tournée. On pourrait regretter le procédé car les fans ne pourront jamais, autrement qu’en dématérialisé, obtenir ces compositions pourtant intéressantes et, nous le verrons bientôt, très différentes de ce que sera le nouvel opus. Une nouvelle mentalité dans la conception et la distribution de la musique. Une nouvelle consommation, quelque part. Sitôt écrit, sitôt partagé. Peu importe s’il y a suffisamment de matière pour sortir un disque complet, tant que les fans peuvent écouter. C’est aussi ça, être jeune dans l’industrie actuelle du disque.

L’étincelle ?

"The Spark", puisque c’est son nom, tire son appellation de la vie même de Rou Reynolds. Automédication, crises d’angoisse, stress occasionné par les attentes des professionnels du monde de la musique, les attentats dans le monde, la montée inexorable de l’austérité et la situation politique précaire de son propre pays (le Brexit entre autre) furent autant de facteurs qui firent littéralement péter un plomb au compositeur qui s’enferma pour écrire et livrer l’album le plus personnel de son histoire. Il ne chercha pas à penser aux attentes des fans ni même si sa musique était cohérente avec sa carrière. "The Spark" fut sa remédiation, son catharsis et sa rédemption, représentant ainsi l’étincelle d’espoir qui lui permit de s’en sortir. « Elle est une nouvelle connexion, un nouveau commencement. Une étincelle, c’est tout petit mais ça peut créer quelque chose d’énorme. C’est une lumière au bout du tunnel, elle permet de trouver le chemin quand tout s’écroule autour de soi » explique-t-il.
Les opus qui s’inspirent de la vie des compositeurs, de leurs combats et leurs démons sont souvent les plus forts d’une carrière, ceux qui marquent car ils sont crus, sans concession et vrai au plus profond de leur être.
Alors pourquoi ce n’est pas le cas avec "The Spark" ?

Quand la noirceur éteint la folie

Il est un fait évident que "The Spark" est bien plus sombre que les autres albums de Enter Shikari. S’il représente la lumière et l’espoir pour ceux qui ne trouvent plus la sortie, il respire les doutes et la quête de quiétude que recherchent ceux pour qui plus rien ne va. En ce sens, la folie, l’insouciance et l’instabilité qui avait fait la force, le caractère et, disons-le, le génie de ses prédécesseurs ne surgi à strictement aucun moment. D’un point de vue purement musical, tout est sage, tout est propre, tout est lisse. Certes, le vernis est parfois à gratter pour trouver une trace de démence ambiante, de cynisme évident mais la fusion démente des genres n’est malheureusement plus là.
"Live Outside", premier extrait, surprend par ce refrain proéminent et ultra pop qui prend tout son sens au visionnage du clip puisque cette lumière est justement empreinte du cynisme évoqué ci-dessus. Les sourires qui masquent le mensonge de la dépression, le bonheur qui cache la dépression latente et la rage qui se permet d’exploser sur un break court, intense mais manquant du mordant habituel. Rou est sage dans ses vocaux, mélodique et sensiblement rappé sur les couplets mais sans la verve et l’insolence qui le caractérise.
L’insolence de la jeunesse. Voilà bien quelque chose dont "The Spark" est dépourvu.

Riffs ? Guitares ? Où êtes-vous ?

Non pas que Enter Shikari soit à proprement parler un groupe à riffs mais l’absence de guitares sur de (très) nombreux plans de ce nouvel album nous donne quelques difficultés à entrer dedans. Non pas que ce soit indispensable, tant des morceaux comme "Constellations", "Anaesthetist", "Dear Future Historians" ou encore "…Meltdown" (qui tient plus de la dubstep que du metal) étaient des bombes en puissance. Non, quelque chose est cassé chez le groupe, qui ne semble plus en être un ici. Reynolds aurait écrit un opus solo que le résultat aurait été le même, tant et si bien que "The Spark" peine à trouver sa place.
Ouvrir le disque sur "The Sights" est étrange tant il n’enclenche rien. Des claviers popisants constants, pas de riffs, des effets retro pas toujours de très bons gouts, des « hohoho » qui semblent beaucoup moins accrocheurs que par le passé où justement tout s’imbriquait si logiquement. Enter Shikari reprend (un peu) ses esprits sur le refrain où on le reconnait mais Dieu que c’est mou, que ça ne semble pas inspiré que le groupe parait fatigué, vidé, à plat.

Fatigué, c’est exactement ce qu’on ressent quand on écoute "Take my Country Back" (un message pour son gouvernement) où ils ne parviennent pas à s’énerver, à cracher leur verve et leur rage. Que dire de "The Revolt of the Atoms" où on dirait entendre un Muse passé à la moulinette du vocodeur sans la maestria de Matthew Bellamy, où le rythme ternaire est au choix ridicule au choix affligeant. On ne pourra parler d’expérimentation lorsque l’on sait qu’un titre comme "Arguing with Thermomethers" évoquait, en une minute, tour à tour The Dillinger Escape Plan, Faith no More puis le Manson de la grande époque. Non, cela ne prend simplement pas. "Rabble Rouser" refait planer des sonorités étranges et industrielles mais s’enferme dans un schéma répétitif et lassant en se rapprochant beaucoup trop d’un "Anaesthetist" B.
Finalement, c’est sur les titres volontairement très calmes que "The Spark" va tirer une maigre épingle de son jeu. Déjà que l’opus n’est pas très animé, il se pare de beaucoup de titres ambiants au piano mais c’est finalement dans cette expression que l’album est le plus à l’aise, signe qu’il est avant tout l’album d’un homme avant celui d’un groupe.
La sensibilité qui émane de "Airfield" est touchante et sincère, dans la veine d’un Constellations même si le final sera très loin de l’intensité émotionnelle du titre mentionné. "Shinrin-Yoku" semble puiser son influence dans les plaines de contrées désertiques, est presque intégralement instrumental et fera planer l’auditeur décontenancé par la tournure des évènements. "Undecover Agents" qui suit, malgré son rythme une fois de plus électronique, trouve une certaine dynamique vocale entre le chant rappé et la pureté presque absolue du chant clair.
Quant à "An Ode to Lost Jigsaw Pieces", il n’aurait pas dépareillé sur la fin de "The Mindsweep". Cru mais émotionnel, un chant à fleur de peau, quelques arpèges de guitare, une batterie en toile de fond mais une puissance latente, en toile de fond, que l’on sent prête à exploser à tout moment, laissant une tension s’immiscer progressivement. La trompette refait son apparition (comme sur "Dear…") puis les hurlements de Rou qui sortent, comme une délivrance, comme un besoin inextricable. Probablement trop tard…
Quid du live ?

"The Spark" est une déception pour ceux qui suivent Enter Shikari depuis plusieurs années et qui attendent encore et toujours d’entendre un groupe repoussant les limites, l’originalité, la créativité et les sonorités musicales. "The Spark" n’est pas de ceux-là. Il est intimiste. Personnel. Lumineux mais froid car centré uniquement sur lui-même. Certains se retrouveront peut-être dedans mais il risque d’être difficile de le faire vivre sur scène. Voici peut-être un nouveau défi pour le groupe. A moins que de nouvelles compositions, encore différentes, ne sortent rapidement afin d’alimenter les futures setlist. Une chose est néanmoins sûre : Enter Shikari n’est pas un groupe comme les autres et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

34 Commentaires

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Nodiva - 05 Octobre 2017:

Ah je comprend mieux pourquoi tu le prend mal.

Nodiva - 05 Octobre 2017:

Bon après Pielafo n'avait pas tout à fait tort à ton sujet yes

Nodiva - 05 Octobre 2017:

Mon pauvre Sural, tu n'es rien pour me juger de la sorte en plus je ne t'ai même pas insulté, tu ne sais rien de moi et encore moins de mon intellect, bref t'es à côté de la plaque.

fasteddy05 - 06 Octobre 2017:

et mÖnsieur sural tu es qui pour te permettre de juger les gens que tu ne connais pas ? Tu insultes nodiva alors qu'elle ne t'a pas manqué de respect que je sache , elle ne s'est d'ailleurs jamais adressée à toi , c'est toi qui est venu te foutre au milieu et qui allume gratuitement . Moi ce que je te propose pour te détendre c'est  d'aller faire dodo , profite, demain il n'y a pas école ,cooool !  Mais ce week end n'oublie quand même pas de finir tes coloriages pour les rendre lundi à la maîtresse.Avec un peu de chance tu auras droit à une image...

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